Disrupter l’activité de conférencier en innovation et disruption

Résumé d’un entretien avec un étudiant de l’Essec sur l’activité de conférencier.

En quoi consiste l’activité de conférencier ?

Je relève que vous avez choisi le terme « activité » et pas « métier ». N’étant pas universitaire, je pense que faire de cette activité un métier peut être professionnellement dangereux s vous n’êtes pas professeur.

Je détaillerai cette activité en 3 parties distinctes : 
La création : Le plus long et le plus douloureux. Pour éviter d’avoir une « réflexion powerpoint » dans laquelle votre pensée s’engouffre dans un tunnel de slides ou une « conférence image » dans laquelle votre réflexion s’adapte à des images et pas le contraire, je construis mes interventions sur papier. Une fois l’argumentation et les enchainements élaborés, je passe à la création des slides et des transitions. Pour vous donner une idée du temps passé, je passe 1 semaine de travail pour 30 minutes d’intervention et remplace 20% des slides de mes interventions les plus populaires chaque année.
Le Marketing : J’aime beaucoup la comparaison avec la musique. Une conférence est comme un album, il y a l’enregistrement et la scène. Pour trouver facilement des engagements, vous devez faire beaucoup de scène pour profiter du bouche à l’oreille. En résumé, plus vous faites de conférences…plus vous faites de conférences. Spécial shout-out à mes agents qui s’occupent de mes bookings.
L’animation. Evidemment la partie de la plus visible et gratifiante de l’activité de conférencier. C’est ce qui m’étonne le plus dans cette activité. Vous êtes seul* pour construire l’intervention, choisir les photos et les exemples puis sans transition vous vous retrouvez devant une audience. 
*Ce n’est plus le cas. j’ai une approche « label indépendant » de la conférence. C’est à dire qu’entre la construction de la conférence (je personnalise toujours mes interventions) et la présentation au client, elle est testée auprès de mes associés et partenaires.  

Combien de conférences donnez-vous par an ?

Compliquée cette question car elle dépend des années, de l’actualité, de la sortie d’un ouvrage, de l’intérêt des sujets…et des mois de Mai.

En moyenne, je dirai entre 80 et 120 conférences par an avec le record personnel de 5 conférences en une seule journée.

Qu’est ce qui vous différencie des autres intervenants 

Il y a quelques années ma réponse aurait été simple : J’ai été le premier à transformer des conférences en interventions équilibrant le fond et la forme avec des vidéos et des slides extrêmement travaillés comportant un minimum de mots, voir aucun. Depuis la publication du livre de Garr Reynolds « Presentation zen » et la démocratisation des TedX j’ai largement perdu cet avantage. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour tout ceux qui assistent à des conférences. Les présentations « Powerpoint bullet points » ont pratiquement disparues et ceux qui les utilisent encore ont soit plus de 60 ans ou font partie d’un conseil d’administration.  

Je garde cependant une petite longueur d’avance pour garder l’engagement d’une audience ayant de plus en plus de facilité à baisser la tête pour regarder leur smartphone et terminer leur niveau de Candy Crush. Ma différence est la mise en scène que j’utilise, les enchainements de slides, les photos utilisées, le nombre d’heures de répétition, la façon de m’habiller qui est lié au sujet que je présente. Mais aussi ma capacité à ne pas me prendre au sérieux (voir la vidéo ci-dessous) et à creuser les histoires que je raconte pour dépasser l’histoire que tout le monde connait par la bouche-à-oreille (non, le succès du post-it ne tient pas à l’erreur d’un ingénieur mais au travail d’un commercial, non Alexander Fleming n’est pas un bon exemple pour illustrer la serendipité, etc.) et surtout je n’invente pas les citations que j’utilise et je cite les noms de ceux qui m’inspirent. Ce qui semble se perdre.

J’ai également une approche un peu différente dans mon approche des concepts traités. La plupart des conférenciers deviennent connus pour un sujet précis (Michaël Aguilar pour la vente), pour une idée (Pascal Picq pour l’homo-numericus) ou pour une expérience (Philippe Croizon). Ce faisant, ils ont une approche verticale d’un sujet qu’ils approfondissent années après année qui peut les rendre définitivement bloqué dans leur domaine (comme certains acteurs). Emmanuelle D. par la génération Y, Laurent C. pour la négociation, Isaac G. par l’entreprise libérée. D’ailleurs, certains en manque de réinvention, se retrouvent à donner la même conférence qui est disponible sur youtube. On retrouve cette approche notamment chez les académiques qui sont obligés de se spécialiser ou dans les « intervenants slideshare » qui se renseignement sur le web pour passer pour des « experts. Pratique dénoncéé par Ghyslaine Villain de L’Oréal Luxe dans l’article du monde de mars 2019 « Éclaireurs ou boussoles, pourquoi les entreprises raffolent de ce conférenciers ?« .

