Animer une vidéoconférence comme un pro

Nov 24, 2020 | Expertise | 3 commentaires

vidéoconférence. De plus en plus demandé en conférence en distanciel, j’ai commencé à m’interroger sur les bonnes pratiques du conférencier à distance.  Ma question est simple : « Comment maintenir l’attention et l’engagement d’une audience travaillant de chez-elle ».

Si c’est évidemment un sujet pour toute intervention en présentiel*, elle se pose d’autant plus quand cette audience est derrière un écran et peut vous écouter d’une oreille distraite en vidant son lave-vaisselle, ou pire, elle peut aussi attendre d’avoir accès à l’enregistrement à postériori de votre intervention pour vous écouter en « mode Podcast ». Alors même que les clients attendent de vous une intervention « interactive » et engageante !
Voici quelques idées et conseils… 
*même si l’académie française n’est pas d’accord

 

Quand la vidéoconférence passe en mode normal

Passer de la scène à la vidéo et parler à une audience qui est chez elle peut-être très déstabilisant. Pourquoi est ce que certains n’ont pas branché leur webcam ? Est-ce qu’ils m’entendent ? Est-ce qu’ils m’écoutent ? Est-ce que mon contenu les intéresse ? Est-ce que je suis hors sujet ? Pourquoi ne posent-ils pas de questions ? Et aussi, pourquoi utilisent-ils un arrière-plan virtuel ? Ils sont dans leur chambre ?

Après 15 ans passé à arpenter amphithéâtres, palais des congrès, arrière-salles de restaurant et salles de réunion sans fenêtre, devoir présenter un contenu sans audience physique demande un ré-apprentissage technique (comment parler en ligne) et technologique quel matériel utiliser.

La vidéoconférence s’est révélée un outil primordial pour les salariés en télétravail qui se sont adaptés petit à petit à la situation actuelle et à la naissance (en France) de ce lieu de travail « hybride » dont on parle depuis déjà plusieurs années. Même si l’engouement pour les réunions Zoom, Teams, WebEx, Google Meet, Skype ou Blackboard (si vous êtes prof) est retombé, ces outils font désormais parti du  » nouveau normal  » des collaborateurs. Ils doivent aussi le devenir pour les conférenciers !

Mais voilà, que vous soyez salarié ou conférencier, vous avez sans doute déjà compris qu’assister à une réunion ou à une présentation en vidéo est un défi pour votre capacité d’attention et de concentration. Est-ce que la vidéoconférence tue la conférence ?

visioconference ennuyeuse

Photo non contractuelle

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Du collaborateur connecté au vidéoconférencier à distance

De la conférence à la vidéoconférence. De leur côté, les conférenciers aussi commencent à s’adapter, mais plus lentement que les salariés en télétravail. Ce n’est pas que les conférenciers sont plus lents ou qu’ils résistent à ce changement ! La raison est que les entreprises ont stoppées toute intervention extérieure et on ne peut pas leur en vouloir d’avoir eu d’autres priorités.

En suivant l’actualité de certains intervenants français, j’ai appris que beaucoup d’entre eux avaient perdu jusqu’à 100 % de leur prévisionnel immédiat. Ce qui a entraîné un certain décalage d’adaptation de la part des intervenants (qui se sont mis à écrire des bouquins en attendant. True story !) avant de les obliger à devenir des utilisateurs de toutes les solutions de vidéoconférence et visioconférence existantes. Comme vous le savez, même si la plupart des intervenants préfèrent Zoom, les entreprises ont leur solution attitrée. Notamment Teams de Microsoft que personnellement je déteste. La raison est qu’elle ne fonctionne qu’avec Powerpoint et non Keynote (quelle surprise !).Ce qui m’oblige à exporter mes keynotes en HTML. Grrr. Mais je m’égare.

Le retard est donc rattrapé, même si ce n’est pas encore très visible en France, car les conférenciers n’ont pas encore sur la mis à jour de leur site web sur le sujet. Jetez un œil de l’autre coté de l’atlantique et vous verrez que les pages d’accueil de beaucoup de conférenciers américains ont une proposition de conférence à distance comme au hasard Keith Abraham, Matt Church ou encore Amanda Stevens en Australie.

