Disrupter l’activité de conférencier en innovation et disruption

Résumé d’un entretien avec un étudiant de l’Essec sur l’activité de conférencier.

En quoi consiste l’activité de conférencier ?

Je relève que vous avez choisi le terme « activité » et pas « métier ». N’étant pas universitaire, je pense que faire de cette activité un métier peut être professionnellement dangereux s vous n’êtes pas professeur.

Je détaillerai cette activité en 3 parties distinctes : 
La création : Le plus long et le plus douloureux. Pour éviter d’avoir une « réflexion powerpoint » dans laquelle votre pensée s’engouffre dans un tunnel de slides ou une « conférence image » dans laquelle votre réflexion s’adapte à des images et pas le contraire, je construis mes interventions sur papier. Une fois l’argumentation et les enchainements élaborés, je passe à la création des slides et des transitions. Pour vous donner une idée du temps passé, je passe 1 semaine de travail pour 30 minutes d’intervention et remplace 20% des slides de mes interventions les plus populaires chaque année.
Le Marketing : J’aime beaucoup la comparaison avec la musique. Une conférence est comme un album, il y a l’enregistrement et la scène. Pour trouver facilement des engagements, vous devez faire beaucoup de scène pour profiter du bouche à l’oreille. En résumé, plus vous faites de conférences…plus vous faites de conférences. Spécial shout-out à mes agents qui s’occupent de mes bookings.
L’animation. Evidemment la partie de la plus visible et gratifiante de l’activité de conférencier. C’est ce qui m’étonne le plus dans cette activité. Vous êtes seul* pour construire l’intervention, choisir les photos et les exemples puis sans transition vous vous retrouvez devant une audience. 
*Ce n’est plus le cas. j’ai une approche « label indépendant » de la conférence. C’est à dire qu’entre la construction de la conférence (je personnalise toujours mes interventions) et la présentation au client, elle est testée auprès de mes associés et partenaires.  

Combien de conférences donnez-vous par an ?

Compliquée cette question car elle dépend des années, de l’actualité, de la sortie d’un ouvrage, de l’intérêt des sujets…et des mois de Mai.

En moyenne, je dirai entre 80 et 120 conférences par an avec le record personnel de 5 conférences en une seule journée.

Qu’est ce qui vous différencie des autres intervenants 

Il y a quelques années ma réponse aurait été simple : J’ai été le premier à transformer des conférences en interventions équilibrant le fond et la forme avec des vidéos et des slides extrêmement travaillés comportant un minimum de mots, voir aucun. Depuis la publication du livre de Garr Reynolds « Presentation zen » et la démocratisation des TedX j’ai largement perdu cet avantage. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour tout ceux qui assistent à des conférences. Les présentations « Powerpoint bullet points » ont pratiquement disparues et ceux qui les utilisent encore ont soit plus de 60 ans ou font partie d’un conseil d’administration.  

Je garde cependant une petite longueur d’avance pour garder l’engagement d’une audience ayant de plus en plus de facilité à baisser la tête pour regarder leur smartphone et terminer leur niveau de Candy Crush. Ma différence est la mise en scène que j’utilise, les enchainements de slides, les photos utilisées, le nombre d’heures de répétition, la façon de m’habiller qui est lié au sujet que je présente. Mais aussi ma capacité à ne pas me prendre au sérieux (voir la vidéo ci-dessous) et à creuser les histoires que je raconte pour dépasser l’histoire que tout le monde connait par la bouche-à-oreille (non, le succès du post-it ne tient pas à l’erreur d’un ingénieur mais au travail d’un commercial, non Alexander Fleming n’est pas un bon exemple pour illustrer la serendipité, etc.) et surtout je n’invente pas les citations que j’utilise et je cite les noms de ceux qui m’inspirent. Ce qui semble se perdre.