De mon coté j’essaie d’avoir une approche horizontale de mes sujets. C’est à dire que je m’intéresse aux changements sociétaux en cours et identifie leurs effets sur l’entreprise. C’est la raison pour laquelle, alors que mon sujet est l’innovation, je traite aussi du coté humain (créativité, curiosité, empathie…), Managérial (bien-être, collaboration, engagement…), sociétal (VUCA, transformation, générations…), économique (attention, recommendation,…) etc… Ainsi j’identifie ce qui change et trouve des liens avec ce qu’il se passe en entreprise pour ne pas m’arrêter à la constatation facile (l’éducation nationale tue la créativité ou l’entreprise a perdu le sens) et proposer des solutions concrètes et adaptées à la taille des entreprises présentent dans l’audience. C’est ce que j’essaie de prouver avec mes chaines Youtube « Benjamin Chaminade » et « No one is innovant » ou mes Podcasts « Iconoclaste » et « Startup autopsy« .

Je suis aussi différent dans la nature des exemples que j’utilise. En fonction de l’audience, de son âge, de son secteur, de sa culture ou de son statut professionnel je vais utiliser des exemples qui parlent au dirigeant australien, au cinqua breton, à l’ouvrier malaisien et au grand public en commençant par les situations que j’ai vécu en encadrant plus de 1000 collaborateurs (pas tous en même temps hein) et 800 clients dans une tripotée de pays. 

Enfin, une autre différence est peut-être mon humilité. Je ne me présente pas comme un gourou mais comme un témoin. Voir parfois comme une victime qui a essuyé les plâtres avant tout le monde. Bref, je suis le plus humble des conférenciers que vous pouvez trouver sur le marché….Et de loin ! 🙂  

Quelle est votre audience habituelle ?

Il n’y a pas de « habituel ». Je suis intervenu devant des militaires, des ministres, des députés, des collégiens, des managers, des dirigeant.E.s, des chirurgiens, des infirmer.e.s, des ingénieurs, des sportifs, des syndicalistes et même quelques prêtres. De 5 à 5000 personnes.

A la réflexion, je peux sans doute classer les audiences en 2 types :

  1. Les conférences fermées qui rassemblent les collaborateurs de la même entreprise. Leurs métiers peuvent-être différents mais ils ont au moins la culture de leur entreprise, ou une responsabilité commune (le management notamment). L’audience la plus facile pour un intervenant car ils ont le même objectifs. 
  2. Les conférences ouvertes qui rassemblent des profils hétérogènes aux attentes et centres d’intérêts divers et variés. Cette audience est plus complexe car elle ne partage pas de culture commune, ne vit pas forcément les mêmes problèmes et n’a pas non plus la même maturité d’un sujet. Ce qui fait que dans la même salle on peut se retrouver avec des personnes qui découvrent le sujet, d’autres qui en sont à leur seconde conférence sur le sujet, des personnes qui sont là pour networker et d’autres pour avoir une réponse précise à un problème qui ne concerne qu’eux. 

Quel est votre style d’intervention ? 

En fait j’ai 4 styles d’interventions en fonction de la demande du client, du format et du temps alloué. Je vous invite à lire cet article ou voir la vidéo. 

  1. Mise à jour. Dans ce cas mon intervention se concentre sur des exemples très concrets et adaptés au quotidien de l’audience. Evidemment, j’aurai au préalable parlé à plusieurs membres de l’audience pour connaître leurs questions et mesurer leur niveau de maturité sur le sujet. Depuis deux ans j’expérimente aussi les « 90% Q&A » dans lesquels mon intervention consiste à répondre aux questions de l’audience après une courte intervention dont l’objectif est de déclencher les premières questions. 
  2. Animer un moment faible. C’est à dire que mon intervention précède une soirée, un lancement produit ou la présentation des chiffres de l’année. Bref, mon intervention n’est pas le point fort de la journée ou de la soirée. Dans ce cas, je propose un spectacle dans lequel j’emmène l’audience dans une histoire mettant en scène les parcours méconnus d’innovateurs ou le mien.
  3. Inspiration. Ici la base de mon intervention est mon parcours. Les obstacles rencontrés et les leçons apprises. 
  4. Compréhension. Il s’agit ici d’une intervention pour présenter un sujet qui est complètement nouveau à une audience. Dans ce cas là le mêle storytelling avec outils concrets et exemples d’entreprises. 

