Cette semaine dans Innovation Weekly 16 :
1 Ouverture d’un bibliothèque dans la ceinture de Kuiper
2 Le procès Uber-Google/waymo n’aura pas lieu
3 Amazon recrute vite et licencie beaucoup (et vice versa)
4 Olivier Ezratty nous parle du 13e rapport du CES
5 Le modèle d’affaire du « piggybacking »

EN BREF INNOVATION

1 Recupidee

La première plateforme à promouvoir la réutilisation d’actifs immatériels non utilisés.
Je traduis : c’est un ebay à idées pas utilisées basée sur l’économie circulaire. Si vous avez une formation, des documents de création d’entreprise abandonnées, des business plans, des brevets, des contrats, des études de marchés, des logos, des bases de données, des formations, Bref de l’immatériel vous mettez en ligne sur recupidee.com 
Bon, maintenant il faut être pret à voir quelqu’un réussir un projet que l’on a pas réussi à mener à son but. 
Le site prend 15% de commission avec un minimum de 5€
 

2 Falcon Heavy et bibliothèque spatiale

Musk est obsédé par Le Guide du voyageur galactique. Déjà en 2015, certains propriétaires de Tesla qui avaient nommé leur véhicule 42 lors de la mise en service avaient vu apparaître une citation du roman de Douglas Adams «Life, the universe and everything».

Il est allé un peu plus loin la semaine dernière quand il a envoyé un Roaster Tesla sur une trajectoire vers Mars – bon en fait il a visé à coté mais qui compte ? Sur le tableau de bord, il est clairement visible cette phrase célèbre «Don’t panic», Une rumeur qui n’a pas été confirmée est que dans la boite à gant se trouve une copie du guide et une serviette. 
 
Mais ça va plus loin car pour le coup, cet envoi a marqué le début d’un projet de Bibliothèque spatiale. 
Vous en avez sans doute pas entendu parlé car l’instigateur du projet Nova Spivack n’a pas eu l’autorisation d’envoyer le moindre communiqué de presse au sujet de son projet. J’en ignore les raisons mais connaissant la capacité de Musk à réécrire l’histoire à son avantage et au vu du culte de la personnalité qu’il est en train de construire via la série « Mars » sur Discovery Chanel,  je peux imaginer qu’il ne voulait rien qu’il lui fasse de l’ombre.
 
En attendant Kovack a créé « the arch mission » en 2015. Une NGO dont l’objet est d’utiliser de nouvelles technologies pour préserver sur terre et au-delà, les connaissances humaines. C’est ainsi qu’il a rencontré l’équipe du Dr Kazanski du centre de recherche en Optoelectronique de l’université de Southampton  qui a développé la technologie « Stockage optique 5D » qui peut contenir 360 Tera d’informations, soit 180 millions de livres (En estimant qu’actuellement il existe 130 millions de bouquins il reste de la place) pour une durée de 14 milliards d’années 
 
Au fait, si vous avez vu mon épisode spécial sur la conquête spatiale, je vous parlais de la course à l’armement que se faisaient certains milliardaires parmi lesquels Musk et Bezos.
Je vous disais que lorsqu’il avait appris que Musk allait lancé sa « Falcon Heavy » qui serait l’une des plus grosses fusées jamais utilisées, il avait annoncé préparer la New-glenn 3 capable de mettre dans l’espace un sketch de Bigard, c’est vous dire le poids que ça peut soulever 
 
Et pendant ce temps là Tesla perd 8000 dollars par la minute mais ce n’est pas parce qu’ils envoient leurs voitures dans l’espace (don’t panic)
 
Pendant une rapide conférence de presse avant le lancement Musk à donné plusieurs infos :
> Qu’il y avait une Super Falcon Heavy dans les tuyaux qui doublerait la capacité de la FH amenant cette capacité proche de la Saturne V,  la fusée mythique qui obsède Bezos et Musk. En plus, c’est logique puisque Bezos a annoncé une fusée encore plus grosse que la FH Musk va pas se laisser faire – c’est lui qui veut la plus grosse. 
> La voiture va passer à travers la ceinture de Van Hallen pour tester ses capacités anti radiation dans l’idée de proposer des modèles à l’armée. La tesla est destinée à tourner autour de mars. 
> Il y a 3 caméras dans le Roaster
> Il a confirmé la Big Falcon Rocket destinée éventuellement à amener des touristes faire le tour de la lune. 
 

