Conquête spatiale, état des lieux et bataille d’egos

Conquête spatiale. Edition spéciale. J’avais besoin d’un grand format pour vous parler de plusieurs événements qui se sont tous déroulés cette semaine et dont le nombre dépasse un épisode classique de Innovation Weekly.

Une semaine qui prouve que la conquête spatiale n’est plus une mission gouvernementale dont l’objectif est de dépasser l’horizon de l’humanité en l’aidant à atteindre les étoiles mais un marché dans lequel s’affrontent entrepreneurs, startups et équipes scientifiques.

Nous sommes en train de passer de l’étoffe des héros à une bataille des egos…

1. conquête spatiale : XPrize de la Lune à Mars

La fondation XPrize a fait parler d’elle cette semaine. X-Prize est une fondation non gouvernementale qui organise des compétitions pour encourager des développements technologiques dont pourraient bénéficier l’humanité.  Ces compétitions sont dotées de prix qui s’étalent de 1 à 30 millions de dollars. conquête spatiale

Les prix gagnés

Plusieurs prix ont été gagnés depuis le premier Xprize en 1995 : Construire un tricorder à la Star-Trek, comprendre l’impact de la montée du CO2 sur l’océan ou créer la voiture la plus efficiente possible par exemple.  

Les prix toujours en cours

Certains prix sont toujours en cours et vous pouvez toujours tenter votre chance :

> pour proposer un système qui puisse lancer une alerte à une communauté dans les 90 secondes si une femme se fait agresser. Il faut que ce système coûte moins de 40$.  

> Créer un système qui puisse collecter 2000 litres d’eau de l’atmosphère pour 2 centimes du litre ou moins.  

> Proposer une solution qui transforme les rejets en Co2 des usines en matériaux de constructions, combustible ou en produit du quotidien.

Les prix terminés sans vainqueurs

Mais il y a aussi des prix qui ne sont jamais gagnés, et c’est le cas google lunar Xprize qui s’est achevé cette semaine sans vainqueur.  

Ce prix lancé en 2007 devait être cloturé en 2012 apr!s avoir été étendu plusieurs fois jusqu’à la date finale du 31 Mars 2018. Malheureusement – dans un article publié sur leur site  – la fondation Xprize  a annoncé qu’après avoir contacté les 5 derniers finalistes les organisateur du prix elle avait compris qu’aucune d’entre elle serait prête à remplir les conditions pour effectuer un lancement d’ici la date fixée et de recevoir le prix de 30 millions de dollars. 

Je vous rappelle que pour obtenir ce prix il fallait pouvoir envoyer un robot sur la lune, le faire se déplacer sur au moins 500 mètres à la surface et lui faire envoyer sur terre des photos en HD  

10 ans de compétition

Pendant les 10 ans de la compétition : 

1 > 300 millions de dollars ont été levés par les équipes en compétition, que ce soit en sponsorship provenant d’entreprises privées, contrats gouvernementaux ou par investissement de capital risque. Par exemple, 90 miilions ont été levé par l‘équipe japonaise HAKUTO qui s’était associé avec l’agence spatiale japonaise JAXA. 

2 > Ce prix a également permis à la législation américaine d’évoluer en autorisant des sociétés privés d’envoyer des chargements sur la lune. 

3 > Ce prix a aussi permis de créer plusieurs centaines d’emplois avec la création d’entreprises commerciales qui ont boostées – ah ah – l’exploration spatiale en Inde, Malaysie, Israel, en hongrie, mais aussi bien sur aux US avec Moon Express qui a commencé à commercialiser son offre de collecte de pierre lunaire. 

4 > Et surtout…changé radicalement le paysage de l’exploration spatiale !  conquête spatiale

Rappelez-vous – jusque dans les années 2000 seules quelques grandes agences gouvernementales : La Nasa avec budget de 17 mrds, l’ESA pour l’europe budg de 5,7 mrds, Roscosmos en Russie 5,6 mrds, le CNES (2,5 mrds en France, le japon avec JAXA (2,4 mrds).

Je laisse de coté les petites agences comme la CHINE avec le CNSA (1,3 mrds)  l’iSRO en inde (1,3 mrds), l’ISA Iranienne (500 millions) et l’ISA israélienne (6 millions). conquête spatiale

Désormais, cette exploration est en train de devenir un défi qui pourrait être relevé par des entrepreneurs, ingénieurs et innovateurs du monde entier….mais surtout par des entrepreneurs.  

Même si les plus visibles sont les projets américains, les projets d’entreprises privées font l’objet d’une sorte de ruée vers l’or de magnats.  

2. La course à l’espace des milliardaires  

Le grand père un peu fou : Richard Branson avec Virgin galactic

Virgin Galatic se présente comme la première ligne spatiale commerciale. Elle dispose de 2 divisons :

> La Spaceship Company qui propose des vols pour touristes argentés et qui a été fondé en association avec Mojave Aerospace, l’équipe vainqueur du premier Xprize qui consistait à concevoir un véhicule pouvant transporter 3 personnes à 100km d’altitude, 2 fois de suite en 15 jours.

Virginorbit qui propose des mises en orbite de satellite de 300 kg via une rocket (Launcher one) lancée d’un Boeing (surnommé Cosmic Girl)   

L’astronaute frustré : Paul Allen co-fondateur de Microsoft avec Stratolaunch

Paul Allen co-fondateur de Microsoft avec Stratolaunch qui propose la même chose que Virginorbit avec un avion maison  

Avion développé par Scaled composites, ceux qui ont construit l’avion qui a permis à Mojave Aerospace de gagner le prix Xprize.  Quand je vous dit que tout a changé avec Xprize ! 

Yuri Borisovich Milner, le Jean-Claude Bourret qui vient du froid

On a déjà parlé de Yuri Borisovich Milner : c’est l’investisseur russe qui a été révélé par les paradise paper et qui possède 8% de facebook et 5% de Twitter, pote de Poutine et sans doute de Jared Kushner – le beau fils de Trump.  qui via Breakthrough Initiatives souhaite lancer des sondes à travers la galaxie pour trouver des gens à qui parler…

Elon Musk avec bien sur Space X

Le cousin un peu cinglé Musk, dont L’objectif est de permettre à l’espèce humaine de s’établir sur d’autres planete. C’est sur qu’après avoir salopé ici, autant aller voir ailleurs. Pour lui c’est mars ou rien !