Startup Autopsy – première saison

Et voilà, comme promis la première saison de Startup Autopsy a été intégralement mise en ligne hier sur Anchor. Elle sera disponible sur itunes et googleplay très prochainement.

Revivez durant ces 6h30 d’écoute en 7 parties, l’incroyable histoire de la création d’uber qui a commencé comme un projet secondaire. 

Je remercie encore ceux qui ont participé à la mise en scène de certains événements de la création de l’entreprise avec par ordre d’apparition :

Julien Veyssier qui prête sa voix à Travis Kalanick
Guillaume Coudert : Mike Todd
Jérome Veil : Garrett Camp
Nina Howl: Melody McCloskey
Gui Testa : Jason Droedge
Francis Boyer : John Greathouse
Vincent Fraigneau : Ryan Graves
Yousseff Larbaoui : Edward Slinin

Vous pouvez aussi retrouver l’ensemble du texte du Podcast dans cet article

La saga des débuts de Uber

Avant de mettre en ligne cette série d’épisodes consacrés au débuts de startups connues sur ma nouvelle chaine de Podcast « Startup Autopsy » qui vient compléter « No one is innovant » et « iconoclaste« , je tenais à partager le texte des épisodes pour ceux qui préfèrent lire.

J’espère aussi avoir des retours des lecteurs qui identifieraient des erreurs dans mon storytelling

De 1998 à Los Angeles à fin 2011 à Paris, suivez pas à pas les aventures des 2 créateurs, Garrett Camp et Travis Kalanick. Des hauts et des bas passionnants dont il m’aura fallu six mois de travail pour conclure les recherches, les interviews et l’écriture.

Après 3 mois pour collecter, analyser et scénariser le contenu et 3 mois pour trouver des personnes pour jouer les scènettes et l’enregistrement des textes ça y est ! Voici les 7 épisodes de cette série consacrée à Uber. J’ai choisi d’arrêter ce podcast au moment où l’entreprise a finalement trouvé un business model stable et atteint une vitesse de croisière pour ouvrir les villes l’une après l’autre. 

Bonne lecture et/ou bonne écoute

 

Partie 1/7 – Culture startup et piratage de masse

Travis Kalanick rejoint ses camarades de UCLA pour créer Scour, le premier site d’échange de fichiers peer-to-peer pré-Napster. Les choses vont rapidement mal tourner… 

Partie 2/7 – Ouber ou Youber ?

Garrett Camp entre en scène. Il vendra la société créée pendant ses études avant de chercher un moyen plus simple de se déplacer dans San Francisco pour se rendre à ses rencards. 

Partie 3/7 — Le purgatoire de Kalanick 

Travis va passer 7 années difficiles avant de pouvoir vendre son entreprise à son tour, rencontrer Garrett et créer le « Jam Pad »…

Partie 4/7 — “One night in Paris” et autres Bullshits

Nous sommes à Paris en décembre 2008, Garrett et Travis se retrouvent à Paris pour assister à Leweb. Le mythe va pouvoir commencer  

Partie 5/7 —Levée de fonds pour toucher le fond

Les choses commencent à devenir sérieuses et en offrant un iphone avec abonnement aux chauffeurs, la petite équipe va devoir rapidement trouver des fonds pour continuer sa lente croissance.

Partie 6/7 —Les taxis contres attaquent

Vous vous en doutez bien. Les taxis, considérant que Uber est illégal, commence à remuer dans les brancards et fonds appels à la loi pour leur faire cesser leur activité

 

Partie 7/7 —Le Playbook de New-York

Uber commence à trouver sa vitesse de croisière avec l’ouverture de la première ville en dehors de San Francisco : New-York City. 

 

L’avenir du futur du travail de demain

Merci encore à Jean-Christophe Anna pour son invitation à participer à #rmsconf2018 à l’espace centquatre à Paris. #RMSconf, avec le hashtag, est un événement annuel qui rassemble les professionnels du recrutement, profession à laquelle j’ai appartenu. En Australie. Il y a une vie de ça. 

