Consultant métier de ouf – Partie 2/7 – Se préparer à devenir consultant visible

2  Avant de trouver ton premier client, un peu de préparation s’impose pour devenir un freelance visible

Tu commences à le comprendre, devenir consultant c’est d’abord bluffer. Si BS signifie Bullshit en anglais, en français cela signifie « Bien Sûr !» 

Bien Sûr que le dernier chèque que tu as touché ne provient pas du Pôle Emploi ou du RSA. Bien Sûr qu’il n’y a pas de membre de ta famille dans les références que tu présentes sur ton blog. Bien Sûr qu’il n’y a aucun stage dans les expériences professionnelles de ton CV. Bien Sûr !

Pour créer un lien de confiance dès le premier rendez-vous avec ton client, il va falloir un peu de préparation pour te transformer, te déguiser parfois, en consultant.

2.1     Soigner tes apparences dans le monde réel

Tenue 

Le costume est au consultant ce que la croûte est au fromage, ça ne sert à rien dans la pratique mais c’est primordial. La règle est étrange mais pourtant mathématique : plus le consultant est mal habillé (costume Brice ou OldRiver et chemise siglée Célio par exemple) moins il inspire confiance, moins il travaille et plus ses honoraires sont bas. Et pourtant, plus il est compétent !

A l’opposé, plus le consultant est bien habillé (costume trois pièces, cravate et pochette assorties, ou tailleur de marque et talons aiguille) plus il y a de chances qu’il cherche à masquer son manque de compétence. Pas facile de viser le juste milieu. Surtout bourré après un déjeuner client.

Inutile de te le cacher, il va falloir investir. Tu n’es plus un salarié payé au lance-pierre et au mois ! Tu es rémunéré à l’heure ! Voire à la demi-journée ou à la journée. Bref, tu es un concentré de salarié ou un « un hyper salarié ». Ce qui signifie que ton client doit sentir qu’il en a déjà pour son argent rien qu’en te regardant entrer dans son bureau. Tout est dans le juste équilibre, il ne devra pas s’imaginer que tu es trop cher ni que tu puisses le mettre en difficulté par l’étendue immense de tes connaissances.

Stylo  

Oui, stylo. Et ce n’est pas un simple détail. As-tu déjà remarqué que les vrais beaux stylos disparaissent et sont remplacés par des stylos billes, le plus souvent publicitaires. Il y a deux raisons scientifiques à cela :
– les gens ont le mauvais goût de ne plus avoir les moyens de perdre un stylo à 500 euros ;
– les stylos billes ne sont jamais à court d’encre. Ils disparaissent avant.
Je me suis toujours demandé où ils allaient ces stylos que l’on perd. Pour éviter ce désagrément et montrer à ton client que tu ne pilleras pas son armoire à fournitures, tu penseras à apporter ton propre stylo, un Waterman si tu interviens dans une banque, un Mont-Blanc en RH ou un Cross en technologie

Agenda 

Que ce soit un Iphone, un Android chinois, un Blackberry (ah ah ah) ou un Fil-o-fax, il a son importance. Si tu interviens dans le monde féminin des technologies (humour), l’idéal est bien sûr d’avoir un iphone ou un Android, même si tes clients sont d’une génération pour qui l’agenda papier reste la règle. Dans ce cas-là, il n’est peut-être pas inutile de faire comme eux, histoire de ne pas dévaloriser ton client et de lui montrer qu’il n’a pas cinq ans de retard.
Petit conseil, si tu optes pour l’agenda papier, utilise les dates vides de ton emploi du temps pour prendre des notes. C’estplussimplepuisquetu l’as toujours avec toi et surtout, si tu l’ouvres devant un client, il verra que tu es absolument surbooké. Mets toi à la place du client curieux te regardant ouvrir un agenda aux pages vides. Vas-tu souvent dans des restaurants aussi vides que le dernier livre de management que tu as acheté ? 

Téléphone 

Sans hésiter, fonce sur un iphone ou un Android. Cela ne te donnera pas vraiment une image d’originalité mais au moins tu montreras que tu es au top de la technologie. En plus, si tu donnes régulièrement des conférences cela te permettra de piloter ton ordinateur pour faire défiler les slides et de faire des parties de folie sur « Candy Crush» ou « Doodlejump » en attendant ton client à la réception.