Pour atteindre cet objectif – et le financer – il peut compter sur un contrat signé avec la nasa qui lui a rapporté pour l’instant 2 milliards de dollars. Contrat pour lequel il a développé un système de fusées réutilisables la « Falcon 9″ pour les satellites et le Dragon pour le transport de personne. La suite va vite venir après le succès du lancement de la Heavy Falcon – le faucon lourd – l’une des plus grosses fusées jamais envoyée qui pourra mettre en orbite 54 tonnes métriques. Ce qui représente 2 fois plus de poids que son concurrent Delta IV Heavy pour 30% du prix.    

Jeff bezos avec Blue Origin

Et enfin celui qui ne sait pas qui faire de son fric : Jeff bezos avec Blue Origin qui est son projet « sur le coté » et pour lequel il a du vendre pour 1 milliard de stock-options d’amazon pour continuer à financer sa danseuse.

Il proposer également son propre lanceur d’engin réutilisable appelé New-Glenn.  Même sur Mars vous pourrez vous faire livrer bio.

3. La guerre des egos

Et le plus drole est que c’est la guerre entre ces couillons !

SpaceX et Blue origin se sont battues pour avoir le droit d’utiliser le pas de lancement des missiosn Apollo. Vanité vanité… Comme Space X a gagné, Blue origin a poursuit en justice. Et perdu..   conquête spatiale

Puis SpaceX a attaqué Blue origin pour invalider leur brevet d’aterrissage sur plateforme en mer. Et gagné !  

Maintenant, ils se battent à coup de taille de fusée et quand Blue Origin a annoncé le New Glenn, Space X  a annoncé la Heavy Falcon. Quand Bezos a annonce la New Glenn 2… Elon musk a annoncé la Super heavy Falcon. Jeff Bezos a renchérit avec la  New Glenn 3 !!  

Ils ont des trucs à compenser ces 2 là.  

Alors qu’aux US nous sommes passé de la course à l’espace à la course à l’ego, pendant ce temps là en France nos milliardaires à nous se battent à coup de musées. 

A ma Gauche Bernard Arnault avec la fondation Louis Vuitton et à ma droite François Pinault avec un autre musée d’art contemporain.

4. L’ère des Startup

Mais nous sommes entré dans l’ère des startups donc il n’y a pas que des milliardaires qui se payent des fusées !

L’aérospace a même son accélérateur stardust fondé par Francois Chopard ,un ancien consultant de PWC, donc vous trouverez un espace à Paris 130 rue de lourmel dans le 15e arrondissement.

Prenez Rocket lab par exemple qui est la première entreprise 100% privée a avoir réussi le week-end dernier son premier vol orbital. Ils proposent de mettre en orbite de petits satellites pour 5 millions de dollars quand  space X en demande 62 par lancement. . Ils proposent d’ubériser l’espace à la suite de Space X grace à leur lanceur appelé Electron qui est la fusée qui a le plus de gueule.

Le disrupteur se fait disrupter

Prenez aussi Interorbital qui a commencé comme un projet du soir et du week-end pour un couple de passionnés : Roderick and Randa Milliron qui pendant 10 ans ont développé leur projet en gardant leur job : Roderick était développeur de logiciel de guidage et Randa prof d’histoire naturelle. Ils ont tous les deux plongé à plein temps quand ils ont tenté d’obtenir le prix Google Lunar Xprize dans le cadre de l’équipe « Synergy Moon ».

Le premier prix Xprize a vraiment donné des vocations à des passionnés qui avaient envie d’inscrire leurs noms à coté des noms de la conquête spatiale. Un peu comme  comme Eberhard et Tarpening qui ont prouvé avec Tesla – avant de se faire virer par Musk – que l’on pouvait créer une marque de voiture sans rien y connaitre.

Pour info 1 milliard d’euros en moyenne ont été investi dans les startups de l’aérospatial chaque année depuis 2006 alors que c’était seulement 180 millionsentre 2000 et 2005  pour un chiffre d’affaires de 260 mrds en 2016.  

Pendant ce temps là l’institut Montaigne propose : Plus d’état, plus de technos, plus de protection avec une préférence européenne, plus de budget européen, plus de gouvernance européenne. Bref, l’espace est en train de se faire uberiser par les américains et pendant ce temps là, en Europe, on propose. conquête spatiale

Innovation Weekly 14 – amazon, holacracy et futur

Cette semaine dans « Innovation Weekly 14 » :

  1. Amazon fait avec un entrepôt ce qu’Apple fait avec ses téléphones
  2.  Rififi chez Airbnb
  3. Google prend les développeurs pour des Goonies
  4. Facebook Connexions, l’événement pour votre grand-mère
  5. Maddy Keynote, le nouveau cirque à Startup
  6. Tendance : L’holacracy (Une histoire de cercles)