Mon intervention portait sur l’avenir du travail. Sujet très à la mode en ce moment. Entre les inquiets de l’automatisation et les hippies de la freelancisation, tout le monde a sa petite idée sur ce que l’avenir du travail nous réserve. Et tout le monde s’inquiète…

Si vous suivez ma série en épisodes sur Medium vous connaissez peut-être déjà l’histoire mais je souhaitais commencer mon intervention en faisant une visite historique des lieux. La halle du 104 est un lieu historique dans le monde des startups.

Il était une fois, à leweb 2008 

Nous sommes le 9 décembre 2008. Melody et Garrett accompagnés d’un ami, Travis, écoutent leur pote Gary Vaynerchuck être interviewé par Loic Lemeur. 
Melody travaille dans les médias et Garrett est salarié de Ebay après que sa société « StumbleUpon » ait été racheté par le site marchand pour la somme de 75 millions de dollars. Originaires de San Francisco ils vivaient alors dans des quartiers de San Francisco éloignés l’un de l’autre causant des problèmes logistiques lors de leur rencontres.
 
Pour Garrett la situation était claire : Il y avait trois possibilités pour se déplacer, tout en le faisant avec « style » comme il le dira : 
1. Avoir une voiture. Il s’était acheté une mercedes avec son argent une mais détestait conduire en ville. Donc non. 
2. Prendre un taxi. Mais l’organisation des taxis à l’époque était, hum, ben comme celle de Paris. Passons..
3. Recruter un chauffeur pour conduire sa voiture. 
 
L’entrepreneur en lui se dit qu’il y avait peut-être le moyen de mixer les possibilités 2. et 3. en achetant 10 mercedes dont on pourrait contacter les conducteurs grâce à une app. Génie ! Quand il en parla à Travis qui lui aussi était à l’époque salarié de la boite qui avait racheté sa startup, Travis lui répondit qu’il ferait mieux d’utiliser les chauffeurs de limousines qui n’ont pas de courses plutôt que de dépenser du pognon en bagnoles allemandes. 
 
Je pense que vous avez déjà compris que Garrett Camp et Travis Kalanick sont les co-fondateurs de l’entreprise qui les propulsera à la 48e place ex-aequo du classement Forbes des gens les plus riches du monde : UBER
futur du travail. Gary Vaynerchuck interviewé par Loic Lemeur. Dans l'assistance : Garrett Camp et Travis Kalanick de Uber
futur du travail, Travis Kalanick, Garrett Camp et Gary Vaynerchuck

L’avenir du travail est déjà là

La raison pour laquelle je vous parle de cette histoire est que lorsqu’il étaient assis au CentquatreParis, ces 2 types n’avaient pas du tout prévus qu’il allaient secouer l’économie mondiale, créer le mouvement de l’uberisation et mettre l’industrie du transport urbain à feu et à sang. 
 
Pourtant en 2008, tous les élément qui allaient créer ce séisme économique étaient là : L’iphone, l’app store, Google Maps et la Gig Economy. Simplement, à l’époque, nous ne pouvions pas en connecter les points. « Connecting the dots » comme le dit Vincent Avanzi interviewé dans mon «Podcast Iconoclaste».

En prenant une image, si Garrett et Travis étaient des peintres (ou des tagueurs vandales),  ils ne savaient pas encore à quoi allait ressembler le tableau final mais ils disposaient déjà d’un canvas et de la peinture pour le réaliser. 

 
C’est la même chose  pour le futur du travail. Personne ne sait à quoi il ressemblera vraiment, pourtant nous pouvons déjà en capter certains éléments aujourd’hui. Malheureusement, sans pouvoir actuellement distingués ceux qui seront importants de ceux qui ne le seront pas.
 
Prenons par exemple les vacances illimités proposées par certaines startup comme Netflix, Indeed ou Popchef depuis 3 ans. Présentées comme pratiques managériales innovantes elle sont aujourd’hui dénoncées comme manipulation et hypocrisie de la part des dirigeants qui tablent sur le fait que les employés eux-même n’oseront pas ou n’en auront pas l’occasion s’ils veulent atteindre leurs objectifs. 

Maintenantologue, pas futurologue

Le futur se constitue sur le présent donc avant de s’emballer sur les thèmes futuristes à la mode, regardons les différents mouvements présentés par autant d’experts qui annoncent le monde de demain.
 