L’ordinateur 

Tout dépend de ton secteur. Le Mac a malheureusement perdu son côté différent pour devenir commun mais reste préférable autant que possible à un PC habituel. Par commodité, par usage ou parce que tu sais te servir d’un vrai ordinateur, un Sony ou un ASUS feront très bien l’affaire. N’oublie pas que ton ordinateur sera ton compagnon de vie, pour rédiger des rapports qui déchirent, présenter des slides super sexy et regarder dans le train le dernier film que tu auras piraté sur Torrent.

La voiture 

Absolument inutile dans les grandes villes, le métro ou le vélib faisant très bien l’affaire. La voiture est primordiale si tu interviens en province, en région ou banlieue (tout ce qu’il y a au-delà du IIe arrondissement si tu es à Paris, en dehors de l’indicatif 415 si tu es à Montréal et autour de Chapel Street si tu es à Melbourne).

S’il te faut une voiture, fais très attention à l’image qu’elle projette. Nous sommes peut-être en France au XXIesiècle mais nous restons un pays latin ! Même inconsciemment, tu seras jugé et catalogué selon ta voiture, en particulier sur la notion de succès ou d’échec que tu renvoies ! Et je te rappelle, tu dois prouver par tous les moyens à ton futur client… que tu as des clients et qu’il n’est pas le premier auquel tu parles ! En résumé, en dessous d’une BMW série 3, évite de te garer sur le parking visiteurs !
Nous avons tous entendu l’histoire de ce courtier en assurances qui a perdu une partie de sa clientèle le jour où il s’est offert une Porsche Cayenne, ou celle de ce consultant en informatique se voyant dire que ses honoraires étaient trop élevés après qu’il soit arrivé en Jaguar (pour mémoire, rouler en Jaguar n’est plus une preuve de richesse mais toujours une preuve de mauvais goût).
Tout est question d’équilibre, si tu conseilles les entreprises en croissance, une voiture française et diesel sera bien ciblée. Si tu travailles surtout dans la grande distrib, opte plutôt pour la Mégane ou une Scénic, même si tu n’as pas de gosses. Tu auras la même voiture que ton client. 
L’idéal entre les deux étant la Volvo qui donne une image de sérieux et de sécurité et qui n’est pas accessible à toutes les bourses. Ce qui donne un indice du sérieux de tes conseils sans être ostentatoire.

Le mieux est tout de même de vendre ta bagnole et utiliser l’argent que tu en tireras pour t’offrir un beau site web qui claque, des plaquettes flashy qui seront imprimées par un professionnel et les cartes de visite assorties. Tu auras l’air moins con qu’avec ta feuille A4 sortie de l’imprimante familiale et les cartes de visite pré-perforées achetées chez Auchan en packs de 12.

En outre, en vendant ta voiture, tu économiseras sur le stress, l’assurance, l’essence, les réparations et les révisions. Ce qui ne sera pas inutile lorsque tomberont les premières échéances de tes cotisations sociales obligatoires.

La carte de visite

A une époque où tout se passe par email, il est étonnant de voir que le papier reste culturellement ancré dans la vie professionnelle. Son but a cependant évolué : la carte de visite n’est plus seulement le moyen de te rendre inoubliable ou d’aider ton client à te retrouver dans son rolodex. Aujourd’hui, elle permet à ton prospect de te retrouver sur le net pour vérifier que tu ne lui as pas raconté des cracks afin qu’il t’ajoute à sa liste de contacts sur Viadeo. A ce sujet, mieux vaut faire le premier pas et lui demander l’autorisation de l’inviter à rejoindre tes contacts. Nous parlons bien de Viadeo ou LinkedIn, pas de Facebook, stupide !
Pour le contenu de la carte en elle-même, cela vaut la peine d’y réfléchir un moment. Normalement, tu devrais être capable d’orthographier ton nom sans trop de fautes, mais il y quelques subtilités pour la suite.

Concernant le numéro de téléphone, il est préférable d’utiliser un numéro fixe qui fera plus « établi » qu’un numéro de portable. Bon, à moins que tu ne sois « consultant en mobilité ». Le mieux est d’ajouter à la main ton numéro de portable devant ton interlocuteur. Même si tu dois le faire à chaque fois cela donnera tout de même une petite touche de « je ne donne pas mon numéro personnel à tout le monde mais vous n’êtes pas tout le monde ».