Amazon

amazon
La boucle est bouclée. Après la livraison en 24h, Amazon a finalement réussi à ouvrir son premier magasin à Seattle AMAZON GO après quelques ratés à l’allumage et 5 ans de développement.
Le magasin du futur annoncé en Décembre 2016  et qui devait ouvrir début 2017 a finalement ouvert ses portes cette semaine.
Vous entrez en utilisant un QRcode lié à votre compte Amazon en passant par des portes automatiques. Vous choisissez ce que vous voulez et vous partez.
Votre achat est automatiquement débité sur votre compte.  Pas de magie, juste beaucoup de caméras, de capteurs et de deeeeep learning.
Faire ses courses à Amazon Go…c’est comme voler à l’étalage…d’ailleurs a été le cas pour l’une des journalistes qui a couvert l’événement.
On peut parier que Amazon pourrait vendre son système à d’autres boutiques et accélérer la robotisation de la société que tout le monde craint.
Maintenant, comme le magasin est situé à coté du siège social, ce sont surtout des salariés de Amazon qui viennent s’y approvisionner. Qu’en sera t’il dans la vraie vie ?
Je pense toujours que le contact humain fera la différences dans les prochaines années. Je peux me tromper vu le développement des rayons frais à emporter ou les espaces de knacking… en fait, je travaillerais à la caisse je commencerais quand même à m’inquiéter.
amazon
Autre nouvelle Amazon, l’entreprise a posté cette semaine la liste des villes finalistes qui recevra peut-être son second siège social surnommé « HQ2« 
Que cette liste est prévisible… New York. Boston. Washington, D.C. Atlanta, Dallas et Raleigh, N.C.
Tout ce bazar, 238 villes qui se sont portées candidates avec des cactus et des drones … pour ça ??? (voir IW05)
Nous serions en France, Amazon aurait donc choisi Paris, Lyon, marseille, Nantes, Lille et Nancy !
Il faut reconnaitre que c’est un coup de génie ! Proposer un concours, dont le gagnant recevra  5 milliards d’investissement et 50000 emplois alors qu’il est évident qu’ils avaient déjà une idée des villes qui les intéressait avec 2/3 des villes choisies localisées sur la cote EST.
Un coup de génie de Amazon qui a prouvé qu’avec un entrepôt on pouvait avoir autant de pub gratuite qu’à la sortie d’un téléphone ou d’un film de jedi.
Malheureusement, les villes qui auraient le plus besoin d’un amazon comme Detroit ou Hartford sont éliminées. Amazon fera ce qui est le mieux pour Amazon, pas pour leur pays, pas pour leur planète. Pour Amazon.
Pour les 218 villes éliminées, il y a peut-êter un lot de consolation. Apple n’a pas encore annoncé la ville qui accueillera son prochain campus du futur.

Airbnb

Y a t’il du rififi dans l’air à Airbnb, selon  » the information  »  entre les associés de Airbnb alors qu’ils ont annoncés avoir été bénéficiaire en 2à17 – Champagne ! En fait, ils parlent de leur Ebitda, pas résultat… les gros malins
D’un coté le CEO Brian Chesky qui aimerait bien lancer sa propre compagnie aérienne et qui a déjà demandé à des designers d’imaginer à quoi ressemblerait un avion airbnb. Approche horizontale.
De l’autre le CFO Laurence Tosi qui verrait d’avantage un rapprochement avec un agrégateur de vol ou l’acquisition d’un app de voyage pour créer une agence de voyage. Approche verticale.
L’un cherche a se remettre en question l’autre vise plutôt à devenir public via une IPO
A suivre…

Google I/O

holacracy futur

Comme tous les ans Google prépare sa conférnece pour développer qui aura lieu du 8 au 10 mai à Mountain View.

Pour savoir où se déroulera la conférence vous devez résoudre plusieurs énigme dont la première a été publiée sur Twitter.

Certains ont déjà compris qu’en traduisant cette photo en code binaire puis en texte vous dirigeait vers une chasse au trésor dans le campus de Google via street view.

TENDANCE :  L’HOLACRACY

J’ai rencontré Bernard-Marie Chiquet de IGI Partners qui a amené ce concept d’organisation agile en Europe et qui transforme une organisation pyramidale en organisation cellulaire.
L’holacracy est un systême d’auto-organisation qui propose de rester connecter à la raison d’être de l’entreprise, de ne pas prendre les prévisions trop au sérieux et de s’ajuster en permanence selon les événements.
Quelle différence entre Holacracy, entreprise libérée et organisation TEAL que Laloux a emprunté  – sans la citer à ma connaissance – à la spirale dynamique ?
Pourquoi des patrons viennent à l’Holacracy ?
Par où on commence l’holacracy ?
Pour en savoir plus je vous invite à lire la BD en ligne que vous trouverez sur googoo avec les mots clés holacracy + BD et « j’ai de la chance » et hop !

Evenements

Facebook

Facebook France a organisé cette semaine une exposition interactive à Station F appellé « Facebook connexion » organisée en 6 espaces :
PARTAGER : Pour découvrir Marketplace, en savoir plus sur Messenger et, expérimenter les Lives dans un véritable studio !
CREER : Pour découvrir les photos 360°, tester de nouveaux effets visuels et apprendre à réaliser des Stories plus fun et plus créatives.
APPRENDRE : Des ateliers organisés pour guider et conseiller parents et enfants dans leur adoption des meilleures pratiques pour rester en sécurité sur Internet et les réseaux sociaux.
ENTREPRENDRE : 12 start-ups de Station F, issues du programme « Start-up Garage from Facebook » allaient et venaient pour présenter leur travaux sur l’utilisation des données personnelles. A mon avis, elles vont le payer à bref échéance…
INVENTER : Des animations interactives permettent aux visiteurs de tester la réalité virtuelle et la réalité augmentée, avec le système Oculus.
RASSEMBLER : Un café connecté facilite les rencontres entre les visiteurs et les communautés qui se retrouvent sur Facebook et Instagram pour échanger et partager.
L’initiative était intéressante. Je vais essayer – surement sans success – de ne pas passer pour un vieux con mais quand je suis arrivé vers 11h30, j’ai eu plein de sourires du personnel de facebook présent, chouette.  Par contre, ils me semblaient bien plus absorbé par leurs discutions entre-eux ou par les tests qu’ils faisaient eux-même de leur matériel que de venir à la rencontre du public présent.
De toute façon, si c’est pour tester un oculus ou apprendre à prendre des selfies en 360 … la prochaine fois j’amène ma grand-mère.

Maddyness

Les semaines se suivent et se ressemble : Encore du futur au programme avec la prochaine Maddy keynote consacrée à la cité du futur qui tiendra sa troisième édition le 1er février prochain au 104 à Paris, devant plus de 5 000 personnes.
Autour de la thématique de la Cité du Futur : des intervenants de prestige (Julian Assange, Jacques Attali, Audrey Pulvar, Corinne Lepage… et bien d’autres !), mais aussi une 60aine de startups venues dévoiler leurs innovations.
Autour des sous-thématiques Mobilité, Bien-être, Habitat, et Agora, il y aura plusieurs espaces : la scène principale avec une  succession de keynotes, la scène innovation avec table ronde et débats (j’ai bien mis innovation et table ronde dans la même page) et une zone de démo de plein de mètres carrés qui présentera une « ville-startup » grandeur nature dans laquelle chacun pourra évoluer comme il le fera… en 2084…voilà voilà.
C’est le 1er févrierà Paris c’est 100 balles et pour vous inscrire à  https://www.maddykeynote.com
benjamin chaminade innovation weekly futur

Benjamin Chaminade est entrepreneur et conférencier en culture de l’innovation, RH, en management de l’innovation, innovation managériale, Intergenerationnel et sur l’avenir du travail et de l’entreprise.