J’ai également une approche un peu différente dans mon approche des concepts traités. La plupart des conférenciers deviennent connus pour un sujet précis (Michaël Aguilar pour la vente), pour une idée (Pascal Picq pour l’homo-numericus) ou pour une expérience (Philippe Croizon). Ce faisant, ils ont une approche verticale d’un sujet qu’ils approfondissent années après année qui peut les rendre définitivement bloqué dans leur domaine (comme certains acteurs). Emmanuelle D. par la génération Y, Laurent C. pour la négociation, Isaac G. par l’entreprise libérée. D’ailleurs, certains en manque de réinvention, se retrouvent à donner la même conférence qui est disponible sur youtube. On retrouve cette approche notamment chez les académiques qui sont obligés de se spécialiser ou dans les « intervenants slideshare » qui se renseignement sur le web pour passer pour des « experts. Pratique dénoncéé par Ghyslaine Villain de L’Oréal Luxe dans l’article du monde de mars 2019 « Éclaireurs ou boussoles, pourquoi les entreprises raffolent de ce conférenciers ?« .

De mon coté j’essaie d’avoir une approche horizontale de mes sujets. C’est à dire que je m’intéresse aux changements sociétaux en cours et identifie leurs effets sur l’entreprise. C’est la raison pour laquelle, alors que mon sujet est l’innovation, je traite aussi du coté humain (créativité, curiosité, empathie…), Managérial (bien-être, collaboration, engagement…), sociétal (VUCA, transformation, générations…), économique (attention, recommendation,…) etc… Ainsi j’identifie ce qui change et trouve des liens avec ce qu’il se passe en entreprise pour ne pas m’arrêter à la constatation facile (l’éducation nationale tue la créativité ou l’entreprise a perdu le sens) et proposer des solutions concrètes et adaptées à la taille des entreprises présentent dans l’audience. C’est ce que j’essaie de prouver avec mes chaines Youtube « Benjamin Chaminade » et « No one is innovant » ou mes Podcasts « Iconoclaste » et « Startup autopsy« .

Je suis aussi différent dans la nature des exemples que j’utilise. En fonction de l’audience, de son âge, de son secteur, de sa culture ou de son statut professionnel je vais utiliser des exemples qui parlent au dirigeant australien, au cinqua breton, à l’ouvrier malaisien et au grand public en commençant par les situations que j’ai vécu en encadrant plus de 1000 collaborateurs (pas tous en même temps hein) et 800 clients dans une tripotée de pays. 

Enfin, une autre différence est peut-être mon humilité. Je ne me présente pas comme un gourou mais comme un témoin. Voir parfois comme une victime qui a essuyé les plâtres avant tout le monde. Bref, je suis le plus humble des conférenciers que vous pouvez trouver sur le marché….Et de loin ! 🙂  

Quelle est votre audience habituelle ?

Il n’y a pas de « habituel ». Je suis intervenu devant des militaires, des ministres, des députés, des collégiens, des managers, des dirigeant.E.s, des chirurgiens, des infirmer.e.s, des ingénieurs, des sportifs, des syndicalistes et même quelques prêtres. De 5 à 5000 personnes.

A la réflexion, je peux sans doute classer les audiences en 2 types :

  1. Les conférences fermées qui rassemblent les collaborateurs de la même entreprise. Leurs métiers peuvent-être différents mais ils ont au moins la culture de leur entreprise, ou une responsabilité commune (le management notamment). L’audience la plus facile pour un intervenant car ils ont le même objectifs. 
  2. Les conférences ouvertes qui rassemblent des profils hétérogènes aux attentes et centres d’intérêts divers et variés. Cette audience est plus complexe car elle ne partage pas de culture commune, ne vit pas forcément les mêmes problèmes et n’a pas non plus la même maturité d’un sujet. Ce qui fait que dans la même salle on peut se retrouver avec des personnes qui découvrent le sujet, d’autres qui en sont à leur seconde conférence sur le sujet, des personnes qui sont là pour networker et d’autres pour avoir une réponse précise à un problème qui ne concerne qu’eux. 

