Votre entreprise empêche-t-elle l’innovation ?

En temps de crise, l’intérêt pour l’innovation et la créativité semblent décuplés. Pourtant, ne nous trompons-nous pas de sujet ?

Plutôt que chercher à développer, ne devrions-nous pas plutôt commencer par arrêter de l’a brider – même involontairement – plutôt que de chercher à la développer ?

« J’ai eu l’idée d’un nouveau Business Model. J’ai même fait une estimation de ce que nous pourrions gagner la première année si nous le mettions en place. Je crois que je vais garder l’idée et pourquoi pas…monter mon affaire… » L.P. – Paris. « J’ai eu l’idée que nous pourrions utiliser l’un de nos produits sur un autre marché. Je ne vais pas en parler à mon chef. Je préfère que cette idée se perde plutôt qu’il l’utilise ! » P.-S. – Amiens

La suite sur le cercle les échos

Conférence-Atelier Agrica en Visual thinking

Cette conférence-atelier a été divisée en 4 partie :

  1. Les profils créatifs -> Quel profil êtes-vous et comment pouvez vous participer à un Brainstorming ?
  2. L’innovation continue -> Comment collaborer avec ses clients pour préparer son avenir ? Quelles sont les valeurs de notre entreprise et comment faire pour les faire évoluer ?
  3. L’innovation Adjacente -> Quelles sont les grandes tendances technologiques, sociétales, etc qui touchent notre secteur économique ?
  4. L’innovation Disruptive -> Comment simplifier ou transformer notre offre ?

Les 4 époques de l’innovation

Une chose impensable est en train de se passer!

Les grandes entreprises que l’on réduit souvent à la lourdeur de leur bureaucratie, à leur difficulté à prendre des risques et à leur incapacité de comprendre les modèles économiques liés à internet sont en train de (re)devenir une terre fertile d’innovation….

Oui, ces mêmes entreprises que l’on opposait aux startup si innovantes, agiles et créatives.

Avec les outils « Startup » comme le Design Thinking et son Empathy Map, le Lean Startup et son « MVP », le « Business Model Canvas » qui est devenu un standard et l’ouverture d’incubateurs d’entreprise à tire-larigot (il y en a bientôt plus que de salons de tatouage, c’est dire) et l’ouverture à l’open-Innovation et à l’approche tendance, les grandes entreprises sont plus que jamais les locomotives de l’innovation française.

Avant de rentrer dans le détail, je peux déjà avancer plusieurs raisons :

> La fin des blocs monolitiques : Demandez à Mr « G. » Directeur de la recherche appliquée dans ce grand groupe cosmétique qui a organisé une journée avec sa structure pour réfléchir à comment développer l’esprit startup pour contaminer l’ensemble de son groupe international.
> La fin des grandes entreprises isolées : Demandez à Mme « A. » de cette grand banque française qui organise chaque année un Barcamp sur l’innovation et dont le thème cette année a été « L’écosystème innovant de notre banque ».
> La fin de la croyance que innovation = R&D : Demandez à tous ces dirigeants de toutes ces entreprises (je ne les cite pas, regardez dans la page « client » de ce site) qui ont lancé des réflexions, voire des démarches sur le sujet de ‘l’innovation managériale ».


Je vous propose ici de retracer l’épopée de l’innovation en améliorant la mise en page de la première publication de cet article dans les échos.

 

1400-1910 – Les grands inventeurs

De Gutenberg à Zuckerberg, de Edison à Dyson, les inventeurs sont des individus avec une vision.

Auteurs d’une découverte imprévue ou résultante d’un acharnement forcené. Peu importe qu’ils aient fait un « mash-up » d’autres inventions (Vinci) ou que leurs compétences aient été plus commerciales que technologiques (Jobs), leurs noms sont indissociables de leurs inventions.

Des inventeurs de plus en plus rares mais pas complètement éteint (cf.Elon musk).Jobs et Dyson sont nés après 1910 mais ils appartiennent à cette famille d’inventeurs que l’on peut nommer par leur nom.

Mais voilà, le coût de la Recherche et Développement, la complexification des technologies, les temps de développement des technologies et le coût des brevets rendent l’innovation de plus en plus hors de portée des individus.

1910-1960 La Recherche et Développement

Les héros de cette époque sont des hommes en blouse « qui cherchent ». Ce furent les débuts des laboratoires Bell, de Kodak ou de Rank Xerox et de son Palo Alto Research Center ou «PARC» connu pour le plus célèbre Hold-up de l’histoire réalisé par un certain Steve…

Pendant que les entreprises passaient petit à petit d’exploitantes d’inventions créées par leur fondateur à créatrices d’invention et détentrices de brevets…surtout détentrices de brevets en fait – voir les cas Kodak/Polaroid et Apple/Samsung – leur bureaucratie s’alourdit progressivement et ces entreprises perdent leur agilité et leur capacité à prendre des risques.