Ensuite concernant ta fonction. En France ou dans la plupart des pays anglophones le top du chic est de ne mettre que son nom et son titre de façon très courte : directeur, CEO ou consultant. Attends encore quelques instants pour inscrire « consultant » sur ta carte. Souviens-toi que ce mot est de plus en plus utilisé de façon péjorative, voire comme synonyme de « parasite »…

Il est donc temps d’avoir une tempête de cerveau (brainstorming) avec toi-même pour trouver un autre terme. Fais une recherche sur Google avec les mots clés « consultant + ton domaine d’activité », tu auras énormément de réponses mais rien te concernant. Cela vaut la peine de réfléchir un moment sur des termes que tu pourrais utiliser et dont les premiers résultats de la page de recherche feront référence à ta pomme (jusqu’à ce que le terme que tu auras inventé soit copié par les autres consultants, ce qui te laissera tout de même quelques jours d’avance). Voici quelques termes que tu peux utiliser : Architecte en…, stratégiste en réseau social, guide spirituel environnemental, évangéliste en Cross-média, etc. Mais fais vite !

Personnalise ta signature d’email avec les liens vers ton site, blog, profil Linkedin, doyoubuzz ou ton compte twitter. 

Comme je suis sûr que tu aspires à devenir un expert international, prévois d’imprimer une série de cartes en anglais. Surtout pas recto en français et verso en anglais car personne ne croirait que tu travailles à l’international. 

Brochure

A l’ère d’Internet, du tout « 2.0 », comme disent les freelances de plus de 50 ans,  et des signatures email du genre « réfléchis avant d’imprimer pour sauver un arbre », une brochure peut sembler un peu rétrograde. Surtout que l’on peut développer un site de qualité gratuitement (www.joomla.com) ou mettre en ligne un blog pour rien (www.wordpress.com) si ce n’est le temps passé. Pourtant, tes clients ont besoin de « toucher ».

Une brochure rassure, donne l’impression d’être installé et professionnel. Inutile d’aller au deux ou trois volets pelliculés, à moins que tu ne te lances en Suisse où ce sera très apprécié. La page A4 pliée en trois volets ou la brochure A5 (A4 divisé par 2) intelligemment conçue et imprimée en 180g te permettra  d’asseoir ta crédibilité sans avoir besoin d’écrire un bouquin de 300 pages faisant de toi un « expert » et de disposer d’un document commercial à distribuer après une conférence ou un rendez-vous professionnel.

A l’extrême limite, tu peux concevoir cette plaquette toi-même avec les logiciels dont tu disposes. Côté graphisme juste deux règles : fais simple et, par pitié, pas de clip-arts ! Nous ne sommes plus en 1993 ! Ces dessins de mauvaise qualité popularisés par Microsoft avec Powerpoint dont désormais réservés aux antiquaires et aux archéologues ! 

Et pourquoi ne pas écrire un livre ?

Tout est dans l’équilibre entre paraître et compétence. C‘est vrai qu’un livre, en gelant ton savoir à un moment donné, te positionnera en tant qu’expert, en même temps que les recherches que tu feras pour l’écrire te transformeront en vrai expert. Et c’est là le principal car en fin de compte, avoir des lecteurs,ce n’est pas le plus utile. Rappelle-toi, tu veux des clients, pas des lecteurs ! Depuis l’invention de Google, l’objectif d’un bouquin portant ton nom n’est plus de rendre ta mère fière de toi mais de pouvoir développer ta visibilité sur le net grâce à ton référencement sur Fnac.com, Amazon, Amazon ou Amazon.

Ecrire un bouquin te prendra entre 3 et 8 mois. D’un point de vue rémunération, tu gagneras moins qu’une courageuse caissière chez Ed l’épicier, donc réfléchis bien à l’utilité de ce livre par rapport à l’énergie dépensée :
– un livre de management a une durée de vie de 3 mois à 1 an ;
– seulement 10% des lecteurs lisent ce type de bouquins du début à la fin ;
– tu seras plus souvent contacté par des étudiants écrivant un mémoire ou une thèse que par des clients qui se contenteront de constater que tu as en a écrit un. Ça les rassurera mais ils ne l’achèteront pas forcément ;
– Certains de tes clients potentiels penseront que tu dois être trop occupé pour travailler avec eux ou trop cher car signer un livre rehausse fortement ta crédibilité ;
– d’autres penseront que tu es trop détaché du terrain pour avoir des conseils utiles à donner.

Le dernier point peut être éliminé si :
– tu écris un guide pratique dans lequel tu donnes des exemples concrets en citant des études que tu as menées ou lues quelque part ;
– ton ouvrage est issu d’un blog reconnu par la profession qui met en valeur tes clients et lecteurs grâce à de nombreuses interviews.