Mais cette évolution du présentiel au distanciel, ne coule pas de source ! Après avoir passé des années à apprendre à juger l’énergie d’une salle, à s’adapter à la perte d’attention de son audience et à comprendre les moments où il faut ralentir ou accélérer, il est difficile de s’adapter à l’expérience dégradée de la visioconférence. Un exercice dans lequel nos réflexes habituels peuvent devenir source d’ennui pour une audience aussi concentrée qu’un cachet d’homéopathie. Je pense notamment au ton à utiliser pour parler en vidéoconférence et à l’énergie monstrueuse qu’il faut y investir.

CD = 2 x CP

Ma recette est simple : CD = 2xCP. En clair, l’énergie nécessaire lors d’une Conférence en Distanciel est 2 fois supérieure à celle dépensée lors d’une Conférence en Présentiel pour un résultat de toute façon très souvent inférieur. En d’autres mots, une visioconférence est plus éprouvante qu’une conférence en personne, car elle demande plus d’énergie pour un résultat qui restera de toute façon dégradé.

Les raisons sont nombreuses. Déjà, vous ne pouvez pas balayer la salle du regard pour mesurer l’énergie de votre assistance et vous ne pouvez pas lire les réactions ou l’incompréhension sur les visages. Tout ce que vous pouvez voir sont les visages souvent impassibles de ceux qui sont connectés. Et encore, à la condition que :

  1. les membres de votre audience partagent leur vidéo, car l’intervention à distance amplifie les comportements de spectateur;
  2. votre écran vous permette de voir les visages des personnes connectées, ce qui est difficile si vous suivez les questions posées en message et utilisez des slides en même temps;
  3. vous pensez à naviguer de vous-même pour voir les visages de votre audience et que vous sachiez rester concentré sur votre propos en le faisant.

En résumé, en intervenant par vidéo lors d’une vidéoconférence, vous perdez votre intuition, votre jugement de l’énergie de la salle et vous devenez complètement ignorant de votre performance et de l’intérêt porté par votre audience sur votre sujet. Ils peuvent être en train de mette à jour leur Facebook ou envoyer par messagerie un « On s’emmerde » à leurs collègues, vous n’en aurez aucune idée car vous ne n’avez plus le brouhaha habituel du groupe qui s’émancipe, car il commence à trouver le temps long.

Alors, comment améliorer vos compétences d’intervenant à distance ? 

Ma réponse ? En vous inspirant des youtubeurs et des journalistes. 

Jamy epicurieux

…ou des journalistes youtubeurs…

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Pensez à l’audio avant la vidéo

Oui, c’est bizarre. Pourtant, même si le sujet de cet article est la vidéoconférence / visioconférence (son synonyme), c’est bien le son qui est le plus important ! C’est d’ailleurs la première chose que l’on conseille à toute personne souhaitant se lancer dans la vidéoconférence. Sur YouTube ou ailleurs : le son doit être de qualité !. 

Je vous rassure tout de suite, pour commencer, vous n’avez pas besoin d’un équipement coûteux. Vous devez cependant vous assurer que votre voix soit entendue clairement par tous ceux qui vous écoutent. Votre audience souhaite vous entendre (et vous comprendre) avant de vous voir. Surtout si vous n’utilisez pas de slides et vous contentez de parler « face cam ». 

Ce qui va vous demander plusieurs choses évidentes :

Trouvez le calme ou créez-le artificiellement

J’ouvre une porte ouverte, mais n’oubliez pas qu’un environnement que vous pensez être calme ne l’est peut-être pas. Le son qui entre dans vos oreilles n’est pas le son que votre audience va entendre ! C’est celui qui entre dans votre micro. Attention donc à la clim de votre ordinateur qui se déclenche. Faites gaffe aussi, si vous utilisez votre souris ou votre clavier et enfin attention au bruit de la circulation que vous n’entendez plus par habitude.