 
> Les consultants libérés pour lesquels l’avenir du travail signe la fin de l’infantilisation imposée par la hiérarchie. C’est la fin du chef intermédiaire
> Les Experts en management documentalistes qui cataloguent les pratiques issues des startups pour prouver que l’avenir va demander encore plus de Leadership. C’est la fin du manager « mou »
> Les Optimistes pour lesquels l’avenir va être marqué par la fin du travail salarié au profit d’électrons libres (en français) en oubliant que selon les derniers chiffres de l’Insee (qui datent de 2015) il y a en France 6% de travailleurs indépendant de moins qu’en 1980. Pour eux, c’est la fin du salariat
> Les technoprophètes anxieux pour lesquels avenir = Digitalisation + automatisation + robotisation =  Revenu universel pour tous pour rester propre. C’est la fin de l’être humain 
> Les adeptes du NWOW – New Way of Working- les fans de l’ATAWAD et du BYOD pour lesquels l’avenir du travail est en train de s’affranchir du lieu de travail pour nous permettre de travailler où nous voulons quand nous voulons tout en restant salarié de notre entreprise. C’est la fin du lieu de travail
 

Avenir du travail et pratiques actuelles 

A titre personnel et collectif, l’avenir de son emploi et le futur du monde du travail dépend d’abord de la culture d’entreprise de son entreprise et de sa capacité à assimiler les grands mouvements actuels qui sont faits de modes et de tendances de fonds. Prenez les exemples de l’image ci-dessous : 
 
 
Est-ce, qu’à la date où vous découvrez cet article, votre entreprise a mis en place l’un des pratiques ou tendances présentées ci-dessus ? Classeriez-vous ces pratiques managériales ou organisationnelles dans la colonne « Déjà fait », « Nous y pensons actuellement » ou « Vous n’y pensez pas ! » ?

Juste du bon sens, pensez vous que les dirigeants d’entreprises qui ne voient pas l’intérêt de rendre leur organisation plus flexible, d’interdire les réunions après 18h00 ou de réfléchir aux démarches d’innovation managériale auront le même futur du travail que des entreprises qui embrassent ce genre de pratique depuis longtemps ? 
 
VOTRE avenir du travail dépend de VOS pratiques managériales actuelles. Et nous pouvons aller encore plus loin avec le dessin ci-dessous emprunté à Emmet Brown (inventeur de la fin du 20e) :
 
 
En prenant la ligne horizontale du temps qui va vers le futur du travail tel qu’il est annoncé par les experts que j’ai cité plus haut, l’avenir du travail de VOTRE entreprise n’est pas une avenir préétablis qui correspondra à tout ce que vous pouvez lire sur le sujet.
 
La raison est que l’avenir de votre travail dépend d’abord de votre culture d’entreprise.Exemple. Les entreprises qui n’en sont encore qu’aux prémices de leur transformation digitale en 2018 n’auront pas du tout le même avenir que celles qui travaillent déjà sur le sujet depuis longtemps. Si elles survivent…  

L’avenir du travail, par où commencer ?

Je vous propose 3 étapes, simples à écrire mais plus compliquées à mettre en oeuvre, pour concevoir un avenir du travail qui sera en phase avec les valeurs du moment. 
 
 

1> Les valeurs d’entreprises ne sont plus gravées dans le marbre

Elles sont désormais inscrites sur un post-it collé sur la porte du frigo ! La société évolue rapidement et votre entreprise doit évoluer avec elle sous peine de ne plus être attractive pour vos candidats et de ne plus être capable de devancer les attentes de vos clients. Je ne dis pas que toutes ses valeurs doivent forcément être sociétales, le poids de l’histoire de l’entreprise a forcément un effet sur ses valeurs. Simplement ne devenez pas Uderzo et ses catastrophes industrielles qu’il enchaine en refusant de moderniser sa franchise. 
 

2> Identifiez les valeurs sociétales actuelles

Du moins, celles avec lesquelles vous êtes en contact. Conviez tous vos collaborateurs qui sont en relation avec l’extérieur à une réunions de réflexion sur le sujet : vos équipes commerciales, recruteurs, ambassadeurs écoles,… Bannissez toute réflexion qui commence par «Ahhh, les jeunes de maintenant» ou par «à l’époque». Ne jugez pas, observez !
 