Innovation weekly 13 – Conférence sur le futur 2018

Cette semaine dans innovation weekly 13 :

  1. Faites connaissance avec Ripley, l’unité secrète de Uber.
  2. Youtube révise ses conditions de monétisation
  3. Facebook change son algorithme…comme promis
  4. La diversité favorise l’innovation…comme par hasard
  5. Conférence sur le futur : Paris-Talks & Futur.e.s
  6. L’app de la semaine : Yuka, pour savoir ce que vous mangez
  7. Le livre de la semaine : 99 idées pour trouver des idées
  8. Tendance de la Convergence avec CURVE

En bref cette semaine

innovation weekly 13 benjamin chaminade

UBER

Bloomberg a révélé que lorsque les autorités viennent faire une enquête ou perquisitionner dans un bureau de Uber, le manager peut appeler un numéro spécial qui permet de joindre une unité spéciale située à san Francisco qui peut crypter les données et changer les mots de passe à distance, empêchant toute personne – salarié compris – de pouvoir se connecter aux bureaux de la filiale perquisitionnée.
Ce programme appelé Ripley – comme dans aliens « Nuke the entire site from orbit. It’s the only way to be sure » a été utilisé au moins 24 fois entre 2015 et 2016.
En 2016, ils ont également réfléchi à un logiciel appelé ulocker qui présenterait une fausse page login à destination des curieux et de la police.
innovation weekly 13 benjamin chaminade

YOUTUBE

Suite à l’affaire Paul Logan qui a filmé et mis en ligne une vidéo de lui avec le corps d’un pendu dans la foret des suicides au japon et qui a mis en émoi la youtubesphere (et apporté au moins 40 000 nouveaux abonnés à cet abruti) Youtube a reserré les conditions pour monétiser ses vidéos.
Désormais il faut 1000 abonnés, et 4 heures de temps de vue sur 1 an.
En parallèle, ils ont lancé une campagne de recrutement de 10 000 personnes pour identifier plus rapidement les débordements.
innovation weekly 13 benjamin chaminade

FACEBOOK

Suite à la vidéo de la semaine dernière : Zuckerberg a annoncé que l’algorithme sélectionnant les infos apparaissant dans votre Timeline allait désormais privilégier ce qui a été partagé par vos amis et votre famille. Comme l’explique Mark Zuckerberg, qui est bien bavard en ce moment : Des recherches montrent que renforcer nos relations améliorent notre bien-être et notre bonheur.
Vous verrez donc moins de vidéo «Virale», moins de news des sites que vous avez pouce-bleu-tisé, moins de pub et on peut s’attendre à ce que les vidéos live seront privilégiées.
En contrepartie Zuckerberg s’attend à ce que «le temps passé sur Facebook et l’engagement vont diminuer»
> Cela risque aussi de renforcer la bulle dans laquelle Facebook nous met, rien ne viendra contrarier nos croyances en nous laissant entouré de ceux qui pensent la même chose que nous, renforçant notre réception à la pub.
> S’il y a moins de place pour placer de la pub dans les timelines, la portée des pubs va encore décroitre et donc coûter de plus en plus cher.
> En attendant, suite à cette annonce, le cours de l’action de Facebook a perdu 10 dollars, avec plus de 2,8 milliards d’actions en circulation calculez vous même…
Do Pro‐Diversity Policies Improve Corporate Innovation?

Diversité et innovation

Cette semaine une étude intitulée  “Do Pro-Diversity Policies Improve Corporate Innovation? » publiée par des chercheurs du college of management du college de l’état de Caroline du Nord , prouve une fois pour toute que la diversité dans l’entreprise est importante pour l’innovation
Ces chercheurs ont analysé les politiques de recrutement de  3000 enterprises américaines cotées en bourse entre 2001 et 2014 – il était temps de publier effectivement – pour voir si la diversité de la main d’oeuvre favorisait le développement de produits ou de services innovants.
Pour mesurer le degré de diversité d’une entreprise, ils ont utilisé 9 données parmi lesquelles : est-ce que le CEO est une femme ou issue d’une minorité ? Est ce qu’ils promeuvent la diversité ? Ont-ils une politique positive pour les LGTB comme par exemple en incluant la/le partenaire dans la mutuelle ? Ont-ils un programme de recrutement de personnes handicapées ?
Ils ont ensuite comparé ces politiques de diversité avec le nombre de dépot de brevet ou d’annonces de nouveaux produit en pondérant ce chiffre à la taille de l’entreprise.
Maintenant n’y a t’il pas un mélange entre corrélation et causalité ? En d’autres mots, est-ce que ces entreprises sont plus innovantes grâce à la diversité ou est-ce que parce quelles sont innovantes…elles attirent plus de CV issus de la diversité ? Les gens qui vivent près des pylones à haute tension sont plus souvent malade. Les gens habitants près de pylones sont aussi les plus pauvres. Alors, pourquoi sont ils malades ? A cause des pylones ou parce qu’ils n’ont pas accès à la médecine ?
Pour les chercheurs l’équation Diversité = plus d’innovation a au moins 2 raisons.
> Des équipes diverses ont une plus large palette d’expériences et d’intérêts qui permettent de mieux comprendre les clients et d’avoir des idées plus originales
> Les entreprise de la diversité attirent plus de talents variés qui savent que leur couleur, sexe, religion etc. n’aura pas d’impact sur leur candidature .
Je suis un peu sceptique bien sure car ils ont une vision super réduite de l’innovation qu’ils réduisent au nombre de brevets ou à la quantité de produits lancés alors que les innovations actuelles concernent autant les business models que les produits !
innovation weekly conférence sur le futur Paris Talks