Cela rend le son un peu métallique, mais si vous estimez en avoir besoin, n’hésitez pas à utiliser un atténuateur de bruit de fond comme le propose Zoom. Voici un exemple provenant de la vidéo de présentation de ma formation au changement dans laquelle j’ai utilisé cette fonctionnalité via mon logiciel de montage. Vous pouvez aussi utiliser l’application Krisp qui pour 5€ par mois annonce pouvoir réduire les bruits de fond de plus de 800 applications de communication. Vous pouvez utiliser cette application gratuitement et obtenir un lien pour parrainer d’autres utilisateurs. Si vous vous inscrivez, je vous invite à partager le code dans les commentaires de cet article. Nous aurons 1 mois gratuit et vous 2.

Si vous êtes sérieux, investissez dans du sérieux

Après avoir utilisé les moyens du bord, l’étape suivante est d’utiliser votre propre micro. Il peut-être à fil ou sans fil, on s’en fiche tant vous ayez eu le temps de le tester avant de l’utiliser en condition réelle.

Les micros sont comme des chaussures de sport : si c’est pour aller chercher le pain, vous pouvez y aller en tong, mais si c’est pour un marathon, il vaut mieux s’équiper avec du sérieux ! Je traduis pour « l’équipe premier degré » : pour une conférence de temps en temps, vous pouvez utiliser le micro de votre ordinateur ou les casques à réduction de bruit que vous utilisez pour écouter votre musique dans le métro, mais dès que cela devient régulier : investissez dans du bon matos !

En mode débutant

Je ne peux que vous conseiller de vous équiper en Airpods 2, ou équivalent, qui permettent de faire double usage : parler et écouter votre audience en même temps. Je vous conseille moins les Airpods Pro dont l’annulation de bruit risque de vous faire ignorer un bruit parasite que votre audience, elle, entend très bien. Pour des raisons d’économie de batterie, je vous conseille d’utiliser un Airpods après l’autre pour que l’un se recharge pendant que l’autre est utilisé. C’est pratique d’avoir 2 oreilles !

En mode confirmé

Ici, je vous conseille d’investir dans un micro (et son pied) pour un son irréprochable et pour montrer à votre audience que vous êtes un habitué de la vidéoconférence à distance. Et aussi, que la qualité de l’expérience de votre audience est importante pour vous !

À cet effet, j’utilise en fonction de mon humeur, et du sujet, 2 types de micros : 

  • Le Shure super 55 que j’utilise pour ma chaîne YouTube sur l »innovation. Voir la capture d’écran un peu plus bas. Je me suis fait plaisir avec une version hors-série vintage. Mais je ne le vous conseille pas pour le rapport prix/qualité audio qui est ridicule et parce que je tiens à mon originalité. 
  • Plus régulièrement, j’utilise aussi le Shure SM58 qui est le même que j’utilise pour les interviews de mon podcast « Iconoclaste« . C’est le micro que je vous conseille si vous n’êtes pas contre les fils. Comme il s’agit d’une prise XLR,  j’utilise le X2U de Shure pour le connecter à mon ordinateur mais n’importe quel câble XLR à USB peut faire l’affaire.

micro benjamin chaminade conference

Shure SM58

Petit truc de pro : si vous avez le choix, prenez un micro cardioïde (ou qui permet de sélectionner ce mode). Ainsi, le micro ne captera que les sons provenant de l’avant et pas du reste de la pièce ou de la mobylette passant dans la rue. Dans la même veine, cherchez à réduire au maximum les échos et réverbérations. C’est la raison pour laquelle une bibliothèque en arrière-plan peut être utile : ça ne vous donnera pas de caractère, car tout le monde le fait, mais ça améliorera le son et c’est moins cher et plus pratique que des panneaux acoustiques. Sans parler de l’esthétique.

Éventuellement, si vous êtes un pro ++, vous pouvez aller jusqu’à utiliser un micro à pince si vous vous déplacez pendant la présentation. Ce que je fais désormais dans la plupart de mes vidéoconférences*. À cet effet les micros Lavalier, utilisés par les invités des talk-shows télévisés, permettent de garder votre voix au plus près et de la rendre stable lorsque vous vous déplacez. En plus ça donne un petit coté « , c’est comme sur scène et c’était le bon vieux temps « .-

*Je précise. Vidéoconférence. Pas formation ! Si vous souhaitez savoir pourquoi, demandez en commentaire.

