Peut-on devenir « Expert en innovation » ?

Après avoir émis des doutes sur le fait d’accoler les mots « expert » et « innovation » ensemble, peut-on devenir expert en innovation ? Es-tce une question de personnalité, de formation ou de parcours ? 

 

Expert en innovation, un état d’esprit différent et non une “expertise”

Les idées innovantes viennent de partout, ok, super, mais ne viennent-elles pas d’abord de personnes curieuses, qui s’intéressent aux autres et qui sont capables de relier plusieurs domaines de connaissances? Des personnes qui n’ont pas peur de la hiérarchie, de ce que pensent les autres et qui se fichent de la réalité comme de le leur premier stylo bille 4 couleurs ? A votre avis, trouverez-vous des informations sur la capacité d’innover, d’être créatif et curieux dans un CV ou dans un profil Linkedin ? 
 
C’est le moment de vous demander ce que vous cherchez ou attendez d’un intervenant en innovation : Des experts au diplôme rassurant qui vous citeront de belles histoires mettant en scène Steve Jobs, Dyson ou l’entreprise Favi et que tout le monde peut trouver en 5 minutes de recherche sur le net ? Des experts vous expliquant que la construction de Notre Dame a demandé plus de 1000 innovations ? (Pas très utilise sauf si vous souhaitez construire une cathédrale bien sur).
Pensez-vous que ce sont des compétences, de l’expérience, des diplômes et des histoires qui vous aideront ? Où pensez-vous que ce sont des expérimentations et une façon de voir le monde différentes de la votre (avec des pieds solidement ancré dans la réalité de votre entreprise) ?

 

Des innovations personnelles

Je n’irai pas jusqu’à vous dire de vous méfier des consultants en innovation qui portent une cravate et une chemise bleue mais tout de même…Comment être capable d’oser, d’inventer, de se mettre un minimum en danger et de défier ce foutu “status quo” (terme utilisé à tout va par les anglo-saxons) si c’est pour recevoir un expert en innovation qui s’habille…comme vous.Bien sur, l’habit ne fait pas le moins, mais n’empêche, il donne tout de même une très bonne indication de qui nous avons à faire. Dès que l’on parle innovation, dépassées votre attende de similitude rassurante et intéressez-vous aux innovations personnelles de celui que vous jugez être un expert en innovation*. Est-ce qu’elle ou il – selon l’expression anglaise – “Walk the talk”?

Qu’a t’il inventé dans son activité et quel risque a t’il prit qui le crédibilise dans l’innovation?

Prenons un exemple que j’aime beaucoup : L’équipe de Trendemic. Trendemic a été créé suite à la création de deux entreprises précédentes :
○  InsideHR en Australie qui a détourné les codes du conseil, du recrutement et des Ressources humaines en 1)comprenant les valeurs de leurs clients et en proposant aux entreprises des candidats non sollicités qui disposaient de ces valeurs et 2)Considérer les candidats comme des stars en leur proposant d’être leur agent. 
○  Technoraid en France qui a transformé l’expérience de la compétition en proposant une solution d’aventure “clé en main” et construit un véhicule de course en proposant notamment 1) des “applications” qui étaient installées en fonction des conditions de course APRES l’achat de la voiture à l’opposé des “options” qu’il faut commander à l’achat du véhicule 2) des mises à jours gratuites pendant 2 ans comme sur l’iphone dont le business model nous a inspiré. 

En clair, nous n’avions aucune idée que nous faisions de l’innovation ! Nous faisions juste des affaires de façon différentes de nos concurrents pour tenter de survivre. C’est lorsque les grabds constructeurs automobiles nous ont demandés comment nous avions conçu un véhicule performant en 6 mois, que nous avions compris que nous avions fait quelque chose de vraiment original et innovant. L’histoire de Trendemic débute par deux disruptions, celle du secteur du conseil celle de la construction automobile. Une réussite…et un échec. Oui, le 4X4 en 2010, innovant ou non, pas l’idée de l’année…

Portrait robot de l’expert en innovation

Une expérience de l’échec

Dans l’innovation, l’échec est aussi important que la réussite ! Méfiez-vous de l’expert qui vient vous raconter qu’il a permis a ses nombreux clients de trouver de nombreuses idées géniales. Creusez un peu. Avoir un compteurs d’idées à l’issu d’un brainstorming ne sert à rien. Combien de ces idées ont été réalisées en réalité et quel a été leur résultat économique ? Quand on fait appel a des consultants en général, il est toujours intéressant de leur demander de partager les échecs qu’ils ont vécus, leurs raisons, ce qu’il en ont appris et ce que cela a changé dans leurs pratiques pour éviter que ces échecs surviennent de nouveau…notamment chez vous.
 