Pour finir, réfléchis bien avant d’écrire un bouquin, car une fois publié il n’y a pas de retour en arrière possible. Si tu souhaites un jour retrouver un travail de salarié, ce bouquin risque de t’être aussi utile qu’un gravier dans la chaussure de randonneur et il pourrira ta recherche d’emploi. Attends-toi à être perçu comme une menace et à recevoir des réponses du style « vous êtes trop compétent » ou de te retrouver face à des recruteurs salariés qui ne comprendront pas ton choix de devenir freelance en premier lieu.

Deviens international

Tes dernières vacances à l’étranger doivent devenir une expérience professionnelle internationale. Si tu as un blog, récupère un article d’un journal local spécialisé que tu traduiras pour le présenter comme le résultat de ton travail de terrain. Et pendant que tu y es, profites-en pour rencontrer des professionnels de ton secteur qui te donneront des tuyaux sur leur marché et sur les dernières idées à la mode.

Utilise le jargon adapté 

Grand classique du consultant : être un caméléon. Connais par cœur les termes utilisés dans les secteurs que tu vises : « Sql », « ça marche mais pas » ou « canceller » si tu es dans l’informatique. Apprends ce qu’est un « Wild Cat » ou un « producteur d’appoint » si tu es dans le pétrole. Ce qu’est le « Lean manufacturing » dans l’industrie ou un « apographe » si tu es brocanteur. Encore mieux, invente de nouveaux mots ou détournes-en le sens : crisitivité, bozos, Génération C, Design thinking,  Amuse-toi ! 

Tu n’oublies rien ? Genre, le nom de ton entreprise peut-être ?

A l’époque des pages jaunes et des annuaires papier il fallait absolument se trouver en tête de liste grâce à un nom commençant par « a »,  voir « aa » ou « aaaaaaaaaa ».
Aujourd’hui, le premier outil de sourcing pour trouver un Freelance est Google. Et Google se moque de l’ordre alphabétique, ce qui l’intéresse (entre autres choses) c’est le nombre de liens faisant référence à ton site et aux mots clés sur lesquels tu te seras positionné via les « tags » de ton site ou de ton blog.

Quelques règles pour trouver un nom qui déchire :

  • passe un peu de temps à identifier les noms utilisés par tes concurrents et fais l’opposé
  • Consulte la liste des pires noms de domaines pouren prendre un au hasard et ajoutes-y « conseil » ou « consulting » à la fin
  • sniffe l’air du temps. Comme pour les enfants, les noms ont leur mode. Il y a 15 ans, pour être à la mode il fallait une raison sociale se terminant par « -ance » (teleperformance, transferance, etc.). Il y a 10 ans les noms se terminaient en oo (Yahoo, Wanadoo, badoo, etc.). Aujourd’hui, utilise des termes décalés, voire des phrases complètes (« Agentgeisha » dans le recrutement, « pourquoi tu cours » dans la com, « welcome to the jungle » si tu n’es pas inspiré, etc.);
  • avant de déposer le nom que tu as choisi et courir le déposer à l’INPI, commence par vérifier qu’il est disponible en .com et/ou .fr;
  • à moins que tu ne sois freelance en transport routier, évite d’appeler ton entreprise par ton nom, sauf si tu nous fais le trip gourou ou si tu es vraiment connu ou que ton nom fait une vraie différence commerciale, ce qui est plutôt rare;
  • Evite aussi d’ajouter « associé » après tes initiales. Tu penses peut-être que cela fait entreprise établie comme un assureur ou un cabinet d’avocats. Tu parles, ça ne trompe plus personne ! N’ajoute pas « consulting group » après la raison sociale non plus. Surtout si ton siège social est quelque part dans une banlieue perdue et qu’il est évident que c’est juste du cosmétique pour faire international.

Et si tu souhaites rejoindre d’autres consultants
Devenir freelance sans aucun client ni réseau préalable est un suicide professionnel. Il te faudra au moins deux ans pour émerger et te constituer ton premier volant régulier de missions. Passer par une entreprise de conseil déjà établie peut donc être un bon tremplin pour démarrer dans le métier selon la taille de l’entreprise que tu rejoins. Grosso merdo, il y a une dizaine de grosses sociétés de conseil ayant pignon sur rue dans le monde. Je ne les cite pas, si tu as fait des études, tu connais forcément quelqu’un qui connaît quelqu’un qui y travaille. Pour les autres, voici quelques tuyaux pour les identifier.