A Suivre innovation

Procès Waymo / UBER 

La news de la semaine aurait du être le procès entre Waymo – la filiale véhicule autonome de Google et Uber après que Waymo est attaqué Uber pour avoir entre autre racheté l’entreprise OTTO fondée par un ex salarié Waymo – Anthony Levandowski – qui avait démissionné en emportant avec lui 14000 documents confidentiels – et là je vous la fais courte. 
 
Alors que nous nous attendions à un procès long et compliqué qui mettrait en en cause les valeurs du CEO de Uber : Travis Kalanick? A savoir tous les coups sont permis pour réussir. En fait ce sont surtout les moeurs de Levandoswki qui ont été mis en cause car il s’est fait attaquer par sa femme de ménage qui est tombé sur son matos de Sado-Maso. Bref, je m’attentais un procès dont on aurait fait un film dans 10 ans et en fait non, au bout de 3 jours les 2 entreprises se sont mis d’accord : Uber donne 0,34% d’équity à Alphabet – sachant que de toute façon google ventures était parmi les premiers investisseurs de Uber – et accepte qu’une équipe de Waymo viennent vérifier que Uber n’utilise pas de tech propriétaire qui viendrait de chez eux.  RI-DI-CULE
Certains y voient la preuve que le nouveau CEO de Uber cherche à solder toutes les déboires que lui a laissé Kalanick. D’autres pensent que finalement Google n’avait pas de preuves irréfutable et que le procès aurait trainé en longueur. 
Enfin, d’autres se disent que c’est une bonne chose que ces deux là ne s’enlisent pas dans un procès alors que les chinois arrivent sur le secteurs, qu’ils vont plus vite, sont plus fort, et ne comptent pas faire de prisonniers, je pense notamment à Baidu «le google chinois» et à leur plateforme « Apollo 2.0 » qui est en train de rattraper – voir de dépasser Google – le chef de la meute – en 2 ans ! 
 

Steve jobs.inc

Idée géniale ou gros opportunisme de sauvage, 2 italiens, les frères Barbato ont lancé la marque de vêtement «Steve jobs».
Oui «Steve Jobs» !
La marque que Apple n’avait pas pensé à déposer !! Vous vous en doutez, Apple n’a pas apprécié et ça fait 5 ans qu’ils tentent par tous les moyens juridiques possibles de les arrêter. Sans succès. 
 
En visitant leur page Facebook et leur insta on voit bien qu’à part troller et se faire mousser sur la décision de justice, ils ont pas foutu grand chose. Ils ont simplement mis en ligne une courte vidéo présentant ce qui semblent être des écouteurs.
 

A suivre Innovation

AMAZON 

Alors qu’ils n’ont toujours pas officiellement annoncé le nom de la ville qui accueillera leur second siège social le HQ2 – le Seattle time nous apprend que Amazon, le second plus grand employer des US derrière Walmart, a annoncé se séparer de plusieurs centaines de salariés basés à leur siège de Seattle. 
La raison officielle : il ont trop de salariés qui travaillent dans le retail et dans les opérations globales et doivent donc alléger ces départements. Selon une annonce publiées le 12 février, ils s’engagent à reclasser ceux qui sont licenciés. 
Il n’en reste qu’il y a 12 500 jobs qui sont à pourvoir dans la partie Amazon Web Services – et bien sur Alexa – pour rejoindre les 566 000 salariés Amazon (+60% l’année dernière).
Maintenant il faut savoir que nous sommes dans la période des évaluations et qu’ils ont introduit l’année dernière un programme de coaching de carrière appelé pivot qui laisse 3 possibilités aux salariés qui ne sont pas performant :
1. Améliorer leur performance. Pour cela ils peuvent faire appel à un expert interne appelé «Carrer ambassador» qui pendant une certaine période conseille le salarié. 
2. Démissionner et prendre un chèque. Simple et clair
3. Faire appel auprès de leur manager d’avoir pris la décision de les mettre en « pivot ». Et ça, c’est nouveau. 
C’est certes une amélioration du célèbre «Performance Improvement Plan ou PIP» qui existait avant et qui était synonyme de «Condamnation à mort professionnelle» pour ceux qui en faisait parti.
  
