L’avenir du futur du travail de demain

Merci encore à Jean-Christophe Anna pour son invitation à participer à #rmsconf2018 à l’espace centquatre à Paris. #RMSconf, avec le hashtag, est un événement annuel qui rassemble les professionnels du recrutement, profession à laquelle j’ai appartenu. En Australie. Il y a une vie de ça. 

Mon intervention portait sur l’avenir du travail. Sujet très à la mode en ce moment. Entre les inquiets de l’automatisation et les hippies de la freelancisation, tout le monde a sa petite idée sur ce que l’avenir du travail nous réserve. Et tout le monde s’inquiète…

Si vous suivez ma série en épisodes sur Medium vous connaissez peut-être déjà l’histoire mais je souhaitais commencer mon intervention en faisant une visite historique des lieux. La halle du 104 est un lieu historique dans le monde des startups.

Il était une fois, à leweb 2008 

Nous sommes le 9 décembre 2008. Melody et Garrett accompagnés d’un ami, Travis, écoutent leur pote Gary Vaynerchuck être interviewé par Loic Lemeur. 
Melody travaille dans les médias et Garrett est salarié de Ebay après que sa société « StumbleUpon » ait été racheté par le site marchand pour la somme de 75 millions de dollars. Originaires de San Francisco ils vivaient alors dans des quartiers de San Francisco éloignés l’un de l’autre causant des problèmes logistiques lors de leur rencontres.
 
Pour Garrett la situation était claire : Il y avait trois possibilités pour se déplacer, tout en le faisant avec « style » comme il le dira : 
1. Avoir une voiture. Il s’était acheté une mercedes avec son argent une mais détestait conduire en ville. Donc non. 
2. Prendre un taxi. Mais l’organisation des taxis à l’époque était, hum, ben comme celle de Paris. Passons..
3. Recruter un chauffeur pour conduire sa voiture. 
 
L’entrepreneur en lui se dit qu’il y avait peut-être le moyen de mixer les possibilités 2. et 3. en achetant 10 mercedes dont on pourrait contacter les conducteurs grâce à une app. Génie ! Quand il en parla à Travis qui lui aussi était à l’époque salarié de la boite qui avait racheté sa startup, Travis lui répondit qu’il ferait mieux d’utiliser les chauffeurs de limousines qui n’ont pas de courses plutôt que de dépenser du pognon en bagnoles allemandes. 
 
Je pense que vous avez déjà compris que Garrett Camp et Travis Kalanick sont les co-fondateurs de l’entreprise qui les propulsera à la 48e place ex-aequo du classement Forbes des gens les plus riches du monde : UBER
futur du travail. Gary Vaynerchuck interviewé par Loic Lemeur. Dans l'assistance : Garrett Camp et Travis Kalanick de Uber
futur du travail, Travis Kalanick, Garrett Camp et Gary Vaynerchuck

L’avenir du travail est déjà là

La raison pour laquelle je vous parle de cette histoire est que lorsqu’il étaient assis au CentquatreParis, ces 2 types n’avaient pas du tout prévus qu’il allaient secouer l’économie mondiale, créer le mouvement de l’uberisation et mettre l’industrie du transport urbain à feu et à sang. 
 
Pourtant en 2008, tous les élément qui allaient créer ce séisme économique étaient là : L’iphone, l’app store, Google Maps et la Gig Economy. Simplement, à l’époque, nous ne pouvions pas en connecter les points. « Connecting the dots » comme le dit Vincent Avanzi interviewé dans mon «Podcast Iconoclaste».

En prenant une image, si Garrett et Travis étaient des peintres (ou des tagueurs vandales),  ils ne savaient pas encore à quoi allait ressembler le tableau final mais ils disposaient déjà d’un canvas et de la peinture pour le réaliser. 

 
C’est la même chose  pour le futur du travail. Personne ne sait à quoi il ressemblera vraiment, pourtant nous pouvons déjà en capter certains éléments aujourd’hui. Malheureusement, sans pouvoir actuellement distingués ceux qui seront importants de ceux qui ne le seront pas.
 