Mettez-la en sourdine

Dans le feu de l’action, restez en sourdine (sur « mute » quoi) jusqu’à ce que ce soit votre tour de parler. Les bruits de fond que vous ne contrôlez pas toujours peuvent perturber les autres, et peuvent afficher votre vidéo dans la grande fenêtre de l’écran en tant qu’orateur alors que vous faite que des petits bruits d’acquiescement, vous parlez à vous-même ou vous mouchez.

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Optimisez la vidéo de votre vidéoconférence

Maintenant que l’on vous entend, il est temps de vous montrer.

Parlons caméra

Je ne vais pas vous faire de cours sur les différentes définitions de vidéos, mais sachez simplement que la norme actuelle est de 1080P (1 920 pixels de large et 1 080 pixels de haut). Même si la mode actuelle est de parler de 4K et de HDR (qui est peut-être la définition de votre téléviseur). Il y a cependant beaucoup de chances que la caméra de votre ordinateur soit en fait de 720P (même si vous avez un mac dernier cri à la date de cet article). Pour faire court, la caméra de votre smartphone est sans doute bien meilleure que celle de votre ordinateur.

Pour régler ce problème de qualité d’image, vous avez 2 cas et 4 possibilités :

  • Les 2 cas : vous utilisez votre téléphone ou votre ordinateur.
  • Les 4 possibilités : 1. Vous utilisez la caméra avant  votre téléphone qui est de moins bonne définition que la caméra arrière (celle que vous utilisez pour prendre des photos)  2. Vous utilisez la webcam de votre ordinateur (si elle est 4K, bravo, mais peu de membres de votre audience la verra dans cette qualité de toute façon) 3. Vous utilisez la meilleure caméra de votre téléphone comme webcam 4. Vous utilisez un appareil photo numérique comme caméra.

Pour utiliser votre smartphone ou appareil photo comme caméra, je vous invite à suivre ce tuto (en anglais). Vous devrez aussi investir dans un trépied pour assurer la stabilité de votre smartphone.

installation video visioconference

Chaine YouTtube unboxtherapy

Vous pouvez aussi utiliser votre appareil photo numérique (DSLR) comme caméra. Ce que je fais via les applications CamLive et CamTwist. Si vous avez un mac, vous pouvez suite le guide suivant (toujours en anglais). 

Parlons maintenant cadrage et installation…

Inspirez-vous du journal télévisé et des youtubeurs à la mode.

Non, pas Cyprien ou Norman, j’ai dit à la mode ! Pour créer un engagement le plus authentique possible avec vos correspondants, vous devez les regarder dans les yeux. Ce qui ne change pas du présentiel. Pour ce faire cela signifie que vous devez regarder l’objectif de votre webcam ou de votre caméra le plus souvent possible. Pour assurer cet effet de transparence, placez votre caméra à la hauteur de vos yeux, à proximité de vos notes si vous en avez et le plus prêt possible de votre écran pour avoir une vue périphérique des participants. Placez la caméra trop haut et l’on verra votre crâne (et si vous êtes comme moi…ben ça brille). Placez la caméra trop bas, et ce seront votre cou et le dessous de votre menton qui seront mis en valeur. Vous pouvez, mais c’est osé.

Cadrez l’image correctement.

C’est à dire avec un peu d’espace au-dessus de votre tête tout en faisant en sorte que l’on continue de voir vos mains quand elles sont en mouvement. De nouveaux, inspirez-vous des journalistes des journaux télévisés et des youtubeurs. Laissez « respirer » votre image en vous plaçant au centre de l’image (sauf si vous comptez utiliser l’enregistrement de votre intervention pour faire des inserts en post, dans ce cas décaler vous sur le côté) et en veillant à laisser un peu d’espace entre le haut du cadre et vos cheveux tout en faisant en sorte que vos mains soient visibles quand vous les utilisez. Utiliser ses mains pour appuyer sur un point ou utiliser ses doigts pour faire une liste participe à maintenir l’attention en cassant la monotonie du propos.