Maintenant – selon le Seattle times – certains salariés aurait signalé que des managers utilisaient toujours ce Pivot comme le PIP avant lui pour réduire leur équipe sans avoir à licencier. 
C’est également la pratique que certains ex-salariés de Google appellent sur Quora le «Managing out» 
Evidemment, je ne peux pas leur jeter la pierre car une entreprise qui grossit aussi vite doit recruter rapidement et forcément des erreurs de castings doivent être fréquentes 
 

L’App de la semaine 

On reparle Quantified-self cette semaine, la tendance 2013 qui était censée prendre tout le monde de cours – jeu de mot – mais qui finalement à fait plouf.
Le Quantified-self consiste à mesurer – et donc à créer des données – via son activité quotidienne et notamment sportive grâce a sa montre, son smartphone ou son Fitbit.
On en reparle cette semaine car Nike a annoncé que ses app Nike Run Club et Nike Training Club ont  désormais des «bonus» qui se débloquent si les utilisateurs dépassent certaines distances ou terminent leur routine sportive quotidienne. Ces bonus peuvent être des réductions, l’accès à des produits exclusifs ou des réduction chez apple music et Headspace, l’app de méditation. 
 
On en parle depuis 4 ans mais ça y est, sa dépense de calorie peut permettre de faire des économies. Malheureusement, ça reste du  marketing pour vous vendre plus de trucs dont vous pourriez vous passer.
 

TENDANCES : le piggybacking

Littéralement porter quelqu’un sur son dos. Par analogie, utiliser l’écosystème de quelqu’un d’autre pour prospérer. 
Ce business model n’est pas récent – prenez Levi Strauss qui au moment de la ruée vers l’or vendait des fruits secs avant de commencer de vendre des pantalons – aux mineurs. Et bien sur, je ne peux pas éviter de parler de Samuel Brannan qui a fait fortune en leur vendant des pelles et pioches. 
Aujourd’hui mixez les nouvelles technos, internet, l’économie collaborative et vous avez une ruée vers l’or sous vos yeux avec de nouvelles industries qui se développent de façon exponentielles. Quand les choses vont aussi vite, elles s’accompagnent de ce qu’en Design on appelle des points de « douleur clients » ou « Gain Points » que des petits malins vont exploiter à leur avantage pour apporter une valeur au client. Pensez à Paypal sur le dos d’ebay. 
 
> Gain point et réponse 
  • Par exemple pour Airbnb: les douleurs clients sont de prendre du temps pour donner les clés à ses guests ou trouver une femme de ménage. Et voici Guesty: qui offre des services de ménage aux propriétaires et de donne les clés aux clients 
  • En fait il y a plusieurs centaines d’entreprises qui font du piggyback sur le dos d’Airbnb comme guestly qui s’occupe du ménage et des clés.
  • Autre exemple : Uber. Pratique de savoir que l’on peut faire de l’argent en conduisant une voiture mais il vous faut une voiture () et une formation.
  • Ces points de douleurs peuvent être aussi plus matériels. Comme les smartphones rebondissent sur le sol aussi bien qu’une pastèque vous avez Incase ou Belkin qui propose des coques et des vitres de protection.
  • Un certain fabricant d’ordinateur a remplacé les port UCB par des ports USB-C. Immédiatement des fabricants ont proposés des hubs pour faire comme avant.
 

Il y a plusieurs types de piggybackers 

Le poisson clown : l’animal qui vit en harmonie avec les anémones de mer : Chaque partie gagne la protection de l’autre comme Facebook et Spotify  
La remora : Elle suit de près le requin : Paypal qui proposait une solution de paiement sécurisé pour les clients de ebay. Bon finalement ils se sont approché trop près et se son fait bloquer un moment puis manger – pour 1 milliard – créant la fortune de Peter Thiel et de Elon Musk.
Les parasites : Qui ne demandent rien pour s’implanter, comme Airbnb qui a été le piggybacker de Craiglist avant d’être bloqué, skype et viber qui proposait des solutions d’appel gratuites sur le dos des fournisseurs d’accès ou Deezer qui avant de s’appeler Deezer s’appelait blogmusik et avait de sérieux problèmes avec la Sacem et la SCPP
 
Du coté des entreprises qui sont piggybacker il y a 3 cas : 
> Soient ils encouragent le développement de l’écosystème en prenant autant que possible leur écot.
> Soient en offrant eux-mêmes le service ou produit proposé par le Piggybacker. Apple a été longtemps le roi de cette pratique – à faire eux-même leur coques par exemples – qui sont aussi moches que fragiles. Vous avez aussi Uber qui a ouvert une place de marché de location de véhicule pour capter de la valeur sur le marché qui lui échappait.
> Soit en l’interdisant, ce qu’a fait brièvement Twitter en 2011 en interdisant les développeurs de créer leur propre client dégageant au passage Seesmic racheté par Hootsuite dans la foulée. 
 
Toute l’ingéniosité du Piggybacker est d’être rapide a installer une marque qui deviendra synonyme de qualité pour le client ou à s’adapter rapidement à l’environnement car ces industries exponentielles. 
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