Prenons par exemple les vacances illimités proposées par certaines startup comme Netflix, Indeed ou Popchef depuis 3 ans. Présentées comme pratiques managériales innovantes elle sont aujourd’hui dénoncées comme manipulation et hypocrisie de la part des dirigeants qui tablent sur le fait que les employés eux-même n’oseront pas ou n’en auront pas l’occasion s’ils veulent atteindre leurs objectifs. 

Maintenantologue, pas futurologue

Le futur se constitue sur le présent donc avant de s’emballer sur les thèmes futuristes à la mode, regardons les différents mouvements présentés par autant d’experts qui annoncent le monde de demain.
 
 
> Les consultants libérés pour lesquels l’avenir du travail signe la fin de l’infantilisation imposée par la hiérarchie. C’est la fin du chef intermédiaire
> Les Experts en management documentalistes qui cataloguent les pratiques issues des startups pour prouver que l’avenir va demander encore plus de Leadership. C’est la fin du manager « mou »
> Les Optimistes pour lesquels l’avenir va être marqué par la fin du travail salarié au profit d’électrons libres (en français) en oubliant que selon les derniers chiffres de l’Insee (qui datent de 2015) il y a en France 6% de travailleurs indépendant de moins qu’en 1980. Pour eux, c’est la fin du salariat
> Les technoprophètes anxieux pour lesquels avenir = Digitalisation + automatisation + robotisation =  Revenu universel pour tous pour rester propre. C’est la fin de l’être humain 
> Les adeptes du NWOW – New Way of Working- les fans de l’ATAWAD et du BYOD pour lesquels l’avenir du travail est en train de s’affranchir du lieu de travail pour nous permettre de travailler où nous voulons quand nous voulons tout en restant salarié de notre entreprise. C’est la fin du lieu de travail
 

Avenir du travail et pratiques actuelles 

A titre personnel et collectif, l’avenir de son emploi et le futur du monde du travail dépend d’abord de la culture d’entreprise de son entreprise et de sa capacité à assimiler les grands mouvements actuels qui sont faits de modes et de tendances de fonds. Prenez les exemples de l’image ci-dessous : 
 
 
Est-ce, qu’à la date où vous découvrez cet article, votre entreprise a mis en place l’un des pratiques ou tendances présentées ci-dessus ? Classeriez-vous ces pratiques managériales ou organisationnelles dans la colonne « Déjà fait », « Nous y pensons actuellement » ou « Vous n’y pensez pas ! » ?

Juste du bon sens, pensez vous que les dirigeants d’entreprises qui ne voient pas l’intérêt de rendre leur organisation plus flexible, d’interdire les réunions après 18h00 ou de réfléchir aux démarches d’innovation managériale auront le même futur du travail que des entreprises qui embrassent ce genre de pratique depuis longtemps ? 
 
VOTRE avenir du travail dépend de VOS pratiques managériales actuelles. Et nous pouvons aller encore plus loin avec le dessin ci-dessous emprunté à Emmet Brown (inventeur de la fin du 20e) :
 
 
En prenant la ligne horizontale du temps qui va vers le futur du travail tel qu’il est annoncé par les experts que j’ai cité plus haut, l’avenir du travail de VOTRE entreprise n’est pas une avenir préétablis qui correspondra à tout ce que vous pouvez lire sur le sujet.
 
La raison est que l’avenir de votre travail dépend d’abord de votre culture d’entreprise.Exemple. Les entreprises qui n’en sont encore qu’aux prémices de leur transformation digitale en 2018 n’auront pas du tout le même avenir que celles qui travaillent déjà sur le sujet depuis longtemps. Si elles survivent…  

L’avenir du travail, par où commencer ?

Je vous propose 3 étapes, simples à écrire mais plus compliquées à mettre en oeuvre, pour concevoir un avenir du travail qui sera en phase avec les valeurs du moment. 
 
 

1> Les valeurs d’entreprises ne sont plus gravées dans le marbre

Elles sont désormais inscrites sur un post-it collé sur la porte du frigo ! La société évolue rapidement et votre entreprise doit évoluer avec elle sous peine de ne plus être attractive pour vos candidats et de ne plus être capable de devancer les attentes de vos clients. Je ne dis pas que toutes ses valeurs doivent forcément être sociétales, le poids de l’histoire de l’entreprise a forcément un effet sur ses valeurs. Simplement ne devenez pas Uderzo et ses catastrophes industrielles qu’il enchaine en refusant de moderniser sa franchise. 
 