Méfiez-vous des bibliothèques en vidéoconférence

Je me contredis, mais autant que possible, évitez aussi les bibliothèques. Enfin, la bibliothèque Ikéa Kallax de base. Si la conférence en distanciel / vidéoconférence devient habituelle, soyez créatif et utilisez votre arrière-plan pour présenter votre univers. Dans mon cas par exemple, j’utilise certes une bibliothèque, mais il s’agit surtout du décor de ma chaîne YouTube que j’appelle « le mur de l’innovation » et dans lequel j’ai placé quelques objets rappelant les grands moments de l’innovation et rangé mes livres par couleur. Je ne dis pas que c’est super pratique pour les retrouver mais c’est visuel.

benjamin chaminade chaine youtube

Ceci n’est pas une bibliothèque ikéa

Ne vous approchez pas trop de l’objectif.

Méfier vous des webcams ou de certains téléphones qui ont des objectifs grand-angles. Cela crée un effet boule de noël ou « fish-eye » lorsque votre visage est trop proche de l’objectif. Pour éviter cet effet, je place ma caméra à 1m50 et je zoome avec l’objectif pour affiner le cadrage.

Réglez l’éclairage de manière à ce que votre visage soit éclairé de face.

D’abord, parce que la qualité de l’image dépend de la lumière, mais aussi, bien évidemment, parce que votre audience doit voir votre visage clairement, et non dans l’ombre. Cela demande un peu d’investissement, mais je ne peux que vous conseiller de vous équiper en lumière. Vous pouvez le faire simplement avec un spot ou investir dans un anneau de lumière ou encore un cran au-dessus, dans des lampes de studio. Me filmant pour alimenter mes chaines youtube j’ai choisi cette dernière possibilité. Je vous conseille la marque Neewer pour le rapport qualité prix de leurs produits.

Vous pouvez aussi vous inspirer (de nouveau) des youtubeurs en vogue. Il y a actuellement une mode qui consiste à mettre une lampe en arrière-plan, en travaillant sur les ombres et le bokeh (le flou).

video visio conference youtube inspiration

De droite à gauche et de bas en haut : Tyler Stalman, Gerard Undone, Matt d’Avela 

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Présentez votre vidéoconférence comme une rock star

Vous avez le son, vous avez l’image, il ne vous manque plus que l’attitude.

Connaissez et comprenez votre auditoire.

C’est évidemment vrai en présentiel, mais c’est encore plus important en distanciel.

Ce n’est pas devant un mur de visages que vous allez le découvrir. À qui allez-vous présenter ? Qu’attendent-ils de vous ? Pourquoi vont-ils rester devant un écran à écouter cette vidéoconférence ? Qu’est-ce qui va les encourager à poser des questions ? N’oubliez pas non plus que certains membres de votre audience travaillent de chez eux à contrecœur et que votre intervention est peut-être la 2e ou 5e interaction par vidéo qu’ils ont de la journée. 

Si vous voulez aller au bout des choses, écrivez un scénario avant de commencer. Répétez et enregistrez-le. C’est d’autant important si vous êtes au niveau 10 du parfait visioconférencier et utilisez une solution comme OBS (Open Broadcaster Software) qui vous permet de transformer votre intervention en documentaire télévisé. C’est ici et c’est gratuit. La notion de scénario est encore pus importante qu’en présentiel. Vous devez aller au-delà du déroulé et créer un scénario en identifiant les moments où vous présenter un slide, ceux où vous posez des questions et ceux où vous êtes face caméra.

Ne lisez pas ! Une vidéoconférence reste une conférence !

C’est évidemment le b.a.-ba du conférencier, mais en étant chez soi, il est extrêmement tentant de poser ses notes sur la table devant son ordinateur et de se mettre à lire. Tout ce que je peux vous conseiller ici est d’être professionnel, mais humain. Lire des diapositives ou un texte préparé à l’avance est un tueur d’engagement, de crédibilité et d’autorité. Par contre, si vous devez vous référer à des statistiques ou autres détails spécifiques, rien ne vous empêche de prendre une fiche et de prévenir votre audience que vous avez relevé des chiffres pour illustrer votre propos. Vous perdrez en fluidité, mais vous prouverez à votre audience que vous ne trichez pas (genre lire un prompteur) et vous prendrez quelques points d’autorité (Klout) supplémentaires.