3> Identifiez les valeurs actuelle de votre entreprise

Certes, à la mode en ce moment. Commencez par identifier les valeurs actuelles ET réelles de votre entreprise. Pas celles inscrites sur votre site web et qui datent peut-être un peu ! Demandez autour de vous : «si je te demande quelles sont les valeurs de la boite, qu’est ce qu’il te vient spontanément ? ». Vous aurez peut-être des surprises…  
 

4> Identifiez les écarts 

Reprenez les valeurs sociétales que vous avez identifiés en 2> et déduisez-en les similitudes ou écarts avec les vôtres.
J’aime citer l’exemple de cette grande entreprise du domaine pétrolier qui avait pour habitude de recruter des ingénieurs pour une carrière unique et qui s’est retrouvée confronté à des développeurs web d’avantage intéressés par le nom qu’ils allaient pouvoir ajouter à leur portfolio que par le fait d’avoir un CDI.

Mes slides sur le futur du travail à télécharger

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Nouveau Podcast : Iconoclaste

Podcast iconoclaste

Cela fait plusieurs années que je souhaite réaliser ce projet : Interviewer des « iconoclastes », d’où ce Podcast inconoclaste

Avec la mode des Podcasts – qui avait disparue pendant quelques années avant de revenir – 2018 est le bon moment pour le lancer.

Alors qu’est-ce qu’un iconoclaste ? Et bien je n’en suis pas encore complètement sur, même si j’ai bien ma petite idée pour avoir écrit un article sur ce sujet et donné une conférence sur les iconoclastes à TedXAlsace.

Je suis au début du chemin avec l’enregistrement de ce Podcast iconoclaste, mais pour l’instant je suis parti sur l’idée qu’un iconoclaste :

  • Utilise le système tout en restant en dehors du système
  • Montre sa différence sans peur d’être ridicule
  • Ne peut pas résoudre un problème déjà rencontré de la même façon
  • Ne peut pas copier sans y ajouter quelque chose
  • Est entouré socialement

L’objet de ce Podcast est de comprendre comment devient-on iconoclaste. 

Vous pouvez trouver ici le manifeste de l’iconoclaste en entreprise

Le tournage du générique :

Un conférence TEDx donnée il y a quelques années lorsque je découvrais le sujet :

Exemples et outils pour construire son storytelling

Outils du storytelling. Je suis en train de mettre la dernière touche à une série de Podcasts racontant les débuts de Uber, de la rencontre entre Garrett Camp et Travis Kalanick à Hawaii en 2007, jusqu’au lancement de Uber à Paris fin 2011.

Quatre ans de coups de théâtre, de coups de couteau dans le dos et de peut-être aussi de coups de chance.

S’il y a bien une histoire qui encapsule toutes les autres… Une histoire tellement magique que les journalistes l’ont répété à outrance tandis que de nombreux jeunes entrepreneurs se sont dit que, eux aussi, pouvaient trouver facilement une idée qui les rendrait riches et célèbres c’est celle que l’on trouvait dans la section « About us » ur le site Uber.com. En tout cas, jusqu’à la prise en main de la société par Dara Khosrowshahi. Cette histoire était la suivante : Garrett et Travis étaient à Paris un soir d’hiver enneigé et ne parvenaient pas à trouver de taxi. C’est là qu’ils eurent l’idée : « Et si nous pouvions commander un taxi d’un seul clic ? ». Je ne vais pas vous expliquer ici pourquoi cette histoire est un conte de fée « mitonné » par Travis Kalanick. Il faudra écouter le Podcast (à venir) ou lire le script en 7 épisodes que je publie sur Medium avant d’en proposer une conférence.

Ce n’est pas un secret. Pour vendre, il faut faire appel aux émotions. Et pour susciter une émotion…il faut raconter une histoire. Et si il y a bien une catégorie d’entreprise qui l’a compris, ce sont les startups. Evidemment, comment construire de la crédibilité et de l’engagement quand on a 20 ans et/ou aucun historique qui parle pour nous ? Tout simplement en racontant comment l’équipe fondatrice s’est rencontrée ou comment celle-ci a identifié le problème que leur startup propose de résoudre. Juste assez pour rassurer un investisseur et convaincre un prospect.
 
Maintenant, raconter l’histoire de la fondation de votre business n’est pas « un pitch elevator » où vous avez 2 minutes pour expliquer l’objet de votre boite. Ce n’est pas le sujet. Voici quelles pistes et exemples en vidéos pour vous aider à concevoir le votre.

