Etre « indépendant », freelance en français, que l’on soit designer, développeur, formateur, expert, traiteur à domicile ou consultant en apiculture, c’est d’abord changer de voie et sortir du cadre habituel de la sécurité du salariat* qui est toujours présenté comme inéluctable à l’école.

*Ok, je te l’accorde, cette sécurité devient de plus en plus relative.

De salarié à indépendant

Mais passer du salariat à l’indépendance c’est aussi et surtout changer d’état d’esprit. Terminé la description de poste claire et précise ! Terminé le boulot flou et sans réel impact sur les clients de sa boîte ! Terminé la certitude du chèque en fin de mois et la garantie des 18 mois d’Assedic en cas de licenciement !

Bienvenue dans un monde où il faut se renouveler sans cesse pour trouver de nouveaux clients, pour garder le plus longtemps possible ceux qui t’ont fait confiance, et surtout, pour toujours devancer tes concurrents qui à coup de tweets et de posts sur leur blog s’approprient tes idées en deux clics. Oui, même si tu es consultant en apiculture.

Devenir « libre » c’est aussi prendre des risques. Fini les prêts bancaires avant ta troisième année d’activité, exit les propriétaires prêts à te louer leur appart après lecture de ta feuille de paie (souviens-toi, tu n’auras plus de feuille de paie, à moins de passer par une société de portage qui te prendra 10% de ton CA au passage), aux oubliettes la mutuelle offerte par l’entreprise.

Désormais ce sera juste toi, tes clients et les impôts.

Pour sortir du « système », il faut commencer à se déconditionner :

  • Ce n’est pas en travaillant plus que tu gagneras plus, c’est en travaillant mieux et en passant la plupart de ton temps à rencontrer des gens ;
  • Ce n’est pas en étant un as du téléphone que tu trouveras tes clients. Il va falloir apprendre à gérer ton identité numérique : devenir un expert auquel on achète un savoir plutôt qu’un commercial proposant ses services ;
  • Devenir son boss c’est aussi devoir se distinguer. Et avec 300 000 indépendants tous secteurs confondus, tu vas devoir être vraiment différent. Et vite ! Donc, à défaut d’être remarquable il te faut commencer par être remarqué ;
  • Oublies la maxime « tout travail mérite salaire » car tu ne seras rémunéré que pour un quart de ton temps de travail. Profites–en aussi pour oublier que « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Sans horaires et sans patron, tu vas vite apprendre qu’il appartient surtout à ceux qui se lèvent… tout court !
  • Tu n’es plus un clone corporate conditionné pour bosser de 9 heures à 19 heures, donc cesse de te sentir mal à l’aise lorsque tu es chez toi à 3 heures de l’après-midi sans rien avoir à faire d’autre que faire des Sudoku ou aller au cinéma ;
  • Et enfin, n’oublie pas que le nom de ton entreprise n’est plus là pour te porter. Tu vas vite découvrir que beaucoup des promesses qui t’ont été faites lorsque tu étais encore en poste vont disparaître aussi vite que les plans d’action à la sortie d’un focus groupe ou qu’un marsupilami dans un champ de tournesols.

Te déconditionner de tes réflexes de salarié est nécessaire. Tu ne fais plus partie du collectif rassurant d’une entreprise nourricière ! Tu appartiens maintenant à la caste « supérieure », celle des indépendants, et plus particulièrement à celle des consultants, ces professionnels mal-aimés des clients… et des autres consultants.

La mémoire courte

Cette caste est tellement supérieure que tu vas oublier ce que tu pensais des consultants lorsque tu étais salarié :

  • Consultant : une alternative au travail ;
  • Le consultant emprunte la montre de son client pour lui vendre l’heure ;
  • Combien de consultants faut-il pour changer une ampoule ? On ne sait pas, on attend encore les résultats de l’audit et les préconisations ;
  • Le consultant connaît 49 façons de faire l’amour mais aucune femme ;
  • Quelle est la différence entre un client et 10 consultants ? Le client, lui, te rapporte toujours de l’argent.

Aujourd’hui, le flux d’informations dans tous les domaines est tel que tout le monde peut se proclamer consultant ou gourou simplement en écrivant quelques articles vides de sens dans un blog illisible. Nous sommes entrés dans l’ère que beaucoup appelle 2.0 et qui signifie qu’à première vue l’avantage n’appartient plus à celui qui a le plus d’expérience mais à celui qui crie le plus fort. C’est la fin des réputations gravées dans le marbre car Google remet les compteurs à zéro à chaque instant. Il devient de plus en plus difficile de distinguer le créateur du copieur, le professionnel du débutant.

Mais rassures-toi, tu n’auras pas besoin de devenir copain avec ton beau-frère. Mais si, tu sais bien, celui qui a un job tous les jours de 8h à 17h dans une succursale bancaire. Ce job routinier et stable qui le fait passer pour le gendre parfait auprès de tes propres parents. Alors que toi regarde toi dans une glace. Consutant ? Indépendant ? Freelance ? Tu devrais essayer d’avoir un job dont l’intitulé n’est pas en anglais pour commencer !

De toute façon, personne dans ta famille ne comprendra ton métier. Banquier, plombier, secrétaire ou commercial on sait ce que c’est comme métier mais consultant…rien que le nom n’inspire pas confiance car on ne le comprend pas.

Sommaire

Intro :  Une histoire expresse du consulting

1. Devenir consultant ? La liberté de l’auto-esclavage

2. Avant de trouver ton premier client, vérifie que tu n’aies rien de coincé entre les dents

3. Quel type de consultant souhaites-tu devenir ?  Il y a de l’avenir pour les opportunistes

4. Développe ton expertise  :  d’incompétent notoire à expert instantané

5. Le client, la propale, le commercial. C’est aussi ça le Consulting !

6. Conseils pour réussir ta première mission

Conclusion : Deviens un « anti consultant »

Le bouquin dans son titre provisoire…sortie le 28 avril

Pin It on Pinterest

Share This