Se mettre à la place de votre audience

Essayez par tous les moyens (légaux) de compenser le sentiment d’intuitu personae que l’on peut ressentir en présence d’une personne que l’on rencontre pour la première fois et qui est faussé par vidéo. Cela signifie simplement d’être jovial et approchable. Sans tomber dans la blague potache d’introduction, vous devez vous présenter et éventuellement demander à votre audience de vous pardonner car vous n’avez pas l’habitude d’intervenir en vidéo. Cela vous rendra humain et votre assistance sera de votre côté.

Richard Taylor, un journaliste de la BBC, propose de commencer vos interventions virtuelles par l’une de ces phrases d’ouverture :

  • « Merci à tous de me recevoir chez vous. Je vais faire court et aller droit au but, voici les trois points que j’espère que vous retiendrez ».
  • « Mon [chien/chat/ adorableenfant] a accepté de ne pas co-animer cette session, afin que nous puissions nous concentrer. C’est parti ! »
  •  » J’ai la garde de mon petit dernier, si vous voyez que ça bouge derrière moi, prévenez moi. »

Voilà voilà…

Respirez, articulez et faites des phrases courtes.

De nouveau, important en vrai, primordial en virtuel. Ne faites pas comme l’intervenant lambda dont la pensée essaie de rattraper la parole. Sur scène par exemple, j’intercale régulièrement des slides de photos de brin d’herbes et de paysages pour me rappeler de ralentir et de respirer. À distance, un simple post-it sous l’écran devrait faire l’affaire jusqu’à ce que cela devienne une habitude.

Ensuite, faites une pause après chaque phrase. Respirez. Vous êtes l’orateur désigné donc vous n’avez pas besoin de parler sans respirer pour garder la parole. Vous n’avez pas non plus besoin de relier plusieurs choses dans une longue phrase pour montrer qu’elles sont liées. Comme dans ce blog. Votre auditoire reliera les points eux-mêmes. Vous pouvez aussi ajouter des mots de connexion au début des phrases plus courtes : « Nous devions améliorer l’engagement des clients. Et c’est pourquoi nous avons décidé de remplacer notre CRM et d’éliminer les scripts utilisés par notre plateforme de téléprospection. Mais cela devait être fait sans interruption des appels. »

Augmentez votre énergie d’un ou deux niveaux.

Nous en avons déjà parlé, mais je reviens dessus, car c’est important (au moins aussi important que le reste), une conférence par vidéo est extrêmement gourmande en énergie. Surtout les premières vidéoconférences où vous devez réapprendre votre métier. Mon conseil, faites comme si vous étiez convié à un panel de discussion. Vous savez bien, dans cet exercice vous devez être tranché, limite segmentant, et énergique, limite TDAH. Si vous utilisez votre énergie de présentiel vous allez paraître mou et éteint à votre audience. N’hésitez pas de changer le niveau d’énergie de la présentation au fur et à mesure. Comme dans une conversation, le calme et l’excitation doivent varier en fonction de votre propos et du temps depuis lequel votre intervention a débutée. En plus, un intervenant avec un niveau d’énergie constant peut sembler peu sincère et détaché de son auditoire.

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A faire et à ne pas faire

Pour finir quelques do / Don’t qui me viennent à l’esprit concernant les interactions que vous pouvez avoir avec votre audience. Je vous invite à rajouter les vôtres en commentaire.

Pour commencer, demander toujours à votre client s’il y a une étiquette vidéoconférence « locale ».

Chaque entreprise a ses propres règles, écrites ou non. Poser la question vous évitera aussi d’être surpris si votre audience est uniquement en mode audio. Vous ne serez pas surpris de voir leurs écrans noirs. Même si cela reste quand même déstabilisant. Profitez-en aussi pour demander si votre intervention est filmée. Que ce soit pour avoir accès à l’enregistrement, l’interdire ou le facturer en sus.

N’utilisez les arrière-plans virtuels que pour afficher votre mauvais goût. 

Arrêtez les arrière-plans de bureaux vides ou d’île déserte. C’est fatigant et de mauvais goût. Si votre arrière-plan est moche, redécorez, déménagez ou, au pire utilisez un arrière-plan flou. Ça n’empêchera pas de voir que vous êtes dans votre chambre, mais ce sera moins pire.

videoconference comme une rock star

Attention à vos mains. Et à votre nez. Une vidéoconférence n’est pas un zoo.