Quel est votre style d’intervention ? 

En fait j’ai 4 styles d’interventions en fonction de la demande du client, du format et du temps alloué. Je vous invite à lire cet article ou voir la vidéo. 

  1. Mise à jour. Dans ce cas mon intervention se concentre sur des exemples très concrets et adaptés au quotidien de l’audience. Evidemment, j’aurai au préalable parlé à plusieurs membres de l’audience pour connaître leurs questions et mesurer leur niveau de maturité sur le sujet. Depuis deux ans j’expérimente aussi les « 90% Q&A » dans lesquels mon intervention consiste à répondre aux questions de l’audience après une courte intervention dont l’objectif est de déclencher les premières questions. 
  2. Animer un moment faible. C’est à dire que mon intervention précède une soirée, un lancement produit ou la présentation des chiffres de l’année. Bref, mon intervention n’est pas le point fort de la journée ou de la soirée. Dans ce cas, je propose un spectacle dans lequel j’emmène l’audience dans une histoire mettant en scène les parcours méconnus d’innovateurs ou le mien.
  3. Inspiration. Ici la base de mon intervention est mon parcours. Les obstacles rencontrés et les leçons apprises. 
  4. Compréhension. Il s’agit ici d’une intervention pour présenter un sujet qui est complètement nouveau à une audience. Dans ce cas là le mêle storytelling avec outils concrets et exemples d’entreprises. 

Startup Autopsy – première saison

Et voilà, comme promis la première saison de Startup Autopsy a été intégralement mise en ligne hier sur Anchor. Elle sera disponible sur itunes et googleplay très prochainement.

Revivez durant ces 6h30 d’écoute en 7 parties, l’incroyable histoire de la création d’uber qui a commencé comme un projet secondaire. 

Je remercie encore ceux qui ont participé à la mise en scène de certains événements de la création de l’entreprise avec par ordre d’apparition :

Julien Veyssier qui prête sa voix à Travis Kalanick
Guillaume Coudert : Mike Todd
Jérome Veil : Garrett Camp
Nina Howl: Melody McCloskey
Gui Testa : Jason Droedge
Francis Boyer : John Greathouse
Vincent Fraigneau : Ryan Graves
Yousseff Larbaoui : Edward Slinin

Vous pouvez aussi retrouver l’ensemble du texte du Podcast dans cet article

Ouverture de « l’appart » – Espace de créativité et innovation

Après avoir reçu plusieurs demandes de clients cherchant à se réunir dans un lieu convivial, bon marché, qui facilite la conversation et facile d’accès…nous avons décider de proposer « l’AppArt » comme lieu de rencontre et de créativité.

Situé à Paris le long du Parc Montsouris, cet espace de 50 M2 est équipé du matériel nécessaire à monter des journées de réflexion pour groupes de moins de 15 personnes.

Il fallait proposer un lieu – bon marché, inspirant et équipé – qui permette à de petites équipes de s’immerger pour réfléchir et imaginer l’avenir de leur entreprise, produit, service, modèle d’affaires, process, métier, etc.

A l’Appart, pas de design compliqué, de vidéo-projecteur bruyant, de beanbag-à-la-Startup, ni de lumière artificielle.

L’AppArt est un lieu sobre et bien équipé pour mener des cessions collaboratives, créatives, efficaces et productives.

