L’art de désapprendre

Oct 16, 2010 | Curiosité | 0 commentaires

Désapprendre. « Ayez méfiance à l’égard de tout ce que vous avez appris jusqu’à ce jour. Partez du point de vue qu’il faut tout désapprendre, sauf ce que vous avez été capable de vous réapproprier. »
Rodolphe Huisman « Agricola », Philosophe, 1442-1485.

Désapprendre est la base de la philosophie de la transformation.

Cette transformation ne demande pas seulement de questionner les informations que nous recevons et leurs sources, notamment à l’ère des « Fake-news ». Ce n’est pas parce que vous avez l’esprit critique, que pour autant, vous êtes capable de désapprendre.

Le désapprentissage demande d’aller plus loin en se « déconditionnant », en retirant les barrières qui obscurcissent notre jugement et de :

  • Prendre du recul vis-à-vis des connaissances que vous possédez.
  • Identifier depuis quand vous en disposez pour en juger la pertinence.
  • Faire le tri entre ce que vous savez parce que vous avez appris d’autrui et de ce qui vient de vous.
  • Choisir ce qui mérite d’être retenu de ce qui devrait être oublié pour cause d’obsolescence.
  • Prendre conscience de vos « Croyances » surtout celle qui sont limitantes.

Un savoir « prêt à porter » ou « sur-mesure » pour désapprendre ?

L’info « Prêt-à-porter«  est la même pour tous. Elle est propagée par les médias ou le bouche à oreille « j’ai entendu que…, j’ai lu quelque part que… ». Ce type d’info est à la connaissance ce que l’écran Plasma est à la grande consommation avant une coupe du monde de foot : produite en masse et marketée pour toucher le maximum de personnes : marchez 10 000 pas par jour. Utilisez le management pour améliorer la performance. Il y a un cerveau gauche créatif et un cerveau droit rationnel. Napoléon était petit. Einstein était mauvais élève.

Des informations communément admises qui sont fausses. Gouvernement, amis, journaux, bloggeurs… Des infos trop faciles à répéter, même sans les lire. Il suffit de la retweeter.

Mais au-delà de faire le tri entre ce qu’il faut retenir de ce qu’il faut ignorer, il s’agit aussi de se poser la question de son identité face à celle de ces « maîtres » transmetteurs de savoirs – qu’ils soient profs, journalistes, auteurs de blogs ou de bouquins – et de valider l’alignement de ces sources avec vos valeurs, tout en en identifiant l’effet que ce savoir peut avoir sur vous-même. Etes-vous un vecteur de transmission de ces idées, ou apportez-vous votre pierre pour adapter, faire évoluer ou challenger ces idées avec les moyens dont vous disposez ? Votre cerveau sera suffisant.

Vous êtes ce que vous savez…et répétez

Ces idées doivent être personnalisées en fonction de votre identité et du but que vous souhaitez atteindre. Cela vous aidera à trouver votre différence et vous évitera de copier – ou bêtement répéter – pour concevoir votre fameuse « marque personnelle » qui ne s’arrête pas à la création d’un compte Twitter ou à la publication de votre CV sur Viadeo !

Prenez le contrepied de ces idées prêtes à être répétées, incorporez-y vos rêves, votre personnalité, un peu de bizarrerie et d’humour. Trouvez votre « vache pourpre », votre « alternative nomade » ou votre « Intelligence collective ». Bref, des idées “haute couture”, dont les auteurs sont clairement identifiés.

Vous ne pouvez pas porter les mêmes pensées et croyances toute votre vie. Vous ne souhaitez pas ressembler à tout le monde, que ce soit votre voisin ou votre beau-frère. Ne suivez plus les idées prémâchées prêts à l’emploi, personnalisez-les et soyez prêts à les abandonner dès que vous voyez que d’autres les ont reprises à leur compte.

De toute façon l’info est consommable et les idées périssables !

En d’autres mots : utilisez votre expérience et votre sens critique pour identifier le « bullshit » et votre imagination pour inventer…la suite.

Apprendre a desapprendre

Ces articles pourraient aussi vous intéresser 

0 commentaires

Trackbacks/Pingbacks

  1. Doit-on oublier ce que l'on sait ? - Benjamin Chaminade - […] mouvement littéraire que nous appelons en anglais « Unlearning » ou « Littérature du Shift » – à défaut de mieux – semble avoir…

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.