L’expert en innovation n’a pas forcément 50 ans

Réflexion que j’ai reçu à plusieurs reprises de la part de membres d’une association connue pour le progrès du management : “Vous n’êtes pas un peu jeune pour intervenir?” Arrrrgh…et je suis poli. 
C’est vrai que l’âge rassure, surtout en France, et surtout si vous n’êtes pas dans le woueb ! Je ne vais pas faire dans la dentelle mais toute action de changement et d’innovation qui n’implique pas de jeunes salariés (en terme d’ancienneté et/ou en âge) a de forte chance de capoter.
Heureusement des innovations très sympas sont en cours, notamment chez Pernod-Ricard et leur « codir jeune« . Effet d’affiche ou vraie innovation…A suivre. Expert en innovation

 

L’expert en innovation ne va pas vous vendre un nombre d’idées garanti

Bon, il faut aussi reconnaître que ce sont les clients les premiers qui aiment qu’on leur dise qu’à la fin d’une séance de brainstorming ils auront un certain nombre d’idées. La plupart du temps c’est le chiffre de “200” qui est annoncé. Qu’est ce qui important ? Le nombre d’idées inscrites sur des Post-it ou l’autorisation que vous donnez aux participants d’oser donner leurs idées ? 

 

L’expert en innovation connaît vos valeurs et votre culture d’entreprise

Peu importe le type d’innovation que vous souhaitez mettre en place, toute personne travaillant avec vous doit commencer par comprendre qui vous êtes. Par exemple, lors de la sélection d’idées issues de vos rencontres créatives et autres brainstorming, le premier critère de sélection sera l’adéquation de ces idées à vos valeurs. Valeur et culture étant prioritaires aux autres moyens de sélection que sont universalité, coût, réalisme ou délai.

 

L’expert en innovation fait de vous la personne la plus intelligente de votre entreprise

En 1886, les britanniques William Gladstone et Benjamin Disraeli étaient en lice pour devenir premier ministre. En résumé, celui qui aurait le poste dirigerait le monde de l’époque. L’histoire – ou la légende – veut que la semaine précédente la nomination, ils invitèrent tous les deux la même femme journaliste à dîner. A l’issue de ces diners, la jeune femme aurait dit  “Avec Mr Gladstone j’ai pensé que je passais la soirée avec l’homme le plus intelligent d’Angleterre. Après mon dîner avec M. Disraeli j’ai pensé que j’étais la personne la plus intelligente d’Angleterre”. 
 
L’expert en innovation doit être un Disraeli ! L’expert doit guider son client sans direction déterminée à l’avance et l’aider à avoir les idées les plus géniales/rémunératrices grâce à sa méthode, tout en prévenant les écueils et autres dangers qui peuvent survenir sans jamais imposer son point de vu.
Oui, il doit avoir l’humilité de laisser penser à son client qu’il serait arrivé à mener son projet sans lui. C’est la base de ce qui s’appelle le “Naked Consulting” qui est décrit dans cet ouvrage vraiment génial….

Cet article sur l’expert en innovation a déjà été publié dans le blog de Trendemic

*Normalement, un expert en innovation ne se proclame jamais expert…

Définition de l’expert en innovation

Expert en Innovation ? Vous avez-dit expert en innovation ? Comment peut-on se prétendre expert en innovation alors que personne n’arrive à se mettre d’accord sur ce qu’est une innovation ? 

 

Innovation, un bon gros mot valise des familles

Définition de l’expert en innovation. Le mot innovation en lasse plus d’un. Le nombre de dirigeants du S&P 500 et du CAC 40 qui utilisent le mot innovation dans leur rapport annuel a doublé en 10 ans. Tout est devenu innovation. Le mot « Innovation » se vide de son sens à force d’être utilisé à tort et à travers par tous, pour tout et partout.
Ce qui nous amène à la question du moment : Pouvons-nous auto-déclarer des produits, pratiques, Business-Model etc.. comme innovant. Si c’est le cas, peut-on se déclarer « Expert en innovation » ?