 

Ce que vous trouverez à l’appart :

  • Mur blanc de type ‘velleda’ de 10 m2
  • Ecran, Post-It de taille Paper board et autres articles de papeterie créative
  • Post-it, blocs note, stylos, feutres, etc. comme s’il en pleuvait
  • Serious Games pour faciliter la créativité et le changement, ex : Lego, guitares… et accès aux jeux développés par Trendemic (Trendstorming, Brand&logo Storming,..)
  • Mobilier modulable
  • Wifi qui booste
  • Ecran LCD 16/9 pour vos présentations
  • Outils spécifiques sur demande (ex : Brand&logo storming, trendstorming, etc. 
  • Facilitateur graphique sur demande
  • Possibilité d’apporter des plats préparé pour un déjeuner convivial à l’appart ou dans le parc Montsouris

Exemple de parcours créatif

Inspiration

Signaux faibles, tendances
et chasse aux idées

Inception

Décalage, différentiation,
disruption et radicalité 

Idéation

Collaboration, émergence 
d’idées et prototypage 

Induction

Business model du projet et
lancement commercial

Exemples d’ateliers organisés à l’appart :

  • Innovation radicale et disruptive 
  • Innovation managériale
  • Management de l’innovation
  • Rencontres designers
  • Design Thinking
  • Service Thinking
  • Tendances
  • Plaisir au travail
  • Réalisation et enregistrement de Podcasts
  • Création et tournage de vidéos Youtube
  • Cosmétique naturelle
  • Communication vidéo 
  • Prise de parole et keynote

 

Simple et direct

Nos animateurs adaptent leur approche en fonction de votre objectif 

Inclusive

Nous adaptons l’AppArt à vos attentes. De l’ordinateur au crayon de couleur. Venez comme vous êtes, nous nous occupons du reste

Animateurs

L’AppArt est animé par des facilitateurs et experts sélectionnés pour leur connaissance et leur capacité à les transformer en expérience conviviale.

La saga des débuts de Uber

Avant de mettre en ligne cette série d’épisodes consacrés au débuts de startups connues sur ma nouvelle chaine de Podcast « Startup Autopsy » qui vient compléter « No one is innovant » et « iconoclaste« , je tenais à partager le texte des épisodes pour ceux qui préfèrent lire.

J’espère aussi avoir des retours des lecteurs qui identifieraient des erreurs dans mon storytelling

De 1998 à Los Angeles à fin 2011 à Paris, suivez pas à pas les aventures des 2 créateurs, Garrett Camp et Travis Kalanick. Des hauts et des bas passionnants dont il m’aura fallu six mois de travail pour conclure les recherches, les interviews et l’écriture.

Après 3 mois pour collecter, analyser et scénariser le contenu et 3 mois pour trouver des personnes pour jouer les scènettes et l’enregistrement des textes ça y est ! Voici les 7 épisodes de cette série consacrée à Uber. J’ai choisi d’arrêter ce podcast au moment où l’entreprise a finalement trouvé un business model stable et atteint une vitesse de croisière pour ouvrir les villes l’une après l’autre. 

Bonne lecture et/ou bonne écoute

 

Partie 1/7 – Culture startup et piratage de masse

Travis Kalanick rejoint ses camarades de UCLA pour créer Scour, le premier site d’échange de fichiers peer-to-peer pré-Napster. Les choses vont rapidement mal tourner… 

Partie 2/7 – Ouber ou Youber ?

Garrett Camp entre en scène. Il vendra la société créée pendant ses études avant de chercher un moyen plus simple de se déplacer dans San Francisco pour se rendre à ses rencards. 

Partie 3/7 — Le purgatoire de Kalanick 

Travis va passer 7 années difficiles avant de pouvoir vendre son entreprise à son tour, rencontrer Garrett et créer le « Jam Pad »…

Partie 4/7 — “One night in Paris” et autres Bullshits

Nous sommes à Paris en décembre 2008, Garrett et Travis se retrouvent à Paris pour assister à Leweb. Le mythe va pouvoir commencer  

Partie 5/7 —Levée de fonds pour toucher le fond

Les choses commencent à devenir sérieuses et en offrant un iphone avec abonnement aux chauffeurs, la petite équipe va devoir rapidement trouver des fonds pour continuer sa lente croissance.