Comment reconnaître une petite boîte ?
– Tous les consultants s’habillent en gris et s’appellent par leur prénom en se tutoyant. Sauf le patron qui se fait appeler Monsieur. Dieu est modeste.
– Le mail de son dirigeant est affiché sur le site.
– Le site web semble avoir été fait avec des crayons de couleur et/ou il est bien trop compliqué pour avoir été conçu par un professionnel.
– Il y a “consulting” ou “groupe” ou les deux dans le titre.
– La liste de clients inclut des entreprises dont tu n’as jamais entendu parler, toutes à proximité du siège ou tout du moins en France.
– Tu reçois une réponse à ton email alors que tu n’as pas de MBA.
– Elle propose aux consultants seniors ayant au moins 5 ans d’ancienneté un salaire de 35 000€… par an.

Et une grosse boîte ?
Ils ne te répondront pas si tu n’as pas un diplôme d’une école de commerce (oui, même de Pau ou de Toulouse, les temps sont durs). Ils proposent un salaire d’entrée pour un jeune diplômé de 35 000 €.

2.2     Ta « stratégie de présence » dans le monde numérique

Le CV

Ton CV va devenir ton principal outil marketing de développement commercial. Voici quelques conseils à suivre ou pas :

  • Ne mets pas de titre !A moins que tu sois super spécialisé dans une niche de chez niche, pourquoi te fermer des portes ? Tu es seul et tu as faim donc je te rappelle que tu sais tout faire ! Mieux vaut commencer ton CV par la liste des compétences que tu es persuadé de pouvoir vendre à un client ;
  • Ne mets pas de photo.Sauf si tu es blonde à forte poitrine. Trouver un job n’est pas un concours de beauté ! Si c’était le cas, tu n’aurais aucune chance de gagner de toute façon ;
  • Mets en avant, en gras et en musique, ce que tu apportes au client. Ton rôle de freelance est d’apporter de la valeur à la boîte (en euros) et à ton client (en félicitations de la part de sa hiérarchie). Ton CV ne doit pas s’arrêter aux postes que tu as occupés mais détailler les résultats que tu as obtenus ! Sois imaginatif pour trouver des chiffres : augmentation des parts de marché de 10%, réduction du temps de développement de deux jours, etc. ;
  • Mens ou bluffe à faire rougir un arracheur de dents mais ne te fais pas gauler. Tu dois devenir le champion du monde de ta spécialité. 80 % des CV sont maquillés, ne pas le faire c’est donner l’avantage à tes concurrents. Invente des références que personne n’appellera de toute façon. N’oublie pas d’être cohérent dans tes mensonges, sur papier comme sur le net ;
  • On se fout de tes centres d’intérêts et de tes hobbies. Tu as une page pour faire tes preuves ! Est-ce que tes activités de macramé et ta médaille en chocolat d’aviron vont aider ton client à atteindre son objectif ? Sans doute pas. Attention, cette règle ne vaut pas si tes recherches sur le web t’ont permis de découvrir que le destinataire de ton CV est visible sur Google pour ses talents de tricoteuse, son classement à l’ATP ou ses performances d’accordéoniste. Dans ce cas, ses passions vont évidemment devenir les tiennes. Vite ! Et elles devront être en belle place sur ton CV ;
  • Surveille tes fautes d’orthographe et travaille le look de ton CV. Les Français ont un rapport quasiment « anal » avec l’orthographe. La moindre faute de frappe fera de toi un cas social. Alors si tu ne veux pas te faire éliminer connement et pousser ton client potentiel à faire appel à ton concurrent qui lui, a fait des études, ne fais aucune faute ! Pour cela je te conseille d’apprendre à utiliser Google pour les fautes de grammaire, le correcteur de ton traitement de texte ou d’épouser une(e) prof de français. Si tu choisis la dernière possibilité tu seras en plus certain d’être celui qui gagne le plus .
  • n’envoie pas de CV, juste un mail de « Motisation » (pas motivation).Envoyer un CV ? Quel ennui ! Veux-tu déjà te mettre à dos ton futur client en lui faisant perdre son temps à lire ton CV ? Envoie-lui plutôt un mail dans lequel tu présenteras rapidement ton parcours et ta motivation à travailler avec lui. Motivation + Présentation = Motisation, ce qui est mieux que Presentavion. (Le consultant invente de nouveaux mots, je me répète). Tu dois frustrer celui qui te lit et le pousser à te répondre : « Envoyez-moi votre CV, viiiite ! »