Dehors «artistes, créatifs, innovateurs et iconoclastes» ! Dehors «the crazy ones. The misfits. The rebels. The troublemakers. The round pegs in the square holes»  !

Ici nous sommes une entrperise serieuse qui sert nos clients avec qualité et excellence ! Vous n’avez plus votre place dans une entreprise de plus en plus rationelle et structurée à coup de MAQ et d’optimisation des processus !

Ca tombe bien, de toute façon, découragés par la lourdeur hiérarchique galopante, le contrôle à tous les étages, le manque de confiance et la récupération de leurs idées par leur manager, regardez-les quitter le bateau pour construire leur propre barque dans les nouvelles technologies…

Pour Edmund Phelps, prix nobel 2006 et auteur de «Mass Flourishing: How Grassroots Innovation Created Jobs, Challenge and change» C’est ici que s’arrête l’innovation en raison – entre autre – de la montée du corporatisme, du rejet de l’argent, du manque d’incitations financières et de la fin du désir d’innover ! Selon lui, la dictature du court terme aura eu la peau de l’innovation, remplacée dans les économies occidentales par la recherche de l’amélioration de court terme de moins en moins rémunératrice et de moins en moins créatrice d’emploi…

1960-2005 L’âge d’or du capital risque

Deux mouvements inverses vont se développer dans le courant des années 60 :
> D’un coté, l’augmentation des besoins de financement pour concevoir, tester et commercialiser les produits ou services innovants.
> De l’autre, des banques qui deviennent…comment dire…frileuses ? Il deviendra de plus en plus difficile de financer sa boîte naissante grâce à un prêt d’amorçage auprès de l’une d’entre-elle.

Non seulement les banques prêtent de plus en plus difficilement mais avec l’âge des créateurs rajeunit, leur capacité d’emprunt rétrécit. Un chiffre parmi d’autres : l’âge moyen de la première levée de fonds pour les diplômés du MIT est passé de 41 ans dans les années 60 à 27 ans dans les années 90.

Une nouvelle source de financement devait être trouvée. C’est ainsi qu’arrive sur scène les premiers « Capital-risqueurs » ou Venture Capitalists. La première entreprise américaine cotée de capital risque s’appelait « American Research and Development Corporation » investit 70 000$ dans DEC en 1957 et récupéra 355 millions de dollars lorsque l’entreprise deviendra cotée.

Les choses se compliquèrent quand ces fonds d’investissement commencèrent à priser la rentabilité à court terme à leur tour et à prêter de moins en moins… 

Et arriva le Crowdfunding…

Depuis 2005 : Retour de l’innovation dans l’entreprise

En parallèle du Crowdfunding, l’explosion des technologies et la mondialisation ont accéléré le pas du changement. Avec un taux de survie à 50% après 5 ans, la durée de vie des entreprises a été divisée par deux en 50 ans.

Alors que les trois ères précédentes étaient basées sur la capacité d’inventer de nouveaux produits, services ou procédés basés sur une avancée technologique – C’est d’ailleurs la base des travaux Christensen et son approche sur la disruption – La quatrième ère de l’innovation se concentre sur les nouvelles formes d’entreprises et de business models. Dès 2005, on prédisait qu’en 2010 l’innovation des business models serait plus importante que l’innovation de produits ou de services !

Pour cela les entreprises utilisent de plus en plus leur créativité interne, appellent de plus en plus d’experts indépendants, utilisent massivement l’open-innovation en impliquant de plus en plus de startups, simplifient leurs process, repensent leur organisation et aplatissent leur hiérarchie, décentralisent la prise de décision et – chose incroyable –  apprennent de leurs erreurs !

En parallèle, les startups sont en train de découvrir qu’elles peuvent se faire copier aussi rapidement qu’une entreprise (Lamzac hangout / Laybag / Kaisr Original).

Conférence : le contexte avant tout !

 

Avant de vous lancer à corps perdu dans la création de vos slides – parce que vous n’imaginez pas d’autre façon de faire une intervention* – sachez qu’il y a plusieurs façons de présenter et que cela dépend du contexte de votre audience.

* ce qui démontre sans doute une certain manque de confiance en vous…

1 – Apprendre

Vous avez face à vous une audience qui cherche à apprendre ce que vous savez-faire, qui souhaite pouvoir utiliser la méthode que vous avez développé, la pratique que vous avez à partager, la démarche que vous … bref vous avez compris.

Mon habitude pour être sur de ne pas tomber à coté du sujet est simple : Faire travailler l’audience avant et pendant l’intervention !