2> Identifiez les valeurs sociétales actuelles

Du moins, celles avec lesquelles vous êtes en contact. Conviez tous vos collaborateurs qui sont en relation avec l’extérieur à une réunions de réflexion sur le sujet : vos équipes commerciales, recruteurs, ambassadeurs écoles,… Bannissez toute réflexion qui commence par «Ahhh, les jeunes de maintenant» ou par «à l’époque». Ne jugez pas, observez !
 

3> Identifiez les valeurs actuelle de votre entreprise

Certes, à la mode en ce moment. Commencez par identifier les valeurs actuelles ET réelles de votre entreprise. Pas celles inscrites sur votre site web et qui datent peut-être un peu ! Demandez autour de vous : «si je te demande quelles sont les valeurs de la boite, qu’est ce qu’il te vient spontanément ? ». Vous aurez peut-être des surprises…  
 

4> Identifiez les écarts 

Reprenez les valeurs sociétales que vous avez identifiés en 2> et déduisez-en les similitudes ou écarts avec les vôtres.
J’aime citer l’exemple de cette grande entreprise du domaine pétrolier qui avait pour habitude de recruter des ingénieurs pour une carrière unique et qui s’est retrouvée confronté à des développeurs web d’avantage intéressés par le nom qu’ils allaient pouvoir ajouter à leur portfolio que par le fait d’avoir un CDI.

Mes slides sur le futur du travail à télécharger

Storytelling service blueprint pour startup

Je suis en train de mettre la dernière touche à une série de Podcasts racontant les débuts de Uber, de la rencontre entre Garrett Camp et Travis Kalanick à Hawaii en 2007, jusqu’au lancement de Uber à Paris fin 2011.

 

Quatre ans de coups de théâtre, de coups de couteau dans le dos et de peut-être aussi de coups de chance.

S’il y a bien une histoire qui encapsule toutes les autres… Une histoire tellement magique que les journalistes l’ont répété à outrance tandis que de nombreux jeunes entrepreneurs se sont dit que, eux aussi, pouvaient trouver facilement une idée qui les rendrait riches et célèbres c’est celle que l’on trouvait dans la section « About us » ur le site Uber.com. En tout cas, jusqu’à la prise en main de la société par Dara Khosrowshahi. Cette histoire était la suivante : Garrett et Travis étaient à Paris un soir d’hiver enneigé et ne parvenaient pas à trouver de taxi. C’est là qu’ils eurent l’idée : « Et si nous pouvions commander un taxi d’un seul clic ? ». Je ne vais pas vous expliquer ici pourquoi cette histoire est un conte de fée « mitonné » par Travis Kalanick. Il faudra écouter le Podcast (à venir) ou lire le script en 7 épisodes que je publie sur Medium avant d’en proposer une conférence.

 

Ce n’est pas un secret. Pour vendre, il faut faire appel aux émotions. Et pour susciter une émotion…il faut raconter une histoire. Et si il y a bien une catégorie d’entreprise qui l’a compris, ce sont les startups. Evidemment, comment construire de la crédibilité et de l’engagement quand on a 20 ans et/ou aucun historique qui parle pour nous ? Tout simplement en racontant comment l’équipe fondatrice s’est rencontrée ou comment celle-ci a identifié le problème que leur startup propose de résoudre. Juste assez pour rassurer un investisseur et convaincre un prospect.

 

Maintenant, raconter l’histoire de la fondation de votre business n’est pas « un pitch elevator » où vous avez 2 minutes pour expliquer l’objet de votre boite. Ce n’est pas le sujet. Voici quelles pistes et exemples en vidéos pour vous aider à concevoir le votre.

 

1. Montrez, ne pas seulement raconter

La base. Quand on partage une histoire, il faut permettre à l’audience d’avoir une vision claire du problème observé, des obstacles rencontrés et des protagonistes de l’histoire. Décrivez les événements tels qu’ils se sont déroulés. Un paragraphe de 3 lignes ne va pas être suffisant. Pensez image, pensez vidéo, pensez audio. Un exemple à suivre : La série de podcast « Startup » qui suit pas à pas la création de Gimlet media. Incontournable. C’est également ce que je tente de faire depuis quelques mois en publiant régulièrement des vidéos sur mes chaines youtube.