 Le blog

Aujourd’hui, le blog est devenu une solution facile à mettre en œuvre et peut-être un peu dépassé car malheureusement très répandue (500 millions de blogs sur la toile, et ça augmente tous les jours). D’ailleurs, il n’est pas rare que des blogs[5]deviennent des livres[6]alors que l’inverse n’arrive jamais ou alors uniquement pour faire la promo du livre en deux pages qui n’apprennent rien de plus que le livre. Ils sont hébergés sur leur propre nom de domaine grâce à wordpress ou dotclear comme herveserieyx.com par exemple ou sur des plateformes d’hébergement de blog tels que Typepad ou Wix si vraiment tu n’y connais rien.

Quitte à choisir, utilise la première solution qui te demandera peut-être un peu plus de connaissance en informatique (que tu trouveras facilement sur le net) mais qui te permettra d’avoir un titre « tonblog.com » ou « tonblog.fr » plus professionnel que « tonblog.blogger.com ou « tonblog.typad.com ». Tout est dans le paraître, surtout lorsque l’on démarre, ne l’oublie pas.

Mais attention, si quelques minutes suffisent à créer un blog, il te faudra ensuite passer plusieurs heures par semaine pour le mettre à jour. Cela ne te rappelle rien ? Oui, c’est ça, c’est exactement comme les enfants.

Pas la peine d’y écrire ta vie. Les articles publiés doivent être suffisamment courts pour montrer ta maîtrise de ton sujet sans pour autant donner toutes les ficelles aux consultants technophiles prêts à s’accaparer tes idées comme les bolcheviques la propriété privée.

Il y a plusieurs étapes pour construire la notoriété d’un blog allant de la plus simple à la plus complexe :

  • l’agrégation de nouvelles liées à ton sujet que tu auras identifiées grâce à Google alerte[8]. Tu peux publier un ou deux articles (« post » en langue blog) par jour. Pas de panique, il suffit de faire un copier-coller et de trouver une image pour l’égayer un peu. Bien entendu, il faut que les articles repostés soient cohérents avec le sujet de ton blog.Attention au Splog (le « spam blog » qui consiste à reproduire des articles uniquement pour augmenter le trafic Google, une pratique qui a coûté cher à Habitat);
  • les listes : tu écris des articles commençant par « les 100 façons de… » ou « les 10 meilleures idées pour… ». C’est le type d’articles qui est le plus souvent bookmarqué et partagé sur Twitter ;
  • les revues d’articles : tu reprends des résultats d’études ou des articles pour les commenter. Un ton drôle et acerbe t’attirera sans doute beaucoup de lecteurs ;
  • le surf médias : écrire un article sur les sujets chauds du moment : Twitter, Facebook, réforme des retraites…
  • les retours d’expériences : tu cites le cas d’un de tes clients qui a eu un problème que tu as réglé. N’oublie pas le logo de la boîte et de mettre ta photo.
  • les articles de tendances : tu écris un article sur un sujet qui n’est pas encore à la mode mais dont tu pressens qu’il va l’être… et dans lequel tu expliques que c’est déjà dépassé. Tu verras que cela te donnera pas mal de crédibilité en plus de t’aider à créer un nouveau marché.

l’interview :A la mode du site Frenchweb, tu interviewes des personnes influentes de ton secteur pour leur demander leur avis sur un sujet ou répondre à une série de questions. Tu pourras ensuite dire autour de toi que tu connais cette personne (Namedropping), mais en plus c’est l’occasion de récupérer des idées originales pour tes clients et de profiter de la renommée de ces personnes pour améliorer ton positionnement sur Google.

 

Style

Article par semaine

Temps par article

Niveau de fainéantise demandé

Difficulté

Agrégation

10

5 mn

5

1

Listes

2

20 mn

4

2

Revues

3

25 mn

3

3

Surf médias

2

30 mn

 

4

Retour d’expérience

1

0 mn

3

2

Interview

1

Entre 5mn et 2 heures*

4

4

Tendances

1

 

1

5

* 5mn si les réponses à tes questions arrivent par mail. 2 heures s’il faut organiser un rendez-vous, noter les réponses et les retranscrire pour validation auprès de la personne interviewée.

Attention, ton blog doit avoir un contenu traitant du même sujet et souvent mis à jour… mais pas trop. Laisse tes articles être repris par d’autres blogs avant d’en écrire de nouveaux. Deux articles de qualité par semaine sont amplement suffisants. Si tu mets trop d’articles en ligne ou que tu passes ton temps sur Twitter, tu envoies un message haut et clair à tes lecteurs : « Je n’ai pas de clients, je suis chez moi en pyjama et je n’ai que ça à foutre ».