Sérieusement, comment peut-on devenir expert dans un sujet aussi flou que l’innovation ? Un mot planche de salut dont les approches pullulent en ce moment, du Design Thinking au Business Model Canvas en passant par le Lean Start-up et Service Design ?

Certains aimeraient remplacer par d’autres mots comme imagination ou invention mais ça ne fonctionne pas. Innovation n’est pas un synonyme de ces mots. définition expert innovation

 

Définition du vocabulaire de l’innovation

Imagination : C’est avoir des idées sans cadre et sans direction particulière. C’est rêver à ce qui arriverait si… C’est divaguer lors d’un état de fatigue. L’imagination est personnelle et se fiche de la pesanteur et des lois de la physique en général.

Créativité : La créativité est un processus mental qui permet d’obtenir des idées nouvelles dans un cadre imposé et une direction donnée. Ce cadre pouvant être un brainstorming ou une contrainte de temps, légale, économique, etc. La créativité c’est donc mettre l’imagination dans un cadre.

Invention : Souvent une idée créative reste floue jusqu’à ce quelle entre dans la phase de test ou de proptotypage pour devenir alors une invention. Pensez Vinci, pensez Edison. L’invention fait entrer l’idée créative dans le monde physique alors que l’imagination et la créativité qui sont des processus mentaux. Contrairement à l’innovation – qui peut être une amélioration continue d’un produit/service/process qui existe déjà – une invention n’existait pas avant.

Innovation : Malgré la récupération de ce terme par la R&D, puis plus récemment par le monde du digital – notamment avec l’innovation week – l’innovation peut être décrite comme “un jugement a posteriori d’une idée mise en place”.
Quand votre invention est devenu un produit que vous vendez, un service que vous proposez ou un procédé que vous utilisez… Il ne s’agit peut être pas d’une innovation. Il deviendra innovant s’il change de façon nouvelle vos procédés de fabrication, les habitudes de consommation de vos clients.

On peut-être d’accord ou pas avec ces définitions de l’innovation mais ce sont les sens que l’on retrouve le plus en entreprise. définition expert innovation

 

Définition de l’expert en innovation

Une fois un minimum de définition posé, si vous souhaitiez créer la fiche de fonction d’un expert en innovation, vous obtiendriez cette liste :

○ Apporte des méthodes et outils pour faire émerger des idées des équipes
○ Résout ou participe à résoudre une difficulté technique liée à la mise en oeuvre d’un projet
○ Conseille en protection et financement d’une idée innovant ou d’un projet d’innovation
○ Réalise des tests et essais de projets innovants
○ Assiste à l’intégration d’un réseau d’entreprises innovantes
○ Conseille sur l’organisation de l’entreprise pour favoriser et soutenir l’innovation
○ Développe les compétence spécifiques pour mener à bien un projet d’innovation
○ Améliore les capacités de management de l’innovation des managers définition expert innovation
○ Favorise l’adption de l’innovation comme valeur et comme élément de la culture d’entreprise
○ Forme les managers à développer la créativité dans leurs équipes
○ Assiste dans les pratiques de benchmarking et la « cross-pollination »
○ Aide à concrétiser les idées en les transformant en projets

 

Peut-on devenir expert en innovation ou le devient-on ?

Pour résumer, un expert en innovation aide à reformuler un problème pour aider à le voir sous un autre angle et accompagne ses clients sur le chemin de la solution jusqu’à sa réalisation concrète. Et-ce que personne ne voit l’ironie de cette définition ?
C’est bien sur une bonne chose d’apporter de l’aide pour résoudre un problème mais…

1 – L’expert en innovation apporte des méthodes et outils pour aider à reformuler le problème et accompagner l’innovation. Il s’inspire d’exemples utilisés dans d’autres entreprises. Attention à ceux qui utilisent toujours les mêmes exemples de Dyson à Apple en passant par Google, 3M ou Ford et son cheval. Ne devrait-on donc pas les appeler plutôt « Experts en benchmarking » ou experts en pollinisation, pour utiliser un mot à la mode ? définition expert innovation
2 – Si  l’expert en innovation assiste les entreprises à innover, ne faudrait-il pas plutôt le qualifier « d’assistance créative » car…il n’innove pas lui-même au final. C’est son client qui innove et prend les risques.
3 – Si l’expert en innovation sert de maître d’oeuvre en orchestrant le travail des enquêteurs, designers, fabricants et commerciaux, n‘est-il pas simplement…un chef de projet ?