N’oubliez jamais que si vous avez mis votre vidéo, même si vous ne pouvez pas toujours voir vos interlocuteurs, eux peuvent vous voir. Et ils peuvent même vous voir de bien plus près que lorsque vous intervenez sur une scène ou derrière un pupitre. C’est à dire qu’ils peuvent voir en direct vos réactions à ce qui est dit, genre lever vos yeux au ciel à une question débile, comme ils peuvent voir vos tics faciaux et vos doigts dans le nez. En résumé, intervenir en vidéo demande une conscience de soi élevée pour contrôler autant que possible vos gestes et vos émotions.

Regardez l’heure, pour rester dans les horaires impartis.

Il est plus difficile de savoir par vidéo si vous avez parlé trop longtemps et déjà qu’en vrai un intervenant trop long c’est ch… mais en vidéo c’est pire. D’ailleurs, en parlant de temps, soyez plus précis sur l’organisation de votre temps de parole en expliquant votre programme, les points de passages, les exercices qui se feront en sous-groupes et annoncer régulièrement le temps qu’il reste avant la fin de votre intervention.

Montrez votre empathie technologique et à distance. 

Si vous voyez que quelqu’un se connecte et se reconnecte plusieurs fois de suite, demandez lui par vidéo si tout va bien et si vous avez besoin de répéter. Si par contre vous voyez que quelqu’un ne vous prête plus attention, envoyez lui un message privé pour savoir ce qu’il se passe. Il y a encore pas mal de monde qui ne connaissent pas les us et coutumes de ce format et peuvent avoir des attitudes qui seraient considérés comme impolis lors d’une vraie conférence. Ou qui ont oublié que leur webcam est toujours en ligne. Ça arrive. Pour l’exemple, au début de mes interventions, j’essaie de mettre tout le monde à l’aise en expliquant que j’utilise des slides d’illustrations mais que mon intervention peut-être comprises seulement en l’écoutant. Suivre les supports sont du plus, ne pas les regarder n’est pas du moins.

Testez régulièrement matériels et logiciels de vidéoconférence.

Oui, même si vous avez l’habitude ! Vous n’êtes pas à l’abri d’une mise à jour qui vienne dérégler votre machine bien huilée. Eventuellement, 10 à 15mn avant votre intervention, faites un appel individuel avec l’animateur ou l’organisateur de la conférence à distance. Demandez-lui d’évaluer la qualité de votre audio, de votre vidéo, de la fluidité de vos slides et du son des vidéos que vous utilisez. Quelques minutes de vérification en petit comité vous éviteront de perdre en crédibilité  si tout le monde doit vous voir tâtonner avec votre matériel avant votre intervention.

Et pour conclure sur la vidéo conférence comme un pro…

Dernière chose qui peut avoir son importance, attention à vos signets et aux dossiers visibles sur votre bureau !  C’est en assistant à une conférence il y a quelques années que j’ai découvert l’existence d’un site olé olé. Non, je ne mets pas de lien. 

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Et voilà, le petit monde de la conférence est secoué mais parions que le passage à la visioconférence sera salutaire, même si sur le court terme votre chiffre d’affaires a pris un coup de fusil. Sur le long terme nous avons tous à y gagner de rajouter cette offre à notre portfolio de compétence.

Pouvoir continuer à intervenir en conseil ou en conférence à distance, ouvre une nouvelle ère de services qui s’ouvre à nous qui souligne que d’ici l’invention des « hologrammes pour tous », la vidéo restera une expérience dégradée qui ne ne vaut pas, et de loin, l’interaction directe du postillon de conférencier passionné reçu par les premiers rangs. Alors certes, la vidéoconférence nécessite un peu de réapprentissage mais cela en vaut la chandelle et de toute façon…vous n’avez pas le choix car tout semble indiquer que ce format pourrait devenir notre nouvelle norme.

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3 Commentaires

  1. paul Bernard

    Merci pour ces précieux conseils. Il est effectivement temps de s’équiper !

  2. frederietienne

    J’ai un canon 80D, est ce que vous pensez que cela suffit ? Faut-il être en 4K ?

  3. benjamin chaminade

    C’est largement suffisant. Le standard actuellement est une définition de 1080 car les moniteurs ou laptops pro sont très rarement en 4K (pour l’instant)

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