Quelques conseils pour faire décoller le nombre de visiteurs de ton blog :

  • commence ton article par « comment… » et choisis ensuite parmi les possibilités suivantes : « coucher avec les plus belles femmes » (ou « séduire les mecs les plus torrides », « gagner plein de fric en dormant », « vendre sa boîte à Google ». Bref, commencer un article par  » C.. » signale que tu vas donner une solution facile à une question que beaucoup se posent;
  • commence un article par « 4 astuces pour réussir… » ou « 10 points à suivre afin de… » etc.C’est le meilleur moyen d’être repris sur Twitter. Bref, selon la tendance du moment L’open space m’a tuer,The No Asshole Rule, etc. : faiscourt et racoleur.
  • parle de sujets à la mode : Facebook, twitter, SEO, Apple, réalité augmentée, paradigme, durabilité, réseaux sociaux, relationnel, web temps réel,geek-preneur, développement durable, interface, innovation ouverte, cloud computing, multitasking, customer centric, freenomics, peoplisation, occupassion, Hadopi, longue traîne, génération Y, (pour les derniers uniquement si tu es en France car sinon c’est dépassé)….
  • si tu sèches, inscris-toi sur Twitter et regarde sur le bandeau de droite (sidebar en anglais, ignare) l’onglet « Trends worldwide ». Y sont référencés les thèmes principaux sur lesquels échangent les membres à travers le monde;
  • donne des conseils avisés sur des forums de discussion en utilisant ton nom et en plaçant un lien vers ton blog;
  • laisse des commentaires sur des sites liés à ton domaine (mais non concurrents sinon ton message ne sera pas publié) et laisse ton mail visible. Des curieux viendront sans doute voir;
  • parle des autres : n’hésite pas à reprendre des morceaux d’articles issus d’autres blogs en citant les sources. La base du référencement de Google étant le nombre de liens faisant référence à un site. Tu vas te faire pleins d’amis qui te pardonneront volontiers d’avoir pillé leur contenu pour une fois qu’ils sont cités. Et qui sait, peut-être te rendront-ils la pareille?
  • écris un article sur « l’article le plus lu du mois », une bonne petite autopromo intelligente;
  • termine le titre avec un point d’exclamation ! Ecrire de façon péremptoire, à l‘impératif, donne l’impression que tu sais de quoi tu parles… Conviction vaut connaissance. Exemple : en 2010 en France, le temps moyen pour trouver un client pour les Freelances est de 23 jours ![10]
  • si tout cela ne fonctionne pas, dis du mal de quelqu’un connu et apprécié : Steve Jobs, Barack Obama ou Michael Jackson, ou pire : dis du bien de Nicolas Sarkozy ou de Emmanuel Macron;
  • Ecris un article en rajoutant «nue »derrière le nom d’une actrice, chanteuse ou sportive con(nue).

 

Twitter

Ce site de micro-blogging te laisse généreusement 280 caractères pour donner une info tellement incroyable, incongrue et percutante que des inconnus vont souhaiter devenir tes « suiveurs » ou followersen V.O. pour re-gazouiller (retweeter ou RT) ton tweet (article) à leurs propres suiveurs. Bon, à ce moment là tu dois te dire que c’est du chinois.

Twitter est très utile pour développer ton ego en regardant le nombre de tes followers augmenter. Attention cependant, Twitter parle d’abord et surtout de Twitter. Comme si les articles les plus lus dans les journaux parlait de la police de caractère ou de la qualité du papier utilisé), jusqu’à ce que des fauxllowers (jeu de mots) aux étranges noms contenant sexy, easy ou russian s’ajoutent à ta liste pour te proposer du Viagra ou des cartouches d’imprimante ou pour te demander ton numéro de carte bancaire.

Juste un conseil d’ami –pour une fois –ne cherche surtout pas à suivre des milliers de gens en pensant qu’ils te suivront automatiquement. Bon, c’est peut être vrai mais totalement inutile.
Attention à ne pas tweeter après une certaine heure, un consultant qui a du succès doit aussi avoir une vie. Si tu tweetes jusqu’à trois heures du matin, tes lecteurs penseront soit que tu as un problème de libido, soit que tu vis seul(e) avec ton chat, soit que tu ne travailles pas le lendemain matin.
Oublie la dernière remarque si tu travailles –ou rêvede travailler –aux US. Avec 6 à 13 heures de décalage il faut que tu tweetes en anglais pendant la nuit. Rassure-toi, pas la peine de mettre ton réveil à sonner toutes les 30 minutes, des sites comme socialoomph ou Hootsuite par exemple te permettent de les programmer à l’avance.