 

Ecoutez cette interview de Mathias Eleaume – CEO de Clearnox nous raconter les débuts de son entreprise.
 

 

2. Evitez le jargon

Ne soyez pas un cliché ambulant ! Paradigme, synergie, Plateforme, réseau, partage, communauté, digital… vous connaissez très bien ces mots… Bannissez-les et choisissez la simplicité. Ce qui est vrai peut être raconté simplement, même si la situation est complexe. Dans le monde actuel, le marketing n’est plus de vendre des produits mais de prouver à vos clients que vous vivez les même problèmes qu’eux et surtout… que vous disposez des mêmes valeurs qu’eux. Soyez simples, soyez humains. Du reste, il est complètement possible dans votre histoire de créer des néologismes s’ils répondent aux conditions que je viens de donner.
 
Lors de l’une de mes dernières aventures entrepreneuriale, à Technoraid, qui assurait la préparation et la maintenance de véhicule 4X4 pour notre écurie de compétition en Rallye-Raid ou pour des clients qui partaient en raid en Afrique, notre histoire se basaient sur plusieurs valeurs.  Pour cela nous avions inventer le terme de « Garagisme »  qui décrit les pratiques de ces mécaniciens qui cherchent à survendre tout en ne respectant pas les délais ni la qualité du travail effectué. L’une de nos valeurs était de combattre ce « Garagisme » pour offrir à nos clients le meilleur service, au meilleur prix dans les meilleurs délais.

 

Storytelling avec le service blueprint et service design

 

3. Soyez personnel dans votre storytelling

Peu importe que vous vendiez du stockage dans le cloud ou des boulons de 12, vos clients sont (encore) des êtres humains, donc votre histoire doit mettre en scène des êtres humains. Mettez en avant la personnalité des fondateurs pour expliquer pourquoi leur réaction a été de créer une entreprise et pourquoi sur ce sujet. Pour cela vous pouvez au choix faire parler vos premiers clients, ou vos salariés. Airbnb a interviewé ses clients pour comprendre pourquoi il utilisaient le service et ont été les premiers surpris d’apprendre que grâce à eux des propriétaires avaient pu garder leur maison lors de la crise des subprimes. Mon histoire sur ce sujet concerne la première activité que j’ai exercé quand  je suis arrivé en Australie. J’étais alors un émigré avec un accent qui ne trouvais pas de job dans le recrutement. C’est la raison pour laquelle j’ai lancé un job-board (je contactais les clients par email) avant de devenir conseil en recrutement international et éviter à d’autres chercheurs d’emploi de vivre la discrimination que j’avais vécu.

 

Un autre exemple, écoutez Antoine Laurent, dirigeant et fondateur de la plateforme Pharmedistore expliquer le lien entre la présence de son entreprise à Tours et sa vie de famille.
 

 

4. Valorisez les conflits rencontrés et les erreurs commises

Mettre en avant ses échecs permet désormais d’établir sa crédibilité.  L’audience en a assez d’écouter des gens au parcours exemplaire qui ne servent qu’à valoriser leur égo et qui ne donne aucune leçon concrète qui soit utilisable. Le storytelling doit expliciter ce qui n’a pas fonctionné… Les faux départs. Le fait de s’être trompé de cible. une mauvaise compréhension des enjeux…Une erreur est une opportunité de grandir, de se transformer. Ce qui n’est pas forcément le cas de vos réussites. Lire à ce sujet le Biais du survivant. Se tromper permet aussi de s’excuser. Quand j’ai commencé à recruter de jeunes diplômés pour InsideHR ou Bigfish en Australie, j’ai été le premier à trouver que j’avais à faire à des petits cons. Jusqu’à ce que je comprenne que c’était moi qui ne comprenais pas les changements d’attentes et de vision du monde de mes jeunes collaborateurs. Je pourrais aussi vous dire ce qui peut sembler un évidence à certain : ne pas investir 1 million d’euros dans l’industrie automobile en 2010 à moins de faire de l’électrique. J’ai appris ma leçon.
J’aurais pu aussi vous parler de Marissa Meyer qui a été l’une des premières PDG (Yahoo) à s’excuser publiquement  pour un problème de panne d’email. Par contre, je ne pourrais pas vous parler de Travis Kalanick qui s’est excusé auprès de Kamel, un chauffeur Uber, que quelques jours après l’altercation. C’est à dire, après s’être rendu compte qu’il n’allait pas s’en sortir sans explication.

