Si il y a bien quelque chose que je n’aime pas dans le monde du management, ce sont les acronymes simplistes pour managers (parfois) fainéants.
Prenez au hasard les 3C, les 4P, les 5W, les 6D de la disruption…et encore, je ne vous parle pas des SMART, SCAMPER, SWOT, GTAC ou WIIFM..
Pourtant, il y a un acronyme qui contient des sujets si complexes que je n’en ai toujours pas touché le fond : VUCA
VUCA pour Volatilité, Incertitude (Uncertainty), Complexité et Ambiguité.
Ce que j’apprécie dans cet acronyme est  qu’il s’agit d’une grille de lecture et non pas d’une liste d’une solutions à suivre !
Cet acronyme beaucoup plus populaire dans le monde anglophone qu’en France m’aide à illustrer mes réussites…et échecs.

Australie : VUCA m’a porté

Commençons avec l’Australie où je dirigeais une entreprise de recrutement et de conseil en engagement salarié et en expérience candidat.
J’ai surfé – jeu de mot – sur ce concept sans le savoir…
Volatilité : Sur la période qui me concerne, le gouvernement australien a investi dans ses infrastructures ferroviaires et routières en même temps que la 3G se déployait dans le pays, créant ainsi une accélération du nombre d’offres d’emplois jamais vue.
Incertitude : En tant qu’employeur, je me suis retrouvé dans une situation étrange : J’étais plus inquiet de trouver les bras dont nous avions besoin pour répondre à nos clients que de trouver des clients.
Complexité : Tout le monde utilisait les mêmes sites de recrutement en postant les mêmes annonces. Comment se distinguer ?  Ma réponse à été de m’inspirer d’un secteur qui avait 5 ans d’avance sur ce sujet  : les sites de rencontre. Pourquoi ne pas recruter comme une rencontre et se pencher d’avantage sur les valeurs partagées que sur les compétences ? C’est sans doute banal aujourd’hui mais révolutionnaire en 2005.
Ambiguité : Premier paradoxe : Chercher à résoudre le problème de recrutement de mes clients alors que je vivais le même problème. Autre ambiguïté : Avoir un taux de chômage élevé tout en ayant de nombreuses pénuries de candidats. Enfin, dernier paradoxe parmi plein d’autres :  l’incompréhension du « déjà fait avant » : d’un coté des candidats qui veulent changer d’emploi et de carrière, de l’autre des entreprises qui cherchent des candidats qui on déjà fait la même chose, pas des gens qui veulent faire autre chose !

France : VUCA m’a tué

De retour en France, j’ai retrouvé VUCA dans l’activité de compétition automobile dans laquelle je me suis impliqué…mais cette fois-ci à ma défaveur…
Volatilité : Je n’ai pas vu venir la dégradation rapide de l’image du 4X4 auprès du grand-public, ni du désintérêt pour le Dakar par les concurrents.
Incertitude : 60% de nos clients étaient proches de la retraite. Allaient ils continuer les courses ? Et avec l’arrivée de la crise de 2008, les marques allaient-elles encore sponsoriser des écuries ? Avec le recul c’est facile : NON.
Complexité : Que faire quand la situation économique se degrade et en même temps que nos clients s’en vont ou perdent leur intérêt pour les courses automobile ? #disruption
Ambiguité  : Un 4X4 par sa durée de vie pollue moins qu’une voiture que l’on remplace tous les 100 000 km. Oui, même une voiture électrique qui ne fait que déplacer la pollution. Allez expliquer ça à un parisien…
Nous avons essayé de répondre à cette situation en créant notre propre véhicule. Malheureusement, c’était sans doute trop tard et notre proto a été détruit au bout de 2 jours de course par un pilote imprudent. #dépôtdebilanàtrèscourteéchéance…
Si VUCA  est utilisé depuis les années 50, il n’a été popularisé qu’à partir de 1998 dans la 3e édition d’un livre intitulé « Strategic Leadership Primer » écrit par le Colonel Stephen J. Gerras, un professeur en économie comportementale à l’école de guerre américaine, pour aider les cadets à comprendre les changements sur le champ de bataille
VUCA – l’ordre est important vous allez voir pourquoi – est aujourd’hui utilisé pour introduire les transformations technologiques, économiques et sociales et essayer de donner un sens au monde actuel depuis ce que Time Magazine a appelé « la décade de l’enfer » que je préfère appeler « le nouveau normal » dans lequel un trentenaire est à l’Elysée, on change de sexe à partir de 6 ans, les papes démissionnent et les grands mères se déplacent en trottinette.
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