Doyoubuzz

Bon, ok, cette référence date un peu mais cependant, pour la crédibilité de ton business et t’apporter une première visibilité sur le net, cela peut-être envisageable si tu débarques de Bretagne. C’est un site gratuit te permettant de mettre en ligne ta photo, tes compétences, la liste des services que tu proposes et un portfolio pour en montrer les résultats. Tu peux aussi y caser ton blog et le rédiger en anglais pour faire ton intéressant. Sois imaginatif sur tes compétences pour sortir des très classiques « résolution de problèmes » ou « expression orale », sinon, tant qu’à faire, autant ajouter dans ta lettre de motivation que tu es également « dynamique », pour finir de prouver que tu es un ringard !

Viadeo et LinkedIn

Un copier-coller du site précédent et hop, te voici dans une base de données de gens qui aimeraient bien travailler dans le sud de la Bretagne (Viadeo) ou de 562 millions de gens qui travaillent à travers le monde (LinkedIn).
Viadeo étant français, je te conseille de passer ton chemin et de ne pas associé ton image avec ce réseau pour l’instant et de mettre ton CV en français ou en anglais sur Linkedin.
Et non, Viadeo n’a pas plus copié LikedIn que Priceminister ne s’est inspiré de ebay ! Où vas-tu chercher ces idées !

2.3 En résumé, quel type d’indépendant es-tu en fonction des outils utilisés ?

Consultant crédible ou consultant débile ?

Crédibilité

Débilité

Ecrire un bouquin. Celui ou celle qui a écrit un livre est forcément unexpert, n’est-cepas ?!

Ecrire un bouquin ? Qui a encore le temps aujourd’hui de lire plus que 140 caractères à la fois ? 

 

Publier deux nouveaux articles chaque semaine.

Pas d’articlependant 3 mois puis 10 articles en deux jours,ou pire : un article par jour… tu bosses quand en fait ?

Décrire une tendance dont personne n’a entendu parler et la présenter comme dépassée.

Ecrire sur une tendance après tout le monde genre « 2.0 », Génération Y ou Développement durable.

Utiliser un plug-in[13] qui permette de reprendre automatiquement le titre de tes nouveaux articles sur Twitter.

Twitter toutes les 10 minutes ou à 3 heures du matin. Comme précédemment, tu bosses quand en vrai ?

Vlog (blog vidéo)

Splog (blog de spams pour améliorer sa visibilité sur Google)

 

 L’ego

Pas la peine de te donner l’exemple extrême de Mickael Adon (Vendetta) pour te dire de te méfier de ton ego.

Surtout si tu es seul sur une niche de marché !

Enfin, seul… pour quelques mois car on ne reste jamais seul bien longtemps dès que l’on commence à avoir un peu d’exposition. Et cette exposition, si ton marché est nouveau et original, les journalistes te l’offriront. Ils t’appelleront pour que tu leur serves de caution en mettant ton nom dans un article qu’ils auront déjà écrit avant de t’appeler. Les organisateurs de conférences te courtiseront pour t’avoir sur scène et montrer qu’ils sont « à la mode » ou te demanderont de participer à un panel d’experts dans lequel chacun cherchera à se mettre en avant.

Dans ce début de célébrité locale, tu seras vite rejoint par des cabinets conseil cherchant à se diversifier ou des freelances opportunistes cherchant à se renouveler.

Bref, tu collectionneras les articles de presse parlant de toi. Tu regarderas avec fierté les vidéos de toi sur Youtube. Tu commenceras à avoir de bons retours de tes interventions de conseil ou de conférence, à prendre confiance en toi et, oui, tu commenceras aussi à prendre la grosse tête.

C’est bien normal. Profites-en…Ça ne va pas durer.

Partie 1/7 – Devenir consultant…pour ou contre ?
Partie 2/7 – Devenir un freelance visible 
A suivre : Partie 3/7 – Choisir son style de freelance
Partie 4/7 – Développer son expertise de consultant
Partie 5/7 – Trouver son premier client
Partie 6/7 – Réussir sa première mission 
Partie 7/7 – L’avenir du consultant Freelance… »Le Naked Consulting »

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