Lorsque je rencontre quelqu’un pour la première fois et qu’il, ou elle, me demande ce que je fais dans la vie, je suis bien dans l’embarras de faire simple. Une pirouette « euh..c’est un peu compliqué, tu as 5 minutes ? » ou une blague me permettent toujours de m’en sortir. Il m’arrive ainsi de me présenter comme nettoyeur d’écran de cinéma IMAX, écrivain pour fortune cookies, dessinateur de plan de station de ski ou inspecteur de dé pour le casino de Pougues les eaux… Bon, en vrai, j’ai inventé mon métier. Ni formateur, ni consultant, quelque part entre les deux. Voyons si je peux le décrire…

Ce serait tellement plus simple si j’étais « Consultant en RH » ou « Directeur du marketing », « Responsable commercial » ou même « Community Manager », pourquoi pas. Même si ces emplois sont un peu fourre-tout et ne signifient pas la même chose d’une entreprise à l’autre, leur dénomination est claire, nette et précise. En plus ça rassure et ça permet d’être payé à l’heure ou au mois… Malheureusement (ou heureusement plutôt), mon métier n’est pas d’être payé à l’heure mais de créer de la valeur pour mes clients, qu’ils soient entreprises, dirigeants, responsables RH ou communication, enseignants, consultants ou…étudiants (clients d’autant plus exigeants qu’ils ne paient pas).

C’est en discutant avec Christophe Blazquez lors d’une intervention à Pau que j’ai commencé à réfléchir à mon métier qui est plus une « Occupassion » qu’un job. Merci Christophe pour cet échange qui me permet aujourd’hui de pouvoir présenter les différentes composantes de l’emploi que j’ai créé. Bon, je n’en suis pas encore au Pitch Elevator (ou lancé d’ascenseur si vous voulez) mais ça avance.

Déjà, mon job ne consiste pas seulement  « à mettre en place » mais à concevoir. Pas seulement à expliquer mais à initier. Pas seulement à exploiter mais à expérimenter. Pas seulement à appliquer mais à inventer. Pas seulement à parler mais (surtout) à écouter. En tout cas, pas à avoir raison mais à partager une vision du monde. Certains diront que j’aide les responsables d’entreprises à rester en contact avec les tendances concernants leur activité en perdant le temps qu’ils n’ont pas toujours à consacrer à cela. Je « perds » donc mon temps pour en faire gagner aux autres.

Voici la liste de mes fonctions actuelles. Bon, j’ai abandonné la notion d' »Architecte RH » avec laquelle je me présentais en revenant d’Australie. Le flambeau de l’architecture RH a été passé depuis à Vincent Rostaing à Nantes…

Bon, vous noterez qu’il y a beaucoup de titres en anglais. Langue plus concise qu’en français…Si vous êtes allergique aux néologismes anglais je vous invite à cliquer ici, revenez ensuite.

D’abord, je dois préciser que je suis un Dasher, pas un Slasher. C’est à dire que je ne juxtapose pas des jobs qui n’ont rien en commun comme l’exemple donné dans l’article de l’express de ce consultant en immobilier/réalisateur/journaliste (/=slash) qui accumule les emplois pour pouvoir gagner sa vie. Mes occupassions sont toutes reliées les unes aux autres avec un tiret « – » ou « dash » en anglais.

Consultant ?

Pour être compris je suis encore obligé de me présenter comme un consultant. Pourtant, si mon job se rapproche de cette famille d’emploi ce n’est pourtant pas mon activité. Loin de là. Après plusieurs expériences – passées et en cours – en direction RH et en direction d’entreprises, je ne parle pas à un client en lui disant « selon les meilleurs pratiques » mais plutôt « J’ai fait cette conner…aussi alors je te conseille pas ! » en parlant de dirigeant à dirigeant ou de RH à RH.
Il y a aussi une notion de durée qui est souvent attachée au métier de consultant. Cliché ou pas, avoué ou pas, l’un des premiers objectifs des consultants (en plus d’apporter leur compétence, expérience, valeur, bla bla) est de rester chez leur client le temps que se réalise leur mission. Payés à l’heure ou au jour, mieux vaut que ce temps soit « conséquent ». Au contraire, mon job est d’initier et d’apprendre à faire, plus que de faire. Ce qui se traduit par plusieurs interventions de quelques heures et pas une intervention de plusieurs semaines, qui se prolonge. Je présente en détail cette différence dans un chapitre intitulé « L’anti-consultant ou Naked Consulting » dans mon prochain bouquin sur le métier de consultant/freelance qui devrait sortir d’ici le mois de Mai aux éditions Maxima sous un titre que…bon…passons.