 

Regardez cette interview de Frederic Kuntzmann qui raconte les différentes étapes qu’il a fallut passer pour réussir à développer son entreprise « My Serious Game ».
 

 

5. N’inventez pas

Vous pouvez être créatif, visionnaire et avoir de l’imagination pour votre business mais pas pour votre storytelling !
Les histoires romantiques à la Uber avec de la neige, une amitié d’enfance, un taxi qui fait comme Godot et des violons ne passent plus. Votre histoire doit être authentique. Rien que parce que si vous avez du succès vous allez commettre un faux pas ou gêner quelqu’un qui diffusera des rumeurs (fondées ou pas) contre vous. L’histoire que vous allez raconter doit affirmer l’intégrité de votre culture.
On ne doit jamais apprendre que votre histoire était du marketing. Votre storytelling est le squelette qui relie vos collaborateurs à leur avenir dans votre entreprise. C’est l’histoire des débuts d’Amazon quand les bureaux étaient des portes posées sur des tréteaux. C’est l’histoire de Google qui a commencé dans le garage dont la propriétaire (qui leur louait le garage à prix d’or), Susan Wojcicki, est devenue PDG de Youtube (appartenant à Google). C’est l’histoire des frères Collison qui ont développé leur startup (Stripe) dans des cafés de Buenos-Aires. Capturer des moments de l’histoire de votre entreprise, bons ou mauvais permet de faire résonner la carrière de vos salariés avec l’évolution de votre entreprise.

 

Pour finir…

Vos clients ont surement envie de savoir comment v. On souhaite se connecter, pas être menés en bateau. Votre storytelling doit être la trame immuable de votre aventure et de vos valeurs. Même si vos valeurs évoluent avec le temps et la société. Construire quelque chose de vrai commence par être vrai. Je sais qu’à 20 ans, avec aucune expérience de créateur derrière vous ni de réussite mesurable à montrer, il peut-être très tentant d’enjoliver les choses mais ne suivez pas ce chemin malgré les exemples que vous admirez peut-être.
 
Et n’oubliez pas qu’avec un bon storytelling vous allez créer des attentes. Alors construisez votre histoire au fur et à mesure de vos rencontres, de vos erreurs, de vos déceptions. Un jour après l’autre.

 

Pour aller plus loin, je vous invite à vous renseigner sur un outil que j’utilise avec les entreprises qui ne savent pas par ou commencer : le Service Blueprint qui est un outil du Service design à double face. En haut, ce qui est visible du client (appelé scène ou frontstage) et d’un autre ce qu’il ne voit pas (les coulisses ou backstage). Visionnez de nouveau les vidéos de cet article et reportez vous au document ci-dessous pour en identifier les parties. Cela vous permettra de commencer votre storytelling sur ce qui est le plus important : ce qui ne se voit pas.

 

 

Créatif ou Productif ?

1er jour de ma première « Retraite productive » de l’année dans une chambre d’hotel de Ouistreham. Oui, d’habitude je suis à Sidney, Oahu, Tokyo ou Cape Town. Cette anne je suis à Ouistreham. Tout est fermé, il fait froid, rien d’autre à faire que réfléchir. L’Idéal. 

Objectif : ne pas sortir de l’hotel pendant 3 jours et ME CONCENTRER !

Je suis ici pour me « remettre » en production sur l’écriture de ma nouvelle chaine Youtube sur l’innovation « No one is innovant » que j’espère inaugurer la semaine prochaine.

Ou la semaine d’après.

Ou celle d’après.

En tout cas avant de lancer une  chaine senior. Pensée à sa famille, Peter est décédé 2 jours après sa dernière vidéo.  

Disparitions

Cette « retraite » fait partie des 3 « disparitions » que je me réserve par an :

1> Les creative Breaks qui marquent la fin d’un cycle créatif. Souvent à l’étranger, séjour d’une semaine maximum avec 3 livres et pas d’ordinateur. Voir la vidéo à ce sujet

2> Les retraites productives qui marquent le lancement d’un nouveau projet ou une activité précise à terminer : Un livre, une série d’articles, des vidéos. Bref, se bloquer du temps loin du bureau et produire pour produire.