Pour cela je leur demande de collecter les questions qu’ils peuvent avoir. Ce qui permet d’identifier le niveau de maturité de l’audience et d’adapter son speech de départ (qui donne un peu de contexte au début) et savoir comment me présenter (toujours adapter votre présentation à l’auditoire, n’oubliez jamais : légitimité = crédibilité)

Ensuite c’est simple, cela s’appelle un Q&A ! Je sais que c’est l’exercice le plus difficile de la profession mais c’est aussi le plus motivant : vous répondez à de vraies interrogations et ne faites pas défiler des slides jusqu’à épuisement de votre auditoire.

Par contre, le niveau de difficulté est ✭✭✭✭✭ car vous êtes sans aucun filet et il faudra parfois apprendre à dire « Je ne sais pas ».

2 – Subsidiaire 

Vous vous voyez en haut de l’affiche. Vous avez reçu la newsletter annonçant votre venue avec votre bio et votre bobine, votre biobine ? Vous pensez maintenant que vous allez être la star de la soirée.

Désolé pour vos chevilles mais dans ce contexte, vous n’êtes pas la star, vous êtes le moyen, voir l’outil.

L’objectif des organisateurs ici est d’avoir un maximum de monde à leur événement pour networker ensuite, présenter leur offre avant et montrer pendant qu’ils sont au top de ce qu’il se passe…puisqu’ils vous ont invité.

Certes, vous êtes sans doute connus, et dans ce cas « Good on you » comme nous disons en Australie. Vous avez donc été invité pour votre capacité à remplir la salle, votre expertise…à voir.

Maintenant, il y a de fortes chances que vous soyez le conférencier « à la mode » ou que plus simplement vous traitez d’un sujet dont on parle en ce moment. Alors ne vous emballez pas, c’est juste que votre heure est venue.

Le niveau de difficulté est de seulement ✭✭✭✭✭ car même si vous êtes nul cela donnera toujours un sujet de discussion pour le networking autour d’un verre qui aura lieu après votre intervention : « J’ai été déçu de cette intervention, qu’en pensez-vous Monsieur le préfet ?* ».

* « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

3 – Inspiration

Cette fois-ci, vous ne serez pas invité pour votre technique mais pour votre capacité à raconter votre parcours, la façon dont vous avez dépassé les obstacles et surtout votre capacité à rendre l’audience concernée par votre histoire qui devra, en sortant de votre intervention, mener une action donnée : Défoncer la concurrence ou oser prendre un risque quelconque.

Ici, le plus important n’est pas de faire de beaux slides ! C’est de savoir utiliser les règles du storytelling comme notamment la progression dramatique pour transférer une certaine charge émotionnelle sur votre audience. Pour cela, vous devrez présenter votre appel à l’aventure et garder l’audience captivée jusqu’à la résolution finale.

Le niveau de difficulté est ✭✭✭✭✭ pour des raison de technicité et de préparation. Trouver les justes anecdotes et le lien qui relie votre expérience avec le vécu de l’audience peut-être très difficile.

4 – Apprendre

Ce contexte est simple : Un nouveau mot à la mode se propage (Blockchain), une nouvelle tendance se dégage (expérience virtuelle) et vous avez été identifié comme expert du sujet parce que :

  • vous êtes vraiment un expert sur le sujet (vous n’êtes pas à l’abri)
  • ou plus simplement parce que vous avez écrit un article sur ce sujet.

Ici, le niveau de difficulté est ✭✭✭✭ parce que vous êtes face à une audience qui ne connait pas le sujet. Vous pourriez raconter n’importe quoi et vous en sortir sans problème.

Je ne donne pas de nom mais j’ai déjà vu des conférenciers présenter un contenu intégralement pompé d’un article traduit d’un site américain en allant jusqu’à récupérer les photos de l’article.

Ce sont des conférenciers «Slideshare».

Si vous ne savez pas ce qu’est Slideshare et que vous invitez des intervenants, je vous propose d’aller voir. Vite !

Dans ce type de contexte je vous invite à rapidement apprendre à dessiner, ou à «dessinouiller» plutôt pour présenter votre sujet à votre public.

Alors bien sur ces contextes peuvent s’additionner, surtout le n°2 qui est compatible avec tous les autres….

La culture de l’innovation pour les nuls : le cas Tesla

Pour la petite histoire, Tesla est une société californienne fondée en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning. Ils seront très rapidement rejoints par Ian Wright (pour quelques mois), JB Straubel, et (viré par)  Elon Musk qui y investira 6,5 millions de dollars…pour commencer la première année.

Voilà pour l’historique. Mais quand est-il de l’intérieur ? Quelles sont les valeurs sur laquelle repose la culture de tesla ? Que peut-on en dire (en gardant un peu de recul sur cette entreprise qui déchaine tant les passions ?

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