 

1. Montrez, ne pas seulement raconter

La base. Quand on partage une histoire, il faut permettre à l’audience d’avoir une vision claire du problème observé, des obstacles rencontrés et des protagonistes de l’histoire. Décrivez les événements tels qu’ils se sont déroulés. Un paragraphe de 3 lignes ne va pas être suffisant. Pensez image, pensez vidéo, pensez audio. Un exemple à suivre : La série de podcast « Startup » qui suit pas à pas la création de Gimlet media. Incontournable. C’est également ce que je tente de faire depuis quelques mois en publiant régulièrement des vidéos sur mes chaines youtube.
 
Ecoutez cette interview de Mathias Eleaume – CEO de Clearnox nous raconter les débuts de son entreprise.

 

2. Evitez le jargon

Ne soyez pas un cliché ambulant ! Paradigme, synergie, Plateforme, réseau, partage, communauté, digital… vous connaissez très bien ces mots… Bannissez-les et choisissez la simplicité. Ce qui est vrai peut être raconté simplement, en utilisant les bons outils du storytelling, même si la situation est complexe. Dans le monde actuel, le marketing n’est plus de vendre des produits mais de prouver à vos clients que vous vivez les même problèmes qu’eux et surtout… que vous disposez des mêmes valeurs qu’eux. Soyez simples, soyez humains. Du reste, il est complètement possible dans votre histoire de créer des néologismes s’ils répondent aux conditions que je viens de donner.
 
Lors de l’une de mes dernières aventures entrepreneuriale, à Technoraid, qui assurait la préparation et la maintenance de véhicule 4X4 pour notre écurie de compétition en Rallye-Raid ou pour des clients qui partaient en raid en Afrique, notre histoire se basaient sur plusieurs valeurs.  Pour cela nous avions inventer le terme de « Garagisme »  qui décrit les pratiques de ces mécaniciens qui cherchent à survendre tout en ne respectant pas les délais ni la qualité du travail effectué. L’une de nos valeurs était de combattre ce « Garagisme » pour offrir à nos clients le meilleur service, au meilleur prix dans les meilleurs délais.

 

Storytelling avec le service blueprint et service design

 

3. Soyez personnel dans votre storytelling

Peu importe que vous vendiez du stockage dans le cloud ou des boulons de 12, vos clients sont (encore) des êtres humains, donc votre histoire doit mettre en scène des êtres humains. Mettez en avant la personnalité des fondateurs pour expliquer pourquoi leur réaction a été de créer une entreprise et pourquoi sur ce sujet. Pour cela vous pouvez au choix faire parler vos premiers clients, ou vos salariés. Airbnb a interviewé ses clients pour comprendre pourquoi il utilisaient le service et ont été les premiers surpris d’apprendre que grâce à eux des propriétaires avaient pu garder leur maison lors de la crise des subprimes. Mon histoire sur ce sujet concerne la première activité que j’ai exercé quand  je suis arrivé en Australie. J’étais alors un émigré avec un accent qui ne trouvais pas de job dans le recrutement. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé un job-board (je contactais les clients par email) avant de devenir conseil en recrutement international et éviter à d’autres chercheurs d’emploi de vivre la discrimination que j’avais vécu.

 

Un autre exemple, écoutez Antoine Laurent, dirigeant et fondateur de la plateforme Pharmedistore expliquer le lien entre la présence de son entreprise à Tours et sa vie de famille.
 

4. Valorisez les conflits rencontrés et les erreurs commises

Mettre en avant ses échecs permet désormais d’établir sa crédibilité.  L’audience en a assez d’écouter des gens au parcours exemplaire qui ne servent qu’à valoriser leur égo et qui ne donne aucune leçon concrète qui soit utilisable. Le storytelling doit expliciter ce qui n’a pas fonctionné… Les faux départs. Le fait de s’être trompé de cible. une mauvaise compréhension des enjeux…Une erreur est une opportunité de grandir, de se transformer. Ce qui n’est pas forcément le cas de vos réussites. Lire à ce sujet le Biais du survivant. Se tromper permet aussi de s’excuser. Quand j’ai commencé à recruter de jeunes diplômés pour InsideHR ou Bigfish en Australie, j’ai été le premier à trouver que j’avais à faire à des petits cons. Jusqu’à ce que je comprenne que c’était moi qui ne comprenais pas les changements d’attentes et de vision du monde de mes jeunes collaborateurs. Je pourrais aussi vous dire ce qui peut sembler un évidence à certain : ne pas investir 1 million d’euros dans l’industrie automobile en 2010 à moins de faire de l’électrique. J’ai appris ma leçon.
J’aurais pu aussi vous parler de Marissa Meyer qui a été l’une des premières PDG (Yahoo) à s’excuser publiquement  pour un problème de panne d’email. Par contre, je ne pourrais pas vous parler de Travis Kalanick qui s’est excusé auprès de Kamel, un chauffeur Uber, que quelques jours après l’altercation. C’est à dire, après s’être rendu compte qu’il n’allait pas s’en sortir sans explication.