Les événements de la semaine

Conférence sur le futur 1 : Paris talks

Une conférence sur le futur d’une journée à la mode TED montés par des expatriés sur le thème de l’avenir
C’est le lundi 26 mars, c’est au Théatre de la porte saint martin et c’est en anglais.
Les billets sont en vente à 50€ et je pense que j’irai y faire un tour.
Innovation weekly conférence sur le futur Futur.e.s festival

Conférence s ur le futur 2 : Futur.e.s

Jusqu’au 22 janvier minuit vous pouvez encore proposer votre candidature si vous avez un projet qui entre dans l’une de ces 5 catégories
  • L’imaginaire, forge du futur : art et industries créatives
  • Le temps et l’espace : nouveaux territoires
  • Rewriting life : corps, nature et technologie
  • Vivre et travailler avec l’IA
  • Kids revolution : talents, éducation, créativité
Les 40 projets numériques les plus innovants seront sélectionnés pour être exposé à la halle de la Vilette du 21 au 23 juin dans le cadre de futur en seine et vous pourrez présenter votre innovation à des investisseurs et industriels. Pour vous inscrire
99 idées éditions Eyrolles - benjamin chaminade

LE LIVRE DE LA SEMAINE

En parlant de conférence sur le futur, j’ai rapidement parcouru 99 idées pour trouver des idées tout seul, à deux ou à plusieurs de Guy Aznar et Anne Bléas.
Je pense que ce bouquin va se retrouver dans toutes les bibliothèques de créatifs à coté de Gamestorming et des 6 chapeaux car Aznar et Bléas ont condensé des méthodes de créativité les plus connues comme le pre-mortem ou le QQOQCCP.
Chaque chapitre est clair et divisé en sous rubriques : comment procéder, exempleet un peu d’explication dans une rubrique «Le saviez-vous»
Je vous invite à lire le livre en commencant par la fin – le chapitre 4 ou ils présensent les 3 temps du processus créatif :
La divergence : pour s’éloigner du problème  et se mettre en condition créative en vous mettant à la place d’un enfant ou en utilisant des analogies
L’émergence : les techniques de production d’idées avec les matrices de connexion forcées ou l’arbre à idée
La convergence : pour rassembler les idées obtenues et concevoir un plan d’action en critiquant, sélectionnant et rassemblant les idées pour les réaliser.

TENDANCE DE LA SEMAINE

Je vous assure que je ne l’ai pas fait exprès pour la transition mais la tendance de cette semaine est la CONVERGENCE.
Il s’agit de la fusion de plusieurs technologies en une seule (Couteau suisse, iphone photocopieur scanner) ou de l’intégration discrète de la technologie dans nos vies (alertes de circulation avant un rendez-vous, objets connectés, assistants vocaux qui permettent de passer une commande ou réduire la clarté d’une ampoule connectée).
C’est aussi par exemple Solarcity qui fait converger la création d’électricité via les tuiles / panneaux solaires, la collecte avec le Powerwall et en facilite son utilisation dans une voiture électrique. conférence sur le futur
Ces 2 types de convergences amènent à la création d’écosystèmes.
Mais il y a une autre convergence qui arrive : la convergence comme évolution naturelle de la disruption. Si vous suivez le petit monde des startups en ce moment, nous vivons une époque qui n’est pas sans rappeler au choix le far-west (avec la conquète de nouveau territoire) ou la révolution industrielle (où tout le monde copie tout le monde en cherchant à proposer la meilleur qualité au meilleur prix).
Ces disruptions amènent à une fragmentation du marché avec des offres plus ou moins similaires.
Le principe de convergence est utilsé par des plus malins qui plutôt que de créer des services de toutes pièces cherchent à rassembler ce qui existe déjà en utilisant un autre terme qui est aussi une tendance : la SIMPLICITE .
Regardez comme exemple l’offre d’app qui mesure votre usage de votre mobile pour vous aider à la déconnection – vous avez Moment, off the grid ou realizD.
C’est le lancement de Curve au grand public cette semaine qui me fait penser à cette tendance car le service de cette startup de la Fintech londonienne utilise la Convergence pour vous offrir de connecter toutes vos cartes de crédit dans une application et une carte unique.
C’est à dire qu’une fois l’application installée et les cartes reliées à celle-ci vous pouvez, grace à l’application, choisir sur quels comptes seront débités les achat fait avec votre carte Curve.
Si jamais vous avez fait un achat sur la mauvaise carte vous avez 2 semaines pour changer d’avis et faire débiter l’achat sur un autre compte.  Curve propose aussi de désactiver la carte avec un bouton, des frais bancaire à l’étranger moins élevé qu’une banque habituelle.

Benjamin Chaminade est entrepreneur et conférencier en culture de l’innovation, RH, tendances, management de l’innovation, innovation managériale, VUCA, Intergenerationnel et avenir du travail. conférence sur le futur

Innovation radicale ou innovation disruptive ?

Innovation radicale, innovation disruptive ou disruption… Sujets dont les entrepreneurs aiment à parler en y apportant leur propre définition à défaut d’en avoir compris les enjeux. Autant vous dire que J’aime autant utiliser ce mot que mettre la langue sur les 2 poles d’une pile.

Pourtant, la disruption (ou l’innovation disruptive) peuvent apporter de grandes idées, comme Hillary Clinton – lorsqu’elle était encore candidate – qui avait lancé un appel aux «grands dirsupteurs» de la silicon valley pour « disrupter » Daech…

En fait, quand on parle de disruption, il y a 2 approches qui se complètent : la disruption version Jean-Marie Dru et de l’autre l’innovation disruptive version Clayton Christensen.