Partie 6/7 —Les taxis contres attaquent

Vous vous en doutez bien. Les taxis, considérant que Uber est illégal, commence à remuer dans les brancards et fonds appels à la loi pour leur faire cesser leur activité

 

Partie 7/7 —Le Playbook de New-York

Uber commence à trouver sa vitesse de croisière avec l’ouverture de la première ville en dehors de San Francisco : New-York City. 

 

L’avenir du futur du travail de demain

Merci encore à Jean-Christophe Anna pour son invitation à participer à #rmsconf2018 à l’espace centquatre à Paris. #RMSconf, avec le hashtag, est un événement annuel qui rassemble les professionnels du recrutement, profession à laquelle j’ai appartenu. En Australie. Il y a une vie de ça. 

Mon intervention portait sur l’avenir du travail. Sujet très à la mode en ce moment. Entre les inquiets de l’automatisation et les hippies de la freelancisation, tout le monde a sa petite idée sur ce que l’avenir du travail nous réserve. Et tout le monde s’inquiète…

Si vous suivez ma série en épisodes sur Medium vous connaissez peut-être déjà l’histoire mais je souhaitais commencer mon intervention en faisant une visite historique des lieux. La halle du 104 est un lieu historique dans le monde des startups.

Il était une fois, à leweb 2008 

Nous sommes le 9 décembre 2008. Melody et Garrett accompagnés d’un ami, Travis, écoutent leur pote Gary Vaynerchuck être interviewé par Loic Lemeur. 
Melody travaille dans les médias et Garrett est salarié de Ebay après que sa société « StumbleUpon » ait été racheté par le site marchand pour la somme de 75 millions de dollars. Originaires de San Francisco ils vivaient alors dans des quartiers de San Francisco éloignés l’un de l’autre causant des problèmes logistiques lors de leur rencontres.
 
Pour Garrett la situation était claire : Il y avait trois possibilités pour se déplacer, tout en le faisant avec « style » comme il le dira : 
1. Avoir une voiture. Il s’était acheté une mercedes avec son argent une mais détestait conduire en ville. Donc non. 
2. Prendre un taxi. Mais l’organisation des taxis à l’époque était, hum, ben comme celle de Paris. Passons..
3. Recruter un chauffeur pour conduire sa voiture. 
 
L’entrepreneur en lui se dit qu’il y avait peut-être le moyen de mixer les possibilités 2. et 3. en achetant 10 mercedes dont on pourrait contacter les conducteurs grâce à une app. Génie ! Quand il en parla à Travis qui lui aussi était à l’époque salarié de la boite qui avait racheté sa startup, Travis lui répondit qu’il ferait mieux d’utiliser les chauffeurs de limousines qui n’ont pas de courses plutôt que de dépenser du pognon en bagnoles allemandes. 
 
Je pense que vous avez déjà compris que Garrett Camp et Travis Kalanick sont les co-fondateurs de l’entreprise qui les propulsera à la 48e place ex-aequo du classement Forbes des gens les plus riches du monde : UBER
futur du travail. Gary Vaynerchuck interviewé par Loic Lemeur. Dans l'assistance : Garrett Camp et Travis Kalanick de Uber
futur du travail, Travis Kalanick, Garrett Camp et Gary Vaynerchuck

L’avenir du travail est déjà là

La raison pour laquelle je vous parle de cette histoire est que lorsqu’il étaient assis au CentquatreParis, ces 2 types n’avaient pas du tout prévus qu’il allaient secouer l’économie mondiale, créer le mouvement de l’uberisation et mettre l’industrie du transport urbain à feu et à sang. 
 
Pourtant en 2008, tous les élément qui allaient créer ce séisme économique étaient là : L’iphone, l’app store, Google Maps et la Gig Economy. Simplement, à l’époque, nous ne pouvions pas en connecter les points. « Connecting the dots » comme le dit Vincent Avanzi interviewé dans mon «Podcast Iconoclaste».