3> Les reboots, plus sportifs et qui se déroulent pendant une semaine  dans la saison opposée à celle où se trouve la France à ce moment là. Hiver en France > Australie pour l’été, été en France > Australie pour l’été. Ah, tiens, j’avais pas remarqué…

Ces 3 retraites particulières ne sont pas déclenchées par un calendrier mais par la conscientisation d’un épuisement créatif. Celui-ci se traduisant par de la fatigue, une déprime, une remise en cause, l’impossibilité de rester devant un ordinateur, et donc de produire quoi que ce soit. Vous êtes vidé et vous le sentez.

Il semble que Bill Gates fasse un mix des 1 et 2. J’ai trouvé l’info en cherchant Bill Gates + Cheese Sandwich sur Google. Ce qui m’a mené Ici et surtout . Il appelle ça les « Think Weeks » et pendant une semaine, il cherche des tendances et mange des… .

Alors bon, les escapades c’est bien sympa mais il est temps de repenser le temps dépensé entre chacune de ces disparitions volontaires .

Je vois 2 possibilités. S’il y en a 3 vos commentaires sont les bienvenus.

1 – Suivre une méthode

J’entends par là et dans le désordre :

  1. Ecouter les 150 heures (and counting) de Podcast de Tim Fucking Ferris qui déconstruit les pratiques des « meilleurs » pour comprendre les sources de leur productivité, créativité et toussa.
  2. Acheter les produits et ustensiles que les uns et les autres utilisent pour améliorer leur prod (Voir Kit.com).
  3. Adopter le style de vie d’un autre à base de méditation le matin après une séance de sport, 15 minutes dans une baignoire pleine de glace et de la protéine comme s’il en pleuvait.
  4. S’inspirer de témoignages « connus » de Henri Ford (99% de transpiration), Einstein ou – pour faire moins tarte à la crème – celui de Bruce Allen (professeur à l’institut Max Planck) qui aime se remémorer ce que lui a un jour dit Stephen Hawking pour expliquer pourquoi il ne quittait jamais son travail après 18h00 :

“Bruce, voici un conseil : Le problème avec la physique est que la plupart des temps on ne fait aucune avancée dans nos projets. C’est pourquoi il faut faire d’autres choses :écouter de la musique, rencontre des amis. Il y a une exception à cette règle : Si vous trouvez une solution à un problème donné, vous travaillez 24 heres sur 24 et oubliez tous le reste jusqu’à avoir résolu le problème entièrement.”

Question, est-ce que ça marche si vous ne vous appelez pas Bruce ?

2 – Inventer sa méthode

Monter sur l’épaule des géants comes disait l’autre (Pour info : nanos gigantum humeris insidentes) et adapter son propre modèle.

Je tâtonne mais je pressens qu’il y a un sens pour prendre le truc par le bon bout de la raison (oui, comme disait encore un autre)

  1. Identifier ses besoins physiologiques (sommeil) et périodes habituelles de concentration (Matin et soir, ça va être pratique).
  2. Planifier ce qui doit être fait en créant une to-do-list. C’est de l’anglais mais c’est d’abord une pratique aussi ancienne que l’antiquité. Sauf que dans l’antiquité ils ne notaient pas, ils utilisaient leur mémoire. eux.
  3. Retrouver les méthodes qui existent ou les réinventer pour apprendre, se concentrer, produire écrire, etc.
  4. Faire rentrer 3. dans 2. et 2. dans 1

En tout cas, ne jamais être occupé pour le plaisir d’être occupé ! Ce n’est pas de la productivité mais de la procrastination déguisée.

Et là je réalise que j’ai une video sur la procrastination dont je procrastine le tournage.

A suivre…

Créateur ou perroquet ?

Il est grand temps de quitter les réseaux sociaux…Sérieusement et rapidement !

Ce n’est pas une réflexion que je suis seul à avoir. C’est dans l’air depuis un moment et les groupes « Quittons Facebook » existent depuis au moins aussi longtemps que le réseau social lui-même.