disruption ou innovation radicale
Disruption est un mot déposé en 1992 par Jean-Marie Dru alors président de TBWA.
D’ailleurs, il publie régulièrement des articles (me concernant il me l’a été rappelé par email…) pour rappeler au monde que c’est lui le patron sur le sujet. Le terme de disruption faisant partie d’une méthode de créativité interne appelée « Distruptive Days » qui se construit sur l’identification des conventions pour ensuite les challenger avec des questions de type « What if? ».
Ex : tout le monde propose des formations en salle pour 800€/jour -> Et si nous rendions la salle virtuelle en dispensant les formation par vidéo ? Et si la formation était gratuite ? Et si la formation faisait 3 km de long ?
Cette approche devait être révolutionnaire il a 20 ans, avant que le terme de disruption et la méthode deviennent aussi utilisés que les cartes d’empathie, les pre-mortem ou les SWOT.
Pour J-M.Dru, la disruption désigne à la fois une rupture avec le passé, un saut par rapport au présent et une vision de l’avenir.
C’est une discipline qui consiste à bousculer et à transgresser les conventions établies après les avoir identifier.
Disruption ou innovation disruptive
De l’autre vous avez la version beaucoup plus connue de la disruption via une technologie disruptive.
Il s’agit d’une approche économique qui elle provient d’un article de Joseph Bower et Clayton Christensen publié dans HBR en 1995 est ensuite devenu un best seller mondial. Ce qui apporte de la confusion avec le terme déposé 3 ans plus tôt par J-M. Dru.
Selon cette théorie, vous avez des incubants qui sont leaders de leur marché mais qui à force d’amélioration continue proposent des produits chers et complexes. L’innovation disruptive advient quand une entreprise utilise une nouvelle technologie pour proposer un produit moins cher et plus simple à la partie du marché qui n’intéresse pas les incubants.
Cette approche a depuis été successivement décriée puis amendée par itération car l’approche est très restrictive de ce qu’est une technologie disruptive. Après tout les business models aussi sont disruptifs.

En plus, ce type d’innovation serait moins fréquente qu’on pourrait le croire. Selon Andrew King et Baljir Baatartogtokh qui ont repris 77 cas d’innovations présentées comme disruptives par Clayton Christensen et en s’appuyant sur le critères énoncés par le professeur, ils sont arrivés à la conclusion que seulement 9% des cas répondaient à ces critères.

Je récapitule :
D’un coté une méthodo déposée pour des boites qui ont les moyens et de l’autre une approche qui a donné la croyance à beaucoup de petites boites qu’à la condiiton de s’appeler startup elles avait une chance de « disrupter » leur marché.
Pour ceux qui n’ont pas assisté à mes conférences, je vous vends la mèche : j’ai agrégé les 2 approches en proposant un modèle d’innovation reposant sur 4 stratégies :  Continue, Adjacente, Disruptive et radicale ainsi l’innovation radicale (Dru) intervient après l’innovation disruptive (Christensen)

Comment choisir un conférencier en innovation ?

conférencier innovation

Comment choisir le bon conférencier innovation quand l’avenir de votre entreprise pourrait être dans la balance* ? 

Voici quelques pensées provenant de mon expérience issue de mes rencontres avec animateurs, journalistes, organisateurs d’événements, responsables d’agences de com, dirigeants ou directeurs de la com, des RH ou des ventes.

Tous se posent la même question : Comment être sur que nous allons choisir sur le bon expert ou conférencier innovation ? Un conférencier qui nous aidera à prendre de la hauteur, nous apportera de la valeur, nous montrera les premières étapes à suivre et qui le fera de façon didactique / passionnante / inspirante et participative.

La question est légitime : Les prix des interventions augmentent d’année en année et il n’y a toujours pas de clause « Satisfait ou remboursé » dans le monde de la conférence.

Et c’est une bonne chose car parfois un intervenant doit déranger pour apporter de la valeur. On ne peut pas avoir de frites à tous les repas, il faut aussi passer par les haricots verts de temps en temps !

 

8 questions pour bien choisir votre conférencier innovation

Le conférencier** a-t’il une méthode reproductible et pas « un message » ?

Une présentation sur l’innovation ne doit pas se contenter d’être inspirante. Pour avoir des résultats tangibles, elle doit apporter une méthode à suivre qui puisse être utilisée rapidement par l’audience.
A moins que vous ne cherchiez à émuler une conférence TED, dans ce cas là bien sur, cherchez le message et la façon dont il est délivré.

Après l’intervention, vous devez avoir la motivation de changer, de créer, de collaborer – certes – mais vous devez aussi savoir par où commencer votre transformation.

 

Le conférencier partage-t’il ce qu’il a expérimenté ou seulement sa réussite ?

Souvenez-vous que l’audience se demandera « Comment puis-je appliquer ce qui est dit dans mon équipe ou dans mon entreprise ? »
Alors, une double médaille d’or, la découverte d’un vaccin ou la création de Facebook…c’est extraordinaire…mais compliqué à reproduire.

 

Est-ce que l’expert innovation est connu dans votre secteur économique ? 

Si vous cherchez l’innovation, le « Out of the box » comme disent les anglophones, choisissez un intervenant extérieur à votre secteur. Ce sera à vous d’identifier ce qui est transférable dans votre secteur selon votre culture d’entreprise.

Que cela ne vous empêche pas, lors de la préparation, de lui donner le vocabulaire métier et votre contexte pour que l’intervenant puisse préparer des passerelles entre son propos et les défis que vous devez relever en ce moment.

Oui, je sais, la transformation, la difficulté de recruter, les comportements des plus jeunes. Ces sujets sont intersectoriels et internationaux donc pas de panique.

 

Est-ce que le conférencier se prend (trop) au sérieux ?

Choisissez un conférencier innovation qui cherchera à comprendre votre organisation, sa culture, le parcours de ses dirigeants, les défis actuels et les valeurs partagées.

Si l’intervenant n’est pas là pour vous expliquer votre métier, il doit pourtant connaitre vos valeurs et votre vocabulaire métier pour vous montrer que, pour le temps d’une soirée, votre entreprise est son entreprise.

 

Est-ce que que l’intervenant a lui-même…innové ?

C’est stupide à dire mais à moins que vous ne cherchiez un cours sur l’état de l’art ou une méthode académique, sélectionnez un conférencier qui a mis les mains dans le cambouis pour de vrai, qui en a tiré des histoires, des conseils, des échecs et beaucoup de sagesse.

 

Est-ce que le conférencier innovation sait utiliser les outils actuels ?

Je parle ici des réseaux sociaux. Les conférenciers sont aussi des médias. Il porte peut-être une cravate mais dispose t’il d’un blog un minimum achalandé ou une page « overblog » montrant sont décalage ? A-t’il des vidéos de lui en conférence ou est-il trop inquiet de se faire plagier ?