 

Et si on repensait la relation entre l’innovation et l’expertise ?

Traditionnellement, les problèmes que nous rencontrons, qu’ils soient physiques, psychologiques, économiques, organisationnels, etc. sont résolus par des experts en médecine, en économie, en réseaux sociaux, en recrutement, en tutti quanti. Bref des gens qui ont lu tout ce qu’il y avait à lire sur le sujet et rencontré (et résolu) tous les problèmes imaginables dans leur domaine de spécialité. Il est donc très légitime que dans notre époque troublée de transformation et de pression concurrentielle et fiscale de plus en plus étouffante, une économie stagnante et un environnement qui part en sucette nous cherchions des experts pour nous aider. définition expert innovation
 
Seulement voilà, une expertise est prouvée par un diplôme, des réussites et une expérience passée. Pourtant, le monde de l’innovation ne demande pas d’autre expertise que d’être ouvert au monde, pas d’autre diplôme que celui que vous avez et il y a de fortes chances que votre expérience vous serve d’avantage à éviter l’échec qu’à mener une réussite. En plus, n’importe qui peu venir de n’importe où vous donner de brillantes idées comme le prouve la popularité des plateformes d’innovation ouverte.
 
Finalement, et si vous n’avez pas besoin d’expertise en idées nouvelles, mais de curiosité en idées bizarres… 
 

Article déjà publié sur Trendemic, conseil en innovation stratégique

 

 

Co-construire une conférence avec 400 personnes

Comment sortir des standards habituels des conférences selon lesquels « L’expert parle, l’audience écoute » ?

Voici comment j’adapte mes interventions à l’expérience et aux attentes de l’audience au lieu de les enfermer dans un déroulé linaire de slides.

Le constat

C’est juste une évidence, les clients ne demandent plus seulement une « expertise » mais désormais il veulent également un « format » de conférence qui devient de plus en plus courts et de plus en plus « interactifs ».

Il n’y a pas de raison unique à cette demande croissante, je pense que vous pouvez piocher dans cette liste :
a) Ils ont été déjà pris en otage par une intervention chiante et interminable
b) Ils ont découvert récemment le format TED et trouvent ça moderne
c) Ils ont le temps d’attention d’un poisson rouge (ou vert ou bleu)
d) Ils cherchent un « intervenant intermède » qui égaie l’assistance entre la présentation des résultats trimestriel et le groupe de travail sur la concurrence chinoise (ou entre la poire et le dessert)
e) All of the above

On veut du court, on veut du spectacle, on veut du fond, on veut l’expert à la mode, mais surtout on ne veut pas se faire ch..

Les conférenciers professionnels…

Je ne parle pas ici de ceux et celles qui ont parlé devant l’amicale des anciens élèves de leur école ou qui ont fait une présentation devant leur directeur des ventes. Je parle des pros qui gagnent une partie non négligeable de leur salaire avec leurs interventions.

Je ne parle pas ici des « experts minutes » – ces généralistes (voir opportunistes) qui animent une intervention sur un sujet pour une seule représentation – et qui sont en train de disparaitre pour être remplacés par des conférenciers-experts qui traitent de très peu de sujets mais qu’ils connaissent à fond depuis longtemps.

Les clients privilégient aujourd’hui ces experts qui ne parlent que d’un sujet et d’un seul ! Ce qui rend de plus en plus compliqué de vendre une multi-expertise. Ça ne m’arrange pas du tout mais c’est comme ça.

Bref revenons au sujet. La scène appartient désormais à ces conférenciers professionnels qui respirent leur sujet à force de pratique et d’expérience. Ils maitrisent tellement leur sujet que – même si ça n’empêche pas le coup au coeur avant de se lancer – ne se mettent plus en danger et suivent leur petit train train habituel avec leurs slides en guise de rails.

Leur présentation est bien ficelée, leurs blagues bien ajustées et leurs réponses aux questions bien calibrées. Aucun problème bien sur, sauf que si vous assistez à plusieurs interventions du même expert, et bien…c’est la même chose. Je pense à luc Ferry, Jacques Attali, bref, les stars que vous pouvez être amené à écouter plusieurs fois.

Bien sur que j’admire ces experts mais cependant 2 choses me chiffonnent :
> Où est le challenge intellectuel de répéter la même chose quand on est pas un acteur (Cf l’intervention de David Bitton à Creative-Day).
> Et comment faire quand on est incapable de répéter la même chose. Je pense notamment à mon souci d’iconoclaste dont j’ai eu la chance de parler pour la première fois en public sur la scène de TEDxAlsace. Bon, ce n’est pas une condition médicale, n’exagérons pas.