En prenant une image, si Garrett et Travis étaient des peintres (ou des tagueurs vandales),  ils ne savaient pas encore à quoi allait ressembler le tableau final mais ils disposaient déjà d’un canvas et de la peinture pour le réaliser. 

 
C’est la même chose  pour le futur du travail. Personne ne sait à quoi il ressemblera vraiment, pourtant nous pouvons déjà en capter certains éléments aujourd’hui. Malheureusement, sans pouvoir actuellement distingués ceux qui seront importants de ceux qui ne le seront pas.
 
Prenons par exemple les vacances illimités proposées par certaines startup comme Netflix, Indeed ou Popchef depuis 3 ans. Présentées comme pratiques managériales innovantes elle sont aujourd’hui dénoncées comme manipulation et hypocrisie de la part des dirigeants qui tablent sur le fait que les employés eux-même n’oseront pas ou n’en auront pas l’occasion s’ils veulent atteindre leurs objectifs. 

Maintenantologue, pas futurologue

Le futur se constitue sur le présent donc avant de s’emballer sur les thèmes futuristes à la mode, regardons les différents mouvements présentés par autant d’experts qui annoncent le monde de demain.
 
 
> Les consultants libérés pour lesquels l’avenir du travail signe la fin de l’infantilisation imposée par la hiérarchie. C’est la fin du chef intermédiaire
> Les Experts en management documentalistes qui cataloguent les pratiques issues des startups pour prouver que l’avenir va demander encore plus de Leadership. C’est la fin du manager « mou »
> Les Optimistes pour lesquels l’avenir va être marqué par la fin du travail salarié au profit d’électrons libres (en français) en oubliant que selon les derniers chiffres de l’Insee (qui datent de 2015) il y a en France 6% de travailleurs indépendant de moins qu’en 1980. Pour eux, c’est la fin du salariat
> Les technoprophètes anxieux pour lesquels avenir = Digitalisation + automatisation + robotisation =  Revenu universel pour tous pour rester propre. C’est la fin de l’être humain 
> Les adeptes du NWOW – New Way of Working- les fans de l’ATAWAD et du BYOD pour lesquels l’avenir du travail est en train de s’affranchir du lieu de travail pour nous permettre de travailler où nous voulons quand nous voulons tout en restant salarié de notre entreprise. C’est la fin du lieu de travail
 

Avenir du travail et pratiques actuelles 

A titre personnel et collectif, l’avenir de son emploi et le futur du monde du travail dépend d’abord de la culture d’entreprise de son entreprise et de sa capacité à assimiler les grands mouvements actuels qui sont faits de modes et de tendances de fonds. Prenez les exemples de l’image ci-dessous : 
 
 
Est-ce, qu’à la date où vous découvrez cet article, votre entreprise a mis en place l’un des pratiques ou tendances présentées ci-dessus ? Classeriez-vous ces pratiques managériales ou organisationnelles dans la colonne « Déjà fait », « Nous y pensons actuellement » ou « Vous n’y pensez pas ! » ?

Juste du bon sens, pensez vous que les dirigeants d’entreprises qui ne voient pas l’intérêt de rendre leur organisation plus flexible, d’interdire les réunions après 18h00 ou de réfléchir aux démarches d’innovation managériale auront le même futur du travail que des entreprises qui embrassent ce genre de pratique depuis longtemps ? 
 
VOTRE avenir du travail dépend de VOS pratiques managériales actuelles. Et nous pouvons aller encore plus loin avec le dessin ci-dessous emprunté à Emmet Brown (inventeur de la fin du 20e) :
 
 
En prenant la ligne horizontale du temps qui va vers le futur du travail tel qu’il est annoncé par les experts que j’ai cité plus haut, l’avenir du travail de VOTRE entreprise n’est pas une avenir préétablis qui correspondra à tout ce que vous pouvez lire sur le sujet.
 