A-til une chaine Youtube, un Podcast, un compte Twitter, une page Facebook. Voir, soyons fou, un compte Instagram ou Snapshat ? Il ne s’agit pas de juger son expertise en I.T. mais simplement de connaître son adaptation au monde qui nous entoure. Nous parlons d’innovation après tout !

Est-ce que les exemples utilisés par l’expert sont utiles, adaptés et récents ?

S’il existait un bingo des conférences en innovations il y a des mots que l’on pourrait mettre immédiatement : Transformation, apple, Kodak, big-data, quick-win, disruption. Je m’arrête là. Mais au delà de ces mots un peu usés, est-ce que votre conférencier utilise des exemples :
> Usés voir dépassés comme Steve jobs, Kodak, Polaroid ou Nokia ?
> Attendus comme Apple, Tesla, Nespresso ou Pixar ?
> Faux comme la citation de Ford « Si je demandais à mes clients ce qu’ils voulaient ils me répondraient un cheval plus rapide » qui n’a jamais dit ça ou qui vous cite le programme des 20% de Google qui permet aux salariés de passer 20% de leur temps à réfléchir à des projets…et qui n’est plus d’actualité depuis 2011.

 

Est-ce que ses slides sont « présentables » ?

Je mets ça à la fin car ce point est moins important. Enfin, moins important jusqu’au moment vous serez assis pendant 45 ou 90 mn pour vous taper des slides de bullet-point avec un type qui vous tourne le dos pour les lire (oui, ça existe encore.)

 

* Bon, peut-être pas, mais au moins la qualité de l’événement que vous organisez.
** je m’excuse platement de n’utiliser que le masculin mais je cherche la facilité de lecture et  malheureusement 99% des intervenants en innovation sont des hommes.

 

Benjamin Chaminade est entrepreneur et conférencier en culture de l’innovation, RH, tendances, management de l’innovation, innovation managériale, VUCA, Intergenerationnel et avenir du travail.

Co-construire une conférence avec 400 personnes

Comment sortir des standards habituels des conférences selon lesquels « L’expert parle, l’audience écoute » ?

Voici comment j’adapte mes interventions à l’expérience et aux attentes de l’audience au lieu de les enfermer dans un déroulé linaire de slides.

Le constat

C’est juste une évidence, les clients ne demandent plus seulement une « expertise » mais désormais il veulent également un « format » de conférence qui devient de plus en plus courts et de plus en plus « interactifs ».

Il n’y a pas de raison unique à cette demande croissante, je pense que vous pouvez piocher dans cette liste :
a) Ils ont été déjà pris en otage par une intervention chiante et interminable
b) Ils ont découvert récemment le format TED et trouvent ça moderne
c) Ils ont le temps d’attention d’un poisson rouge (ou vert ou bleu)
d) Ils cherchent un « intervenant intermède » qui égaie l’assistance entre la présentation des résultats trimestriel et le groupe de travail sur la concurrence chinoise (ou entre la poire et le dessert)
e) All of the above

On veut du court, on veut du spectacle, on veut du fond, on veut l’expert à la mode, mais surtout on ne veut pas se faire ch..

Les conférenciers professionnels…

Je ne parle pas ici de ceux et celles qui ont parlé devant l’amicale des anciens élèves de leur école ou qui ont fait une présentation devant leur directeur des ventes. Je parle des pros qui gagnent une partie non négligeable de leur salaire avec leurs interventions.

Je ne parle pas ici des « experts minutes » – ces généralistes (voir opportunistes) qui animent une intervention sur un sujet pour une seule représentation – et qui sont en train de disparaitre pour être remplacés par des conférenciers-experts qui traitent de très peu de sujets mais qu’ils connaissent à fond depuis longtemps.

Les clients privilégient aujourd’hui ces experts qui ne parlent que d’un sujet et d’un seul ! Ce qui rend de plus en plus compliqué de vendre une multi-expertise. Ça ne m’arrange pas du tout mais c’est comme ça.

Bref revenons au sujet. La scène appartient désormais à ces conférenciers professionnels qui respirent leur sujet à force de pratique et d’expérience. Ils maitrisent tellement leur sujet que – même si ça n’empêche pas le coup au coeur avant de se lancer – ne se mettent plus en danger et suivent leur petit train train habituel avec leurs slides en guise de rails.

Leur présentation est bien ficelée, leurs blagues bien ajustées et leurs réponses aux questions bien calibrées. Aucun problème bien sur, sauf que si vous assistez à plusieurs interventions du même expert, et bien…c’est la même chose. Je pense à luc Ferry, Jacques Attali, bref, les stars que vous pouvez être amené à écouter plusieurs fois.

Bien sur que j’admire ces experts mais cependant 2 choses me chiffonnent :
> Où est le challenge intellectuel de répéter la même chose quand on est pas un acteur (Cf l’intervention de David Bitton à Creative-Day).
> Et comment faire quand on est incapable de répéter la même chose. Je pense notamment à mon souci d’iconoclaste dont j’ai eu la chance de parler pour la première fois en public sur la scène de TEDxAlsace. Bon, ce n’est pas une condition médicale, n’exagérons pas.

Mon expérimentation

J’expérimente désormais la co-construction de mes conférences avec l’audience jusqu’à 500 personnes (pour l’instant) à la condition d’avoir 45mn d’intervention minimum.

L’idée/le challenge est de rester en déséquilibre sur des sujets que je maîtrise et de me rapprocher du format d’intervention qui sera demandé le jour où les clients seront sortis de leur phase TED :  Les interventions majoritairement en Q&A !! Ce qui explique pourquoi je réalise de plus en plus de vidéos en mode Q&A pour répondre aux questions de ma communauté.

Nous n’en sommes pas encore là car nous avons en France une approche encore trop scolaire de la conférence, mais je vous promets, nous y arrivons. Les clients commencent à comprendre qu’il a beaucoup plus de valeurs à capter en demandant aux intervenants de répondre à leurs questions et à leurs inquiétudes qu’à les écouter comme des veaux !

Ce jour là,  il se passera 2 choses :
> Le ménage : Les mauvais, les plagiaires et les fumistes vont dégager violemment.
> L’inflation : Les honoraires des bons vont augmenter radicalement.

 

Comment faire ?