Mais comme ceux qui se sont posé la question avant moi… vais-je être capable de passer le cap ? J’ai déjà effacé plusieurs fois l’application de mon smartphone – parfois pendant plusieurs semaines – mais à chaque fois, tel un alcoolique dans une cave bordelaise, j’y retourne.  Qu’ai-je manqué pendant mon absence ? A qu’elle soirée n’ai-je pas été invité ?

Je suis conscient que je ne peux pas être pris au sérieux tant que je ne clique pas là  sur e lien « Deactivate your account« . Vos note au passage qu’il ne s’git pas d’un bouton mais d’un simple lien…

On est bien dans sa bulle

Je suis pourtant conscient que Facebook nous enferme dans une bulle bien douillette dans laquelle nous restons entre-nous. Loin des barbares, étrangers ou supporters de Trump, Macron ou Valls (rayez la mention inutile). Une bulle dans laquelle nous ne recevons plus de nouvelles de la part de ceux qui ne pensent pas comme nous.

Et pour le coup, me concernant en tout cas, ce n’est pas Facebook qui a fait cette sélection : c’est bien moi qui sélectionné.

Bye bye les Vegans-facistes, les activistes-anti-fourrure, les hippie-du-solidaire, les chauvins-régionaux (souvent de Strasbourg, j’ignore pourquoi), les étrangers qui ne publient ni en français  ni en anglais et les égomaniaques qui croient encore au personnel-branding (je vous donne pas les noms, mais vous n’avez qu’à me demander).

Cette bulle que Facebook a construit autour de nous utilise plusieurs stratagèmes issus de la « gamification » pour nous mettre en état de dépendance :

  • Les pastilles nous indiquant qu’un message nous attend. C’est noël dans notre cerveau à coup de Dopamine à chaque notification?
  • L’absence de pouce vers bas (contrairement à Youtube) pour ne pas risquer de nous faire rendre conscience que ce que nous partageons emmerde les autres.
  • Le nombre de likes sur nos publications que l’on espère voir augmenter. En dessous de 10 likes dans une heure, j’efface ma publication !
  • Les images amusantes partagées par nos contacts les plus rigolos, featuring Thierry Croix et Franky Charras.

Urgent

Il y plusieurs raisons pour mettre un caractère d’urgence à cette décision qu’il faudra prendre une bonne fois pour toute  :

La perte de temps. Raison la plus évidente. Que serais-je en train d’accomplir si je n’étais pas en train de parcourir ma timeline pour la 10 ème fois depuis ce matin (il est 098h30). Un article qui fera date ? Terminer un chapitre de mon prochain bouquin ? Prendre des cours de grammaire et d’orthographe ? Ou regarder les épisode en retard de « The OA » ou de « Games of Thrones »?

Le ramollissement du bulbe. Je pense être devenu une épave mentale. Je mesure ça au temps passé entre la perception de l’ennui dans une file d’attente et la sortie de mon smartphone pour cliquer sur Facebook (ou Twitter lors des périodes où j’avais viré Facebook).

La perte de créativité. Parce que Facebook c’est d’abord un magasin. Et dans ce magasin il y a 2 camps : ceux qui créent du contenu (ciselé pour capter votre « engagement ») et ceux qui le consomme. Facebook est un magasin dans lequel les marques viennent avec leur placards publicitaires cous manipuler à acheter des produits. Des produits qui valent en moyenne 11€. Des produits que toute marque peut sélectionner très finement : « Donnez-moi 1000 gays, votant à droite, barbus et célibataires s’il vous plait, c’est pour vendre des rasoirs. Ah, et pendant que vous y êtes mettez-moi aussi 10 000 filles vivant en Franche-Comté qui ont liké Rihanna dans les 3 mois, c’est pour une campagne Kickstarter. Et ce sera pour emporter.

Et concernant ces produits, vous avez déjà compris de qui je parle !

Que fait la créativité là-dedans ? Simple, pendant que vous consommez le contenu des autres partagé, par vos amis-zombies, vous resterez des rouages uniquement utiles à maintenir le système.  

Une fois hors de Facebook que va-t’il se passer ?