La raison est que l’avenir de votre travail dépend d’abord de votre culture d’entreprise.Exemple. Les entreprises qui n’en sont encore qu’aux prémices de leur transformation digitale en 2018 n’auront pas du tout le même avenir que celles qui travaillent déjà sur le sujet depuis longtemps. Si elles survivent…  

L’avenir du travail, par où commencer ?

Je vous propose 3 étapes, simples à écrire mais plus compliquées à mettre en oeuvre, pour concevoir un avenir du travail qui sera en phase avec les valeurs du moment. 
 
 

1> Les valeurs d’entreprises ne sont plus gravées dans le marbre

Elles sont désormais inscrites sur un post-it collé sur la porte du frigo ! La société évolue rapidement et votre entreprise doit évoluer avec elle sous peine de ne plus être attractive pour vos candidats et de ne plus être capable de devancer les attentes de vos clients. Je ne dis pas que toutes ses valeurs doivent forcément être sociétales, le poids de l’histoire de l’entreprise a forcément un effet sur ses valeurs. Simplement ne devenez pas Uderzo et ses catastrophes industrielles qu’il enchaine en refusant de moderniser sa franchise. 
 

2> Identifiez les valeurs sociétales actuelles

Du moins, celles avec lesquelles vous êtes en contact. Conviez tous vos collaborateurs qui sont en relation avec l’extérieur à une réunions de réflexion sur le sujet : vos équipes commerciales, recruteurs, ambassadeurs écoles,… Bannissez toute réflexion qui commence par «Ahhh, les jeunes de maintenant» ou par «à l’époque». Ne jugez pas, observez !
 

3> Identifiez les valeurs actuelle de votre entreprise

Certes, à la mode en ce moment. Commencez par identifier les valeurs actuelles ET réelles de votre entreprise. Pas celles inscrites sur votre site web et qui datent peut-être un peu ! Demandez autour de vous : «si je te demande quelles sont les valeurs de la boite, qu’est ce qu’il te vient spontanément ? ». Vous aurez peut-être des surprises…  
 

4> Identifiez les écarts 

Reprenez les valeurs sociétales que vous avez identifiés en 2> et déduisez-en les similitudes ou écarts avec les vôtres.
J’aime citer l’exemple de cette grande entreprise du domaine pétrolier qui avait pour habitude de recruter des ingénieurs pour une carrière unique et qui s’est retrouvée confronté à des développeurs web d’avantage intéressés par le nom qu’ils allaient pouvoir ajouter à leur portfolio que par le fait d’avoir un CDI.

Mes slides sur le futur du travail à télécharger

[slideshare id=119194437&doc=avenirdufuturdumondedutravaildedemain-benjaminchaminade-181012085208]

Nouveau Podcast : Iconoclaste

Podcast iconoclaste

Cela fait plusieurs années que je souhaite réaliser ce projet : Interviewer des « iconoclastes », d’où ce Podcast inconoclaste

Avec la mode des Podcasts – qui avait disparue pendant quelques années avant de revenir – 2018 est le bon moment pour le lancer.

Alors qu’est-ce qu’un iconoclaste ? Et bien je n’en suis pas encore complètement sur, même si j’ai bien ma petite idée pour avoir écrit un article sur ce sujet et donné une conférence sur les iconoclastes à TedXAlsace.

Je suis au début du chemin avec l’enregistrement de ce Podcast iconoclaste, mais pour l’instant je suis parti sur l’idée qu’un iconoclaste :

  • Utilise le système tout en restant en dehors du système
  • Montre sa différence sans peur d’être ridicule
  • Ne peut pas résoudre un problème déjà rencontré de la même façon
  • Ne peut pas copier sans y ajouter quelque chose
  • Est entouré socialement

L’objet de ce Podcast est de comprendre comment devient-on iconoclaste. 

Vous pouvez trouver ici le manifeste de l’iconoclaste en entreprise

Le tournage du générique :

Un conférence TEDx donnée il y a quelques années lorsque je découvrais le sujet :