 

1 – Construire les slides – Beaucoup de slides

Dans l’attente du jour où les conférenciers seront devenus des maitres es-storytelling (Pensée à Michael Aguilar) les clients aiment beaucoup les slides (surtout les slides beaux et cohérents  !) .

Pour cette partie, il faut connaître les clichés les plus populaires sur le sujet que vous traitez, les questions qui vous sont les plus souvent posées et les croyances les plus solidement ancrées. Pas compliqué si vous êtes un pro de votre domaine.

Prenons quelques exemples :
> Concernant l’avenir du travail : Il y a de plus en plus d’indépendants (n’importe quoi)
> Concernant le management : L’entreprise libérée est l’avenir de l’entreprise (et ben voyons)
> Concernant l’innovation : Il faut être disruptif (ok, mais d’abord savez-vous ce que cela signifie ?)

Pour chaque question, cliché ou croyance identifiée : hop, un slide (Beau et cohérent)

Digression : Je parle de cohérence en référence à ces conférenciers qui ont certes compris qu’il fallait mettre des photos au lieu de textes ou de bullet-point mais qui n’ont pas encore compris que ces photos devaient avoir une cohérence entres-elles tout au long de l’intervention. Vous racontez une histoire,  vous ne tricotez pas une couverture en patchwork au coin du feu !

B.a.-ba de la profession mais je le rappelle quand même : Pour chaque cliché ou croyance identifiée : Un chiffre et une histoire vécue. Lorsque dans les étapes suivantes, vous allez engager le public dans une conversation, les slides prouveront que vous avez bucher votre sujet mais il vous restera à détromper les croyances de votre audience sans doute néophyte et compléter leurs propos avec des faits solides et des histoires biens racontées !

 

2 – Ne pas se présenter comme expert mais comme praticien

Les experts auto-proclamés ont vécus, vive les témoins, les curieux et bien sur, les praticiens du quotidien !

Ça fait quelques années que j’ai quitté la posture d’expert et que je contredis ceux qui me présentent comme tel. Regardez-la vidéo ci-dessus. Je remercie la journaliste qui m’a présenté comme expert avant de préciser que je suis un témoin, issu du rang, qui n’a que pour seul avantage d’avoir pris le temps de me poser.

Sous entendu : Ce que je vais vous dire, vous l’auriez trouvé vous même si vous n’étiez pas pris par votre quotidien.

Cela va sans dire, ce sont les histoires que vous allez raconter lors de votre conversation avec le public qui vont établir que vous êtes un praticien si ces exemples sont issus de votre pratique ou un témoin si vous présentez un sujet de façon transversale en utilisant des exemples d’entreprises que vous ne connaissez que par la presse.

 

3 – Mettre l’audience en condition

Nous avons été mal éduqués, si nous allons en conférence c’est d’abord pour écouter, comme en classe ou comme au spectacle. Ce qui explique d’une salle « se travaille » et c’est au conférencier de mettre chaque membre de l’audience dans l’état d’esprit de participant actif et pas de légume.

A moins que vous n’interveniez sur un sujet qui fait polémique ou que vous n’ayez pas préparé une question « clivante » comme par exemple : « Que pensez-vous des jeunes de maintenant ? » vous devez vous attendre à vivre un petit moment de solitude. Remarquez comment je rebondis dans la vidéo ci-dessus à 2m38s devant l’absence de réactivité de l’audience :

1> Je laisse le choix à l’audience de rester dans la posture de spectateur. En mettant un peu de pression dans le ton quand même..
2 > Je propose une alternative : Notez ce qui vous étonne dans ce qui va suivre et notez ce qui vous inspire et que vous pourrez transformer en action à mener.

Avec l’expérience j’ai une liste de 2/3 questions qui fonctionnent pas mal pour lancer un débat. J’ai hâte que vous assistiez à une de mes interventions pour les découvrir 😉

N’oubliez pas que la première question ou le premier témoignage est le plus difficile à obtenir. C’est comme une soirée ennuyeuse : Une fois le premier invité sur le départ, tout le monde suit.

 

4 – Faire participer l’audience

Oui faire participer l’audience ! Je vous assure que c’est là que l’on reconnait les conférenciers de talents : ils n’ont pas peur de parler à leur audience, ils sont impatients d’arriver au moment de Q&A de leur intervention, au point parfois de rester au buffet qui suit pour continuer la conversation  !

Bref, mettons que vous avez posé la bonne question et que le micro commence à circuler dans la salle, c’est à vous de jouer :

> Laissez le temps aux personnes de s’exprimer et ne leur coupez pas la parole même s’ils disent des énormités ou sont hors-sujet. Quelque chose que j’ai remarqué est que très souvent les premiers témoignages ou premières questions sont les plus réfléchies et les pertinentes. Passé la 4e ou 5e intervention par contre ça peut parfois tomber dans le grand n’importe quoi du hors sujet total, jusqu’aux questions incompréhensibles en passant par le « je te raconte ma vie » parce que je le vaux bien.
> Remerciez ceux qui apportent un témoignage en leur posant éventuellement une question dont la réponse vous paraîtra utile au reste de l’audience (ou qui vous permettra de capter du vocabulaire technique si vous n’avez pas buché votre audience).
> Et bien sur, sélectionnez à la volée le slide qui correspond au témoignage qui vous a été donné pour rebondir et – toujours en regardant la personne qui est intervenue – compléter le propos, détromper la personne avec des chiffres si besoin et raconter votre histoire, fait ou connaissance sur ce témoignage.

Et je réalise en écrivant ces lignes que si vous utilisez des slides (ce que je déconseille si vous ne maitrisez pas le Storytelling, Contactez d’urgence Thierry Croix si c’est le cas) il va vous valoir vous équiper avec une app de présentation qui vous permette de sélectionnez les slides de façon non linéaire. Si vous êtes sur Mac, Keynote est bien sur incontournable, si vous êtes sur PC j’admire votre coté underground mais je ne peux pas vous aider.

5 – Avez-vous des questions ?

Benjamin Chaminade est entrepreneur et conférencier en culture de l’innovation, RH, en management de l’innovation, innovation managériale, Intergenerationnel et sur l’avenir du travail et de l’entreprise.