Ass Kicker

Pour reprendre et détourner ce titre utilisé à Axa Equitable. Pour avoir un impact je pense que le lancement d’un projet d’entreprise – en plus d’être soutenu dans le temps – doit rassembler l’ensemble des acteurs de l’entreprise qu’ils soient directement concernés ou pas, être mémorable et appeler un chat un chat !  N’étant pas tenu par un seul client qui me nourrit, je peux me permettre de garder ma liberté de ton sans oublier que le premier client est l’entreprise dans son ensemble, et pas seulement ses dirigeants ou actionnaires. C’est en utilisant cette liberté que je me permets – avec la complicité des dirigeants – de dire tout haut que d’autres personnes de l’entreprise pensent tout bas. Il faut en finir avec les non-dits sources de rumeurs, de peurs et de perte de confiance. C’est d’ailleurs ce qui m’a valut le commentaire en bas de cette page.

Trend Hunter

Enfin un job traduisible en français par chasseur de tendances. J’hésite cependant entre « Chasseur » et « Casseur » de tendances car  je passe autant de temps à les identifier qu’à sélectionner celles qui ont un sens pour les entreprises. Chercher à identifier des tendances, sans être sociologue,  demande de se spécialiser au maximum et d’adapter les méthodes de réflexion appliquées par la mode au monde du management, recrutement, développement et plus globalement des RH et de la Gestion des Relation (ex-Gestion des Talents) dans un contexte international. Ce qui demande beaucoup d’innovation, d’audace et de courage car au delà des limites du bon goût (pour les tendances liées à la mode) et de l’éthique (pour les tendances technologiques) il y a dans notre domaines pas mal de limites légales.

School Whistle Blower

Lanceur d’alerte pour étudiant. Hum, mieux vaut le laisser en anglais celui-là. En intervenant en école de commerce ou d’ingénieur, je demande aux étudiants de me décrire la pire expérience professionnelle ou personnelle qu’ils ont vécus. Que ce soit un stage ou un job d’été, je leur demande de formuler ce qu’ils en ont tiré professionnellement et personnellement. C’est ensuite l’occasion de les faire réagir sur les clichés qui circulent sur la génération Y et de réfléchir à la façon d’y répondre. C’est aussi l’occasion de leur présenter les différences culturelles qu’ils vont rencontrer avec ceux qui les managerons et les différents style de management qu’ils rencontreront. Nous détruisons ensemble leur CV pour en faire des résumés utilisables sur les réseaux sociaux/ Nous parlons de leur avenir en temps que futur managers en les mettant à se manager..eux-mêmes pour comprendre la situation des personnes qui devront les manager…

Shifter

Etre un shifter n’est pas un métier, c’est un état d’esprit demandant de voir les choses sous un nouvel angle. De décaler l’action et ses propos en permanence. De faire des liens qui ne semblent exister que pour soi. De proposer des idées sans peur du ridicule.De prendre des risques sans inquiétude du lendemain… Les Shifters sont des iconoclastes qui luttent contre les croyances en proposant des idées nouvelles ou en rappelant des pratiques oubliées. Leur volonté est d’ouvrir de nouveaux choix dans un monde de plus en plus normé et étouffant. C’est la disruption adaptée au RH. C’est un style de management contre-intuitif. C’est surtout  le développement des valeurs de notre temps : liberté, échange et différence !

Et vous ? Votre métier, vous l’inventez quand ?

Crédit Photo :Estheticcore

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