A mon avis, pas grand chose en fait si je peux utiliser ma petite expérience. Vous allez réaliser que :

  1. Vos amis continueront de vous envoyer des SMS s’ils veulent que vous veniez à leur soirée. Si ce n’est pas le cas c’est que vous ne leur avez pas donné de nouvelles depuis longtemps ou que ce n’étaient que des amis Facebook.
  2. Vous devrez donner des explications à ceux qui penseront que vous les avez « unfriendé » ou « désamifié ». Et qui l’auront mal pris, riche occasion d’interactions passionnées.
  3. Votre téléphone va redevenir un téléphone. Et un téléphone c’est chiant quand vous n’avez à l’utiliser que pour téléphoner.
  4. Vous n’allez pas faire de report sur autre chose. Comme le téléphone, errer sur internet peut devenir très emmerdant au bout d’un moment.
  5. Les réseaux sociaux ne vous rendent pas plus compétent(e)s ou de meilleures personnes. Uniquement des prisonniers volontaires.
  6. Qu’il y a d’autres sources de divertissements, seul ou à plusieurs. 
  7. Que vous allez reprendre le contrôle de votre attention, intensité et productivité… les aptitudes les plus importantes dans l’économie d’aujourd’hui.
  8. Que votre marque personnelle se construit sur la production de contenu utile et pas en répétant ou curatant, curant,  bref en étant le curateur de la production d’autrui.
  9.  Que vous pourriez  redevenir un être humain comme l’écrit Andrew Sullivan…

 

2017. Créer de la valeur et arrêter de Retweeter, liker et partager le contenu des autres.  

Challenge 2017

2017 va débuter et il est d’usage de partager ses bonnes résolutions. Ces engagements personnels annoncent souvent la correction d’un défaut : arrêter de fumer, de boire, d’être négatif, d’être dépensier…

Il s’agit alors d’améliorer une lacune plutôt que de se lancer un vrai défi d’apprentissage, de dépassement personnel ou de vrai changement.

Selon l’étude de Richard Wiseman, chercheur en psychologie de l’université de Bristol, qui en 2007 a interrogé 3000 personnes sur leur 90% des bonnes résolutions sont abandonnées avant la fin du mois de Janvier.

Les résolutions devraient être une salle de sport qui se transforme en bar à partir de fin janvier.

Sauf si vous vous appelez Zuckerberg et faites savoir chaque année vous vous donnez un an pour relever un défi personnel :

  • 2009 : Porter une cravate tous les jours pour montrer qu’il est sérieux à propos de la croissance de FB
  • 2010 : Apprendre le mandarin pour maintenir une conversation avec sa future femme
  • 2011 : Manger ce qu’il tue pour devenir végétarien
  • 2012 : Coder tous les jours pour ne pas perdre le lien avec la techno
  • 2013 : Rencontrer une personne nouvelle chaque jour pour ne pas perdre le lien humain
  • 2014 : Faire une note manuscrite de remerciement chaque jour pour rendre Facebook plus humaine
  • 2015 : Lire 2 livres de management par mois pour améliorer son style de management
  • 2016 / construire son AI pour la maison ET courir 365 miles pour être à la page
  • UPDATE, son challenge pour 2017 est de visiter 12 endroits différents dans chaque état américain pour rencontrer (et écouter) des gens afin de comprendre leurs besoins et problèmes. Les « Zuckerberg challenges » ayant toujours un objectif précis le magazine WIRED se demande si Zuck n’aurait pas une idée derrière la tête…. Une idée encore plus effrayante que Trump à la Maison blanche…

Et là ça devient intéressant : Utiliser le début d’année pour se donner un défi à relever et le partager avec qui vous écoute pour ne pas faire marche arrière !

Pour 2016  le projet a été assez simple : Faire une vidéo par jour pour apprendre à parler devant une caméra, dérouiller mon anglais et apprendre les bases du montage vidéo.
Le résultat a été 80 vidéos filmées du 01 janvier au 18 mars sous le pseudo « Le Parisianer » sur Youtube et dont le teaser est ici :

Pour 2017, je reste dans la lignée : 1 article par jour pour partager ce que j’ai appris ou expérimenté dans la journée et qui m’a aidé à améliorer mes capacités de concentration et de productivité.

Je travaillerai l’orthographe et la grammaire en 2018…ou 19, pour l’instant, il est temps de marcher