 

Regardez cette interview de Frederic Kuntzmann qui raconte les différentes étapes qu’il a fallut passer pour réussir à développer son entreprise « My Serious Game ».
 

5. N’inventez pas

Vous pouvez être créatif, visionnaire et avoir de l’imagination pour votre business mais pas pour votre storytelling !
Les histoires romantiques à la Uber avec de la neige, une amitié d’enfance, un taxi qui fait comme Godot et des violons ne passent plus. Votre histoire doit être authentique. Rien que parce que si vous avez du succès vous allez commettre un faux pas ou gêner quelqu’un qui diffusera des rumeurs (fondées ou pas) contre vous. L’histoire que vous allez raconter doit affirmer l’intégrité de votre culture.
On ne doit jamais apprendre que votre histoire était du marketing. Votre storytelling est le squelette qui relie vos collaborateurs à leur avenir dans votre entreprise. C’est l’histoire des débuts d’Amazon quand les bureaux étaient des portes posées sur des tréteaux. C’est l’histoire de Google qui a commencé dans le garage dont la propriétaire (qui leur louait le garage à prix d’or), Susan Wojcicki, est devenue PDG de Youtube (appartenant à Google). C’est l’histoire des frères Collison qui ont développé leur startup (Stripe) dans des cafés de Buenos-Aires. Capturer des moments de l’histoire de votre entreprise, bons ou mauvais permet de faire résonner la carrière de vos salariés avec l’évolution de votre entreprise.

 

Les outils du storytelling…

Vos clients ont surement envie de savoir comment v. On souhaite se connecter, pas être menés en bateau. Votre storytelling doit être la trame immuable de votre aventure et de vos valeurs. Même si vos valeurs évoluent avec le temps et la société. Construire quelque chose de vrai commence par être vrai. Je sais qu’à 20 ans, avec aucune expérience de créateur derrière vous ni de réussite mesurable à montrer, il peut-être très tentant d’enjoliver les choses mais ne suivez pas ce chemin malgré les exemples que vous admirez peut-être.
 
Et n’oubliez pas qu’avec un bon storytelling vous allez créer des attentes. Alors construisez votre histoire au fur et à mesure de vos rencontres, de vos erreurs, de vos déceptions. Un jour après l’autre.
 
 
Pour aller plus loin, je vous invite à vous renseigner sur 2 outils que nous utilisons avec les entreprises qui ne savent pas par ou commencer.

Le storytelling Service Blueprint

Le Storytelling Service Blueprint qui est un outil du Service Design à double usage.
En haut, ce qui est visible du client (appelé scène ou frontstage) et d’un autre ce qu’il ne voit pas (les coulisses ou backstage). Visionnez de nouveau les vidéos de cet article et reportez vous au document ci-dessous pour en identifier les parties. Cela vous permettra de commencer votre storytelling sur ce qui est le plus important : ce qui ne se voit pas.

 

Le storytelling Canvas

Plus simple que le précédent, ce canvas permet de poser et évaluer ses idées pour construire son storytelling en l’adaptant à une audience précise.  

Ce canvas permet de réfléchir seul ou en groupe à plusieurs questions :

  1. Dans quelle situation être vous ? (contexte)
  2. Quels sont les défis que vous devez relever ? (Obstacles)
  3. Quelles actions avez vous prise ou allez vous prendre pour relever ce défi (résolution)
  4. A qui s’adresse ce storytelling ? (Audience)

A partir de là, vous pouvez créer votre histoire en suivant la chronologie du » Début » à « Et ensuite ? » 

Cet outil est un mix entre le « Storytelling Canvas » et de “The Pyramid Principle” de Barbara Minto qui repose sur la pyramide de Freytag

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