Mon expérimentation

J’expérimente désormais la co-construction de mes conférences avec l’audience jusqu’à 500 personnes (pour l’instant) à la condition d’avoir 45mn d’intervention minimum.

L’idée/le challenge est de rester en déséquilibre sur des sujets que je maîtrise et de me rapprocher du format d’intervention qui sera demandé le jour où les clients seront sortis de leur phase TED :  Les interventions majoritairement en Q&A !! Ce qui explique pourquoi je réalise de plus en plus de vidéos en mode Q&A pour répondre aux questions de ma communauté.

Nous n’en sommes pas encore là car nous avons en France une approche encore trop scolaire de la conférence, mais je vous promets, nous y arrivons. Les clients commencent à comprendre qu’il a beaucoup plus de valeurs à capter en demandant aux intervenants de répondre à leurs questions et à leurs inquiétudes qu’à les écouter comme des veaux !

Ce jour là,  il se passera 2 choses :
> Le ménage : Les mauvais, les plagiaires et les fumistes vont dégager violemment.
> L’inflation : Les honoraires des bons vont augmenter radicalement.

 

Comment faire ?

 

1 – Construire les slides – Beaucoup de slides

Dans l’attente du jour où les conférenciers seront devenus des maitres es-storytelling (Pensée à Michael Aguilar) les clients aiment beaucoup les slides (surtout les slides beaux et cohérents  !) .

Pour cette partie, il faut connaître les clichés les plus populaires sur le sujet que vous traitez, les questions qui vous sont les plus souvent posées et les croyances les plus solidement ancrées. Pas compliqué si vous êtes un pro de votre domaine.

Prenons quelques exemples :
> Concernant l’avenir du travail : Il y a de plus en plus d’indépendants (n’importe quoi)
> Concernant le management : L’entreprise libérée est l’avenir de l’entreprise (et ben voyons)
> Concernant l’innovation : Il faut être disruptif (ok, mais d’abord savez-vous ce que cela signifie ?)

Pour chaque question, cliché ou croyance identifiée : hop, un slide (Beau et cohérent)

Digression : Je parle de cohérence en référence à ces conférenciers qui ont certes compris qu’il fallait mettre des photos au lieu de textes ou de bullet-point mais qui n’ont pas encore compris que ces photos devaient avoir une cohérence entres-elles tout au long de l’intervention. Vous racontez une histoire,  vous ne tricotez pas une couverture en patchwork au coin du feu !

B.a.-ba de la profession mais je le rappelle quand même : Pour chaque cliché ou croyance identifiée : Un chiffre et une histoire vécue. Lorsque dans les étapes suivantes, vous allez engager le public dans une conversation, les slides prouveront que vous avez bucher votre sujet mais il vous restera à détromper les croyances de votre audience sans doute néophyte et compléter leurs propos avec des faits solides et des histoires biens racontées !

 

2 – Ne pas se présenter comme expert mais comme praticien

Les experts auto-proclamés ont vécus, vive les témoins, les curieux et bien sur, les praticiens du quotidien !

Ça fait quelques années que j’ai quitté la posture d’expert et que je contredis ceux qui me présentent comme tel. Regardez-la vidéo ci-dessus. Je remercie la journaliste qui m’a présenté comme expert avant de préciser que je suis un témoin, issu du rang, qui n’a que pour seul avantage d’avoir pris le temps de me poser.

Sous entendu : Ce que je vais vous dire, vous l’auriez trouvé vous même si vous n’étiez pas pris par votre quotidien.

Cela va sans dire, ce sont les histoires que vous allez raconter lors de votre conversation avec le public qui vont établir que vous êtes un praticien si ces exemples sont issus de votre pratique ou un témoin si vous présentez un sujet de façon transversale en utilisant des exemples d’entreprises que vous ne connaissez que par la presse.

 

3 – Mettre l’audience en condition

Nous avons été mal éduqués, si nous allons en conférence c’est d’abord pour écouter, comme en classe ou comme au spectacle. Ce qui explique d’une salle « se travaille » et c’est au conférencier de mettre chaque membre de l’audience dans l’état d’esprit de participant actif et pas de légume.

A moins que vous n’interveniez sur un sujet qui fait polémique ou que vous n’ayez pas préparé une question « clivante » comme par exemple : « Que pensez-vous des jeunes de maintenant ? » vous devez vous attendre à vivre un petit moment de solitude. Remarquez comment je rebondis dans la vidéo ci-dessus à 2m38s devant l’absence de réactivité de l’audience :

1> Je laisse le choix à l’audience de rester dans la posture de spectateur. En mettant un peu de pression dans le ton quand même..
2 > Je propose une alternative : Notez ce qui vous étonne dans ce qui va suivre et notez ce qui vous inspire et que vous pourrez transformer en action à mener.

Avec l’expérience j’ai une liste de 2/3 questions qui fonctionnent pas mal pour lancer un débat. J’ai hâte que vous assistiez à une de mes interventions pour les découvrir 😉

N’oubliez pas que la première question ou le premier témoignage est le plus difficile à obtenir. C’est comme une soirée ennuyeuse : Une fois le premier invité sur le départ, tout le monde suit.

 

4 – Faire participer l’audience

Oui faire participer l’audience ! Je vous assure que c’est là que l’on reconnait les conférenciers de talents : ils n’ont pas peur de parler à leur audience, ils sont impatients d’arriver au moment de Q&A de leur intervention, au point parfois de rester au buffet qui suit pour continuer la conversation  !

Bref, mettons que vous avez posé la bonne question et que le micro commence à circuler dans la salle, c’est à vous de jouer :

> Laissez le temps aux personnes de s’exprimer et ne leur coupez pas la parole même s’ils disent des énormités ou sont hors-sujet. Quelque chose que j’ai remarqué est que très souvent les premiers témoignages ou premières questions sont les plus réfléchies et les pertinentes. Passé la 4e ou 5e intervention par contre ça peut parfois tomber dans le grand n’importe quoi du hors sujet total, jusqu’aux questions incompréhensibles en passant par le « je te raconte ma vie » parce que je le vaux bien.
> Remerciez ceux qui apportent un témoignage en leur posant éventuellement une question dont la réponse vous paraîtra utile au reste de l’audience (ou qui vous permettra de capter du vocabulaire technique si vous n’avez pas buché votre audience).
> Et bien sur, sélectionnez à la volée le slide qui correspond au témoignage qui vous a été donné pour rebondir et – toujours en regardant la personne qui est intervenue – compléter le propos, détromper la personne avec des chiffres si besoin et raconter votre histoire, fait ou connaissance sur ce témoignage.

Et je réalise en écrivant ces lignes que si vous utilisez des slides (ce que je déconseille si vous ne maitrisez pas le Storytelling, Contactez d’urgence Thierry Croix si c’est le cas) il va vous valoir vous équiper avec une app de présentation qui vous permette de sélectionnez les slides de façon non linéaire. Si vous êtes sur Mac, Keynote est bien sur incontournable, si vous êtes sur PC j’admire votre coté underground mais je ne peux pas vous aider.

5 – Avez-vous des questions ?

Benjamin Chaminade est entrepreneur et conférencier en culture de l’innovation, RH, en management de l’innovation, innovation managériale, Intergenerationnel et sur l’avenir du travail et de l’entreprise.

Conférence-Atelier Agrica en Visual thinking

Cette conférence-atelier a été divisée en 4 partie :

  1. Les profils créatifs -> Quel profil êtes-vous et comment pouvez vous participer à un Brainstorming ?
  2. L’innovation continue -> Comment collaborer avec ses clients pour préparer son avenir ? Quelles sont les valeurs de notre entreprise et comment faire pour les faire évoluer ?
  3. L’innovation Adjacente -> Quelles sont les grandes tendances technologiques, sociétales, etc qui touchent notre secteur économique ?
  4. L’innovation Disruptive -> Comment simplifier ou transformer notre offre ?

Conférence : le contexte avant tout !

 

Avant de vous lancer à corps perdu dans la création de vos slides – parce que vous n’imaginez pas d’autre façon de faire une intervention* – sachez qu’il y a plusieurs façons de présenter et que cela dépend du contexte de votre audience.

* ce qui démontre sans doute une certain manque de confiance en vous…

1 – Apprendre

Vous avez face à vous une audience qui cherche à apprendre ce que vous savez-faire, qui souhaite pouvoir utiliser la méthode que vous avez développé, la pratique que vous avez à partager, la démarche que vous … bref vous avez compris.

Mon habitude pour être sur de ne pas tomber à coté du sujet est simple : Faire travailler l’audience avant et pendant l’intervention !

Pour cela je leur demande de collecter les questions qu’ils peuvent avoir. Ce qui permet d’identifier le niveau de maturité de l’audience et d’adapter son speech de départ (qui donne un peu de contexte au début) et savoir comment me présenter (toujours adapter votre présentation à l’auditoire, n’oubliez jamais : légitimité = crédibilité)

Ensuite c’est simple, cela s’appelle un Q&A ! Je sais que c’est l’exercice le plus difficile de la profession mais c’est aussi le plus motivant : vous répondez à de vraies interrogations et ne faites pas défiler des slides jusqu’à épuisement de votre auditoire.

Par contre, le niveau de difficulté est ✭✭✭✭✭ car vous êtes sans aucun filet et il faudra parfois apprendre à dire « Je ne sais pas ».

2 – Subsidiaire 

Vous vous voyez en haut de l’affiche. Vous avez reçu la newsletter annonçant votre venue avec votre bio et votre bobine, votre biobine ? Vous pensez maintenant que vous allez être la star de la soirée.

Désolé pour vos chevilles mais dans ce contexte, vous n’êtes pas la star, vous êtes le moyen, voir l’outil.

L’objectif des organisateurs ici est d’avoir un maximum de monde à leur événement pour networker ensuite, présenter leur offre avant et montrer pendant qu’ils sont au top de ce qu’il se passe…puisqu’ils vous ont invité.

Certes, vous êtes sans doute connus, et dans ce cas « Good on you » comme nous disons en Australie. Vous avez donc été invité pour votre capacité à remplir la salle, votre expertise…à voir.

Maintenant, il y a de fortes chances que vous soyez le conférencier « à la mode » ou que plus simplement vous traitez d’un sujet dont on parle en ce moment. Alors ne vous emballez pas, c’est juste que votre heure est venue.

Le niveau de difficulté est de seulement ✭✭✭✭✭ car même si vous êtes nul cela donnera toujours un sujet de discussion pour le networking autour d’un verre qui aura lieu après votre intervention : « J’ai été déçu de cette intervention, qu’en pensez-vous Monsieur le préfet ?* ».

* « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

3 – Inspiration

Cette fois-ci, vous ne serez pas invité pour votre technique mais pour votre capacité à raconter votre parcours, la façon dont vous avez dépassé les obstacles et surtout votre capacité à rendre l’audience concernée par votre histoire qui devra, en sortant de votre intervention, mener une action donnée : Défoncer la concurrence ou oser prendre un risque quelconque.

Ici, le plus important n’est pas de faire de beaux slides ! C’est de savoir utiliser les règles du storytelling comme notamment la progression dramatique pour transférer une certaine charge émotionnelle sur votre audience. Pour cela, vous devrez présenter votre appel à l’aventure et garder l’audience captivée jusqu’à la résolution finale.

Le niveau de difficulté est ✭✭✭✭✭ pour des raison de technicité et de préparation. Trouver les justes anecdotes et le lien qui relie votre expérience avec le vécu de l’audience peut-être très difficile.

4 – Apprendre

Ce contexte est simple : Un nouveau mot à la mode se propage (Blockchain), une nouvelle tendance se dégage (expérience virtuelle) et vous avez été identifié comme expert du sujet parce que :

  • vous êtes vraiment un expert sur le sujet (vous n’êtes pas à l’abri)
  • ou plus simplement parce que vous avez écrit un article sur ce sujet.

Ici, le niveau de difficulté est ✭✭✭✭ parce que vous êtes face à une audience qui ne connait pas le sujet. Vous pourriez raconter n’importe quoi et vous en sortir sans problème.

Je ne donne pas de nom mais j’ai déjà vu des conférenciers présenter un contenu intégralement pompé d’un article traduit d’un site américain en allant jusqu’à récupérer les photos de l’article.

Ce sont des conférenciers «Slideshare».

Si vous ne savez pas ce qu’est Slideshare et que vous invitez des intervenants, je vous propose d’aller voir. Vite !

Dans ce type de contexte je vous invite à rapidement apprendre à dessiner, ou à «dessinouiller» plutôt pour présenter votre sujet à votre public.

Alors bien sur ces contextes peuvent s’additionner, surtout le n°2 qui est